Every fool has his reasons
Il s’agit donc d’un western, mais traité comme un film noir, tourné en noir et blanc, dans un paysage blanc de neige. Si l’on croit que la violence sèche et l’absence de lyrisme dans les films de cowboys est arrivée avec Peckinpah ou Leone, on se trompe, André de Toth avait déjà cessé faire de ce type de films des épopées héroïques exaltant la conquête de l’Ouest par de gentils colons.
Dans un minuscule village isolé en montagne, un éleveur (Robert Ryan), (…)
Accueil > Mots-clés > Sections > Cinéma
Cinéma
Articles
-
« La Chevauchée des Bannis » de André de Toth (1959)
11 décembre 2012, par Sébastien Bourdon -
Mister Memory
19 octobre 2010, par Sébastien BourdonL’autre soir, j’ai emmené un fils et deux neveux au cinéma voir un vieil Hitchcock, période anglaise, « Les 39 marches » (1935). Je les regardais marcher devant moi, côte à côte, devisant. Je me suis alors souvenu des séances à l’Action Christine où j’emmenais un petit frère et un petit cousin voir des films de Leo Mc Carey. J’ai réalisé que cela faisait un moment que j’étais un « adulte », sans forcément m’en être toujours rendu compte.
J’étais un peu inquiet de ce que ces jeunes garçons (…) -
« Tamara Drewe » de Stephen Frears
20 août 2010, par Sébastien BourdonGrow up Little Drummer Boy
Dans la campagne anglaise, des écrivains se réfugient dans un délicieux cottage pour y trouver la sérénité nécessaire à l’exercice de leur art (de la biographie de Thomas Hardy à l’écriture de romans policiers lesbiens).
Tout ce petit monde en veste de tweed, ainsi que les occupants de ce trou du cul monde anglais, vont voir leur tranquillité bouleversée par le retour au pays de Tamara Drewe. Devenue une célèbre chroniqueuse londonienne, le nez refait, cette (…) -
Des Femmes et des Dieux
22 mai 2013, par Sébastien BourdonOn pourrait vous parler du film, de son scenario, de ses conditions de tournage, de ses acteurs, mais avant tout, il faut évoquer la matière dont il est fait, le Technicolor, ici en majesté. Quoi de plus beau sur grand écran, dans une copie restaurée, qu’un film tourné selon ce procédé. L’on voudrait toucher l’écran tant la matière est vivante et belle, presque tangible. La pellicule utilisée ici est faite de trois couches superposées, particulièrement délicate à voir comme à manipuler et le (…)
-
« Les Adieux à la Reine » de Benoît Jacquot
13 juillet 2012, par Sébastien BourdonCet Honneur et ce Malheur
Filmer la fin d’un monde est toujours chose intéressante, mais comme souvent, Benoît Jacquot s’attarde surtout sur les jeunes filles faisant face à la cruauté du réel (« La Désenchantée », « La Fille Seule », « A Tout de Suite »…).
Le film s’ouvre sur le réveil de l’héroïne, Sidonie Laborde, interprétée par Léa Seydoux. La caméra s’attache à elle et ne la quittera presque pas. On suit ainsi la lectrice de la Reine comme l’on avait pu s’attacher à la « Rosetta » (…) -
Agnus Dei
8 juillet 2011, par Sébastien BourdonEn m’asseyant dans la salle, seul, attendant ma dulcinée, je me suis dit que je bavarderai bien avec mes voisins, pour passer le temps. Et puis tout à coup, j’ai réalisé que la vie n’est pas un concert de metal et que les humains, quand ils ne se connaissent pas, ne se parlent pas.
J’avais beaucoup hésité à aller voir ce film, me disant que cela pouvait être aussi bien un chef d’œuvre qu’un pensum écolo-new age. Pire encore, il pouvait s’agir d’une célébration à peine déguisée de la foi (…) -
Harvester of Sorrow
18 janvier 2011, par Sébastien BourdonEn arrivant au cinéma l’autre soir, était affiché en grand dans l’entrée le thème de réflexion d’une artiste en résidence à l’espace 1789 (Olivia Rosenthal) : « quel film a changé votre vie ? »
Sacrée question, il m’est venu deux films spontanément : « La Loi du Silence » de Hitchcock et « La Chambre Verte » de Truffaut. Ce n’est pas l’objet de la chronique, alors je ne vais pas m’appesantir, mais je suis simplement rendu compte en les visionnant à l’époque (en cassette VHS) que le cinéma (…) -
Sapristi
15 novembre 2011, par Sébastien BourdonAutant le préciser tout de suite, dès le début, je suis tintinophile depuis tout petit. Pas acharné, mais je suis quand même du genre à me pâmer devant une édition originale de « Tintin au Tibet » et j’ai de nombreux ouvrages de et sur Hergé dont j’espère qu’ils seront un jour rares (et chers). Bref, l’association Spielberg et Hergé ne pouvait qu’éveiller ma curiosité (et celle de ma progéniture).
Le film ayant fait l’objet d’un intense matraquage publicitaire, avant même de s’asseoir (…) -
Live after Death
16 février 2011, par Sébastien BourdonLe vendredi soir, il me plaît d’acheter des bande-dessinées et des fleurs, c’est sur mon chemin de cycliste et cela marque symboliquement le début du week-end. Chacun sait que le meilleur moment dans le week-end, c’est le vendredi soir.
Arrivé chez le fleuriste, je constate, comme à chaque fois, que toute la clientèle semble trouver de bon ton de tutoyer invariablement ce garçon. L’attente à la caisse, rendue déjà douloureuse par la techno afro-cubaine sortie des enceintes, est (…) -
« Under The Skin » de Jonathan Glazer - 2014
10 juillet 2014, par Sébastien BourdonAprès quelques secondes de film, on comprend que sous nos yeux un œil humain se constitue ex nihilo, sur un fond sonore obsédant (une voix, comme répétitive). Cette fabrication organique et mécanique nous amène tout de suite à l’idée que le personnage principal est une pure construction, une fiction dans la fiction, et ce n’est pas faire offense au film et à son intérêt que de révéler que nous allons en effet suivre les pérégrinations d’une extraterrestre dans une Ecosse contemporaine (…)