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« Mammuth » de Gustave Kervern et Benoît Delépine

mercredi 12 mai 2010, par Sébastien Bourdon

Lève la Lunette !

Il y avait longtemps qu’on n’avait pas eu envie de voir un film avec Gérard Depardieu dedans. Boulimique, il avait fini par tourner dans tout et n’importe quoi, sans cohérence, devenant une sorte de De Niro français un peu dingue, mais absolument sans danger. Loin des films de Blier ou de Ferreri tournés dans les années 70. L’embourgeoisement qui pousse parfois des artistes français respectables à passer leurs dimanches après-midi dans un canapé chez Drucker.

Et là, gros avec des cheveux longs, dès les premiers plans, il est magnifique. Présent intensément, mais sans jamais que la mythologie de l’acteur ne vienne dévorer un superbe personnage.

Kervern et Delépine offrent effectivement à Depardieu un film à la hauteur de l’acteur. Encore une fois, comme avec Louise Michel, on sort de la salle après avoir été aussi bien bercés que secoués, sans forcément être à même de bien déterminer les moments où un sentiment a prédominé sur l’autre. On a pu ainsi être touché par le très beau couple formé avec Yolande Moreau mais littéralement effrayé par les interventions fantomatiques et hallucinées d’Isabelle Adjani.

L’alternance entre la poésie et le burlesque ou entre le grivois et le limite glauque peut être brutale mais le film ne se prive pas de respirations et d’apesanteur. Ces moments aériens, dans une Charente (parfois Maritime) filmée comme si elle était photographiée avec un vieux Lomo, sont précieux et ne nuisent pas au film.

Ne cherchez pas trop l’actualité dans cet opus narrant l’histoire d’un type qui découvre avec la retraite qu’il est vieux et qu’il lui manque des papiers. Film anar, mélancolique et réjouissant, à mille lieux des trépidations de l’actualité, mais contant quand même une échappée marquée par l’époque.

Sébastien Bourdon

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