Visibles l’un pour l’autre
Jeanne Charmant Killman (Isabelle Huppert) est, comme son patronyme l’indique, une redoutable juge d’instruction, gants de cuir rouges sur poigne de fer, elle enquête avec diligence et sans fausse pudeur dans les arcanes corrompues du pouvoir.
Petite créature au sourire facile, elle ne s’en laisse pas pour autant compter une seconde par les plus ou moins barbons barbants qui imaginent la manipuler, la menacer ou la corrompre (François Berléand, Jean-Francois (…)
Articles les plus récents
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« L’ivresse du Pouvoir » de Claude Chabrol (2006)
14 mai, par Sébastien Bourdon -
« Vincent, François, Paul et les Autres » de Claude Sautet (1974)
12 mai, par Sébastien BourdonHomme au bord de la crise de nerfs
Vincent (Yves Montand) est un homme pressé (si ce n’est pressurisé) : il dirige une entreprise de mécanique, débute une procédure de divorce (Stéphane Audran) et noue une idylle complexe avec une jeune femme (Ludmila Mikaël).
S’il porte beau, on sent quand même qu’entre ses déboires sentimentaux et sa boîte sans cesse au bord du gouffre, Vincent rame, s’épuise, et sans que son entourage ne réalise forcément la gravité de sa situation.
Tout à sa (…) -
Hermano + Solace - La Maroquinerie, le 7 mai 2026
8 mai, par Sébastien BourdonLa Maroquinerie semble ce soir bien exiguë pour accueillir ces - trop - rares artistes, le concert est complet depuis des lustres et on pressent l’étuve à venir.
Solace assure une première partie agréable, déroulant un stoner solide, mais il faudrait approfondir pour vérifier, et nous sommes bien trop tendus vers l’objectif pour leur accorder autre chose qu’une écoute discrète.
Hermano est rare à tous points de vue, une discographie modeste et des apparitions scéniques très (…) -
« Umberto D. » de Vittorio de Sica (1952)
6 mai, par Sébastien BourdonSeul dans la Foule
En arrière-plan du générique d’ouverture, dans une rue romaine, un rassemblement de retraités en colère en appelle à la revalorisation de leur pension.
On pourrait croire qu’ils font masse dans leur revendication commune, mais vite dispersés par une maréchaussée en jeep, leurs derniers échanges avant que chacun vaque de son côté, attestent de ce qu’ils ne sont pas tous si mal lotis, quand bien même ils seraient logés à la même enseigne.
Umberto Domenico Ferrari (…) -
Café des Lettres (et le Néant)
5 mai, par Sébastien BourdonUne fois assise dans l’institution parisienne, l’adolescente lui dit, « je pensais que c’était le rendez-vous des intellectuels ».
Il regarde autour de lui, la population est essentiellement composée de touristes, à l’élégance discutable, entre types en vêtements de sport de marque et demi-mondaines rêvant de succès sur Instagram.
Les serveurs s’agitent et sont étonnamment aimables, s’activant pour servir en souriant une internationale aisée.
À droite, un vieux monsieur courbé qui (…) -
« Juste une Illusion » d’Olivier Nakache et Eric Toledano
2 mai, par Sébastien BourdonUn Autre Monde
1985, dans une banlieue parisienne modeste, les festivités organisées pour la bar mitzvah du jeune Vincent (Simon Boublil) se précisent.
Le quatuor familial est sous tension : Yves Dayan, le père (Louis Garrel), dissimule tant bien que mal qu’il est au chômage, son épouse Sandrine (Camille Cottin) s’exaspère de tout et aspire à autre chose, et Arnaud, le fils aîné (Alexis Rosenstiehl), se délecte de new wave entre deux escapades nocturnes.
Le petit dernier sent bien que (…) -
« Les Rayons et les Ombres » de Xavier Giannoli
29 avril, par Sébastien BourdonGlaire Epais
Jean Luchaire (Jean Dujardin) et sa fille Corinne (Nastya Golubeva) souffrent du même mal, la tuberculose. Cette pathologie mortelle s’attaque à leur souffle, métaphore très signifiante de l’air qui va progressivement leur manquer.
Luchaire était un journaliste plutôt du centre (« qui n’est ni à gauche ni à gauche », comme le disait François Mitterrand), radical-socialiste attaché à la réconciliation franco-allemande.
Par ailleurs coureur invétéré, dépensant sans compter (…) -
« César et Rosalie » de Claude Sautet (1972)
28 avril, par Sébastien BourdonOn appelle ça le Charme
L’industriel César (Yves Montand) est un homme pressé, il court en tous sens, il charme et s’emporte, sans cesse sur la brèche.
Il aime éperdument Rosalie (Romy Schneider), femme qui a déjà un peu vécu, mère d’une petite fille dont on ne verra pas le père, mais cela fait un tout qui enchante César.
Il n’y a que deux prénoms dans le titre du film, mais le troisième personnage qui va surgir, David (Sami Frey), n’est pas moins important puisqu’il va être à (…) -
« Les Choses de la Vie » de Claude Sautet (1970)
26 avril, par Sébastien BourdonCe qu’on dit, ce qu’on fait
En 1970, on dénombre 228 050 accidents corporels de la circulation en France métropolitaine. 15 036 personnes y ont laissé la vie dans les six jours qui ont suivi leur accident.
C’est sur ces exactes circonstances, après le crash d’un véhicule sur une route de campagne, que s’ouvre le film, une caméra agile recueillant sur place les propos des mis en cause (Bobby Lapointe), témoins et badauds. Puis la pellicule part en arrière et remonte le temps.
Pierre (…) -
Jean-Pierre Melville, un dramaturge
22 avril, par Sébastien BourdonBernard Stora raconte en des pages vivantes que Jean-Pierre Melville pouvait souvent être odieux, glacial, cherchant des proies parmi ses troupes (« Dans le Cercle Rouge » - éditions Denoël). Celui qui semblait hésiter devant l’assaut était condamné, Melville ne le lâcherait plus, l’utilisant comme bouc émissaire de ses angoisses de créateur.
Bourvil, sur ce tournage sinistre d’un futur chef d’œuvre, est très malade, sa fin est proche. Le personnage gelé qu’il interprète est comme au (…)