Scènes de la vie conjugale
La scène est coupée en deux en son centre, dans la largeur. Se jouxtent de part et d’autre de la cloison deux pièces avec cabinets de toilette. La décoration des lieux laisse à penser à la campagne, fruste mais coquette.
Dans ce décor, deux couples vont se déchirer, un fils et son épouse (Pierre-François Garel et Léa Drucker), et ses parents (Catherine Hiegel et Alain Libolt).
On démarre à gauche, les plus jeunes des protagonistes dialoguent sans chaleur ni (…)
Théâtre
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« La Séparation » de Claude Simon - mise en scène Alain Françon - Les Bouffes Parisiens, le 31 décembre 2025
2 janvier, par Sébastien Bourdon -
« Pétrole » d’après Pier Paolo Pasolini, Odéon le 20 décembre 2025 - Adaptation et mise en scène de Sylvain Creuzevault
23 décembre 2025, par Sébastien BourdonBordel à Queue
« Pétrole » est un manuscrit inachevé de Pier Paolo Pasolini, dont l’écriture fut interrompue par sa mort brutale le 2 novembre 1975.
Le livre est un enchevêtrement de fulgurances, réunies en notes éparses et numérotées dans le désordre, procédé repris par la mise en scène.
Il y a bien en fond un semblant de narration : raconter les circonstances troubles du décès de l’industriel Enrico Mattei, probablement mis en musique par son successeur à des fins de déstabilisation (…) -
« La Crèche : Mécanique d’un Conflit » de François Hien - Espace 1789, le 14 novembre 2025
15 novembre 2025, par Sébastien BourdonLa Ville est Tranquille
« Inspirée de faits réels », la pièce - de fiction, lieux et personnages sont inventés - tire sa trame et son propos de la fameuse affaire Baby-Loup.
Bref rappel des faits, avant d’aborder le fond : au sein d’une crèche privée, nonobstant un règlement intérieur interdisant expressément l’affichage de signes religieux, Yasmina, une employée de retour de congé parental persiste à garder son voile. La directrice lui laisse le choix de l’enlever ou de démissionner. (…) -
« Juste la Fin du Monde » de Jean-Luc Lagarce - Théâtre de l’Atelier, le 23 février 2025
26 février 2025, par Sébastien BourdonFamilles je vous hais
La pièce ayant fait l’objet en 2016 d’une adaptation - calamiteuse - par Xavier Dolan, la curiosité était grande de voir si un retour à son espace naturel, la scène d’un théâtre, pouvait rendre justice au texte.
Louis (Vincent Dedienne) rend visite à sa famille, longtemps délaissée car probablement trop lourde à côtoyer de près, à en croire le paquet de solides névroses accumulées depuis l’enfance.
La raison de ce retour du fils prodigue dans le foyer s’impose (…) -
« L’amante Anglaise » de Marguerite Duras - mise en scène de Jacques Osinski - Théâtre de l’Atelier, le 31 décembre 2024
1er janvier 2025, par Sébastien BourdonTrain d’enfer
Dans plusieurs trains, on a trouvé des morceaux de cadavre, ceux d’une seule et même personne, Marie-Thérèse Bousquet. Grâce au « recoupement ferroviaire », on a découvert que tous ces trains étaient passés au dessous du pont d’un même bled, Viorne, et il fallut peu de temps sur place aux enquêteurs pour découvrir l’identité de l’assassin, Claire Lannes (Sandrine Bonnaire). La victime était sa cousine, sourde-muette hébergée au sein de son ménage depuis de longues années, y (…) -
« Truffaut - Correspondance » - mise en scène de Judith d’Aleazzo et David Nathanson - Le Lucernaire
22 septembre 2024, par Sébastien BourdonLe Cinéaste Épistolaire
La petite scène ressemble à un bureau mal rangé, entre vieux livres et revues éparses (« Les Cahiers du Cinéma » of course), un pianiste joue, et le comédien interprète (David Nathanson).
L’exercice n’est pas aisé, est-ce que cela se joue une lettre, comment interpréter ce qu’un autre a longuement et posément couché sur papier, avant de refermer l’enveloppe et de la poster ?
Il en existe des palanquées de lettres de François Truffaut, un gros livre de poche en (…) -
Angelin Prejlocaj « Requiem(s) » - le 23 mai, Grande Halle de La Villette
24 mai 2024, par Sébastien BourdonN’oublie pas que tu vas Mourir
La lumière dans la salle s’estompe alors que montent les notes de System of a Down. Lorsque le noir se fait, commence la danse.
S’enchaînent les tableaux, dans une dominante de noir et blanc de circonstance, zébré de rares et fugitifs éclats de couleurs. Le deuil est partout, les corps aériens des danseurs peuvent aussi être frappés, et on ne sait si ce n’est de la mort ou du deuil qui s’apprêtent à les saisir.
Mais le message est limpide : la mort sans (…) -
« Les Chaises » d’Eugène Ionesco - mise en scène de Thierry Harcourt - Le Lucernaire
4 mars 2024, par Sébastien BourdonSavoir-vivre
Eugène Ionesco, quand on vous met ça dans les pattes au collège ou au lycée, autant dire que l’expression, n’être pas prêt, est le plus souvent de circonstance. Heureux ceux qui ont bénéficié des lumières d’un prof de français capable de vous ouvrir au théâtre de l’absurde.
Néanmoins, la première et principale porte d’entrée est peut-être cette absence d’esprit de sérieux, car, quand bien même Ionesco nous plonge au tréfonds de l’absurdité de nos vies, il n’oublie pas (…) -
« Merteuil » de Marjorie Frantz - Mise en scène de Salomé Villiers - Théâtre du Lucernaire
26 février 2024, par Sébastien BourdonFemmes des Années 1780
Projet audacieux s’il en est, se piquer d’écrire une suite aux « Liaisons Dangereuses » (Pierre Choderlos de Laclos - 1782), et même pas sous une forme épistolaire, mais en optant pour une pièce de théâtre.
L’auteure - Marjorie Frantz, également interprète du rôle titre - imagine ainsi des retrouvailles, quinze ans plus tard, entre la Marquise de Merteuil et Cécile de Volanges (Chloé Berthier). Cette dernière, à l’époque vierge effarouchée tout juste extraite du (…) -
Thomas Joue ses Perruques - Théâtre de l’Atelier, Paris, le 1er février 2024
2 février 2024, par Sébastien BourdonCoupes en Scène
Thomas Poitevin a promené ses perruques durant trois années et ce 1er février 2024, c’était la dernière. Quel joli endroit pour passer à autre chose que cette place Charles Dullin où la seule présence de ce petit théâtre 19ème permet au quartier de ne pas être totalement englouti dans le tourisme mondial de masse.
C’est intéressant de revoir un spectacle, et pas si fréquent, cela permet ici de constater que l’artiste l’a quasiment revu de fond en comble, modifiant à la (…)