À regarder le ciel, on pourrait se demander si la pluie annoncée pour la nuit ne viendrait pas finalement plus tôt.
Il y a tellement d’enfants qui jacassent et de grillons qui stridulent que c’est à se demander si le calme ne se trouverait pas dans les capitales écrasées de chaleur où plus personne n’ose bouger un orteil.
Mettre enfin la tête sous l’eau produit un soudain silence, presque miraculeux ; las, l’homme n’étant point amphibie, l’accalmie est nécessairement hachée et de courte (…)
Voyages
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Jeux d’eau
16 juillet, par Sébastien Bourdon -
Burn (still I hear)
7 juillet, par Sébastien BourdonComme un corps décapité, git à l’envers la cabine d’un camion d’un côté de la chaussée, quand sa remorque a été projetée par dessus la glissière de sécurité, bloquant les deux sens de l’autoroute.
Il fait une chaleur d’enfer, même la climatisation Deutsche Qualität semble peiner dans les ralentissements de la circulation.
À se demander s’il existe encore quelque part un endroit où il fait frais.
En bifurquant vers Milan, au loin, les montagnes de découvrir encore un peu de leur manteau (…) -
Sens de l’Histoire
26 juin, par Sébastien BourdonLa chaleur frappe le pays pour la deuxième fois consécutive de l’année, avec une violence encore renouvelée, accélérant la sensation de délitement progressif.
Les appareils électroniques chauffent plus que de raison, les trains s’arrêtent parce que les rails ramollissent, les services de l’Ordre des avocats ont planté et même une panne d’électricité peut interrompre une heure un concert d’Iron Maiden.
Au Palais de Justice de Sens, autorisation était donnée de ne point porter la robe. A 9 (…) -
Café des Lettres (et le Néant)
5 mai, par Sébastien BourdonUne fois assise dans l’institution parisienne, l’adolescente lui dit, « je pensais que c’était le rendez-vous des intellectuels ».
Il regarde autour de lui, la population est essentiellement composée de touristes, à l’élégance discutable, entre types en vêtements de sport de marque et demi-mondaines rêvant de succès sur Instagram.
Les serveurs s’agitent et sont étonnamment aimables, s’activant pour servir en souriant une internationale aisée.
À droite, un vieux monsieur courbé qui (…) -
Revoir sa Normandie
1er mars, par Sébastien Bourdon24 février 2026
Il a tellement plu ces dernières semaines que la rivière est sortie de son lit, se rapprochant dangereusement du logis.
Les champs de l’autre côté de la rive sont couverts d’eau et lorsque l’on s’en approche s’envolent des nuées de mouettes. Il suffirait d’y ajouter quelques optimistes, et on pourrait imaginer une base nautique où s’ébattraient aussi des vaches.
Revanche sur la grisaille et prochain recul des eaux, il fait maintenant étonnamment beau. La Normandie (…) -
Italie, été 2025
28 août 2025, par Sébastien Bourdon28 juillet, Gênes
La dernière heure et demie de route n’était faite que de lacets, de montées et descentes, obligeant sans cesse à des ralentissement et des décélérations, en prenant la plus grande attention aux camions et voitures.
Longeant la nature, les voies ferrées et les usines jusqu’à la mer au soleil descendant, compliquant encore la chose, passant du soudain éblouissement à l’obscurité des nombreux tunnels coupant les collines.
Aoste - Gênes, c’est fait.
29 juillet, Nervi (…) -
Sport Études
9 juin 2025, par Sébastien BourdonLorsque l’on n’a guère d’intérêt pour la chose sportive télédiffusée, on passe souvent à côté d’enthousiasmes collectifs. Bonne ou mauvaise chose, qu’importe, on nous permettra de n’en avoir pas eu grand chose à faire de la victoire récente du PSG. Que ce soit le flocage du maillot ou les débordements qui s’ensuivirent, il n’y avait rien pour plaire.
Issu d’une génération où le tennis avait quand même pris beaucoup de place sur le territoire national, Roland-Garros a durant toutes nos (…) -
Glaciation de l’horreur
18 février 2025, par Sébastien BourdonAvec toute cette pluie, on avait oublié le bruit de la neige. Ce son de nos pas étouffé, ce vague grincement, cette vibration qui meurt dans la ouate blanche et froide.
Il y a là quelque chose d’une infinie douceur, qu’un soleil de plomb sur une plage en été ne produit pas.
On a dans une vie d’occidental vaguement mobile visité des tas de ruines et, enfant, nos jeux de plage normands étaient imprégnés des décombres de la guerre, le bunker au bord de l’eau semblant aussi naturel que les (…) -
Flush the Fashion
29 septembre 2024, par Sébastien BourdonParis, un samedi après-midi de début d’automne. Les rues du Temple et de Rambuteau n’ont plus grand chose de francophone, on y parle surtout anglais, et à voix haute, comme forcée.
On ne s’y habille pas non plus comme le tout-venant, on sent dans le mélange des genres un souci continu du choix des formes et des matières.
Quand bien même on aurait l’air de tomber du lit, la couche était haute et on a bien réfléchi à quoi mettre avant de toucher le sol.
Cycliste urbain beaucoup trop (…) -
Week-end Prolongé
2 septembre 2024, par Sébastien BourdonÀ cette heure matinale, il ferait presque frais, se dit-on en remontant la rue vers la pâtisserie. Quelques mètres avant cet établissement se trouve un lycée. Ici, les vacances ne sont pas achevées, ce qui donne à notre très éphémère prolongation estivale le charme de la simple continuation.
En réalité, ici comme ailleurs, la fin se profile. Devant l’école arrivent des gens qui, s’ils sont bronzés et légèrement vêtus, n’en portent pas moins des tenues qui trahissent la reprise du travail. (…)