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« La Femme de » de David Roux
dimanche 19 avril 2026, par
Le Charme Absent de la Bourgeoisie
Quelque part dans une province hivernale, une vieille dame meurt dans une grande demeure bourgeoise. L’évènement va entraîner le partage des lieux et la garde du conjoint acariâtre et cacochyme survivant.
Le fils aîné (Eric Caravaca), dans une continuité quasi aristocratique, prend d’autorité la main sur la succession, conserve - contre l’avis de Marianne, son épouse (Mélanie Thierry) - la bâtisse pour s’y installer, et file des chèques à ses frères et sœur (dûment validés par le notaire, insiste-t-il).
On comprend tout de suite où on se trouve et c’est dans cette galerie de portraits finement esquissée que se trouve le meilleur du film. Le pitch est pourtant presque caricatural d’une certaine tendance du cinéma français : les conflits cuits et recuits d’une famille catholique bourgeoise de province, mais la mécanique fonctionne.
Portrait d’une « femme gelée », la caméra se concentre sur Marianne, créature prise dans un monde où sa voix n’est pas écoutée, et où son existence obéit à une logique programmatique qui n’est jamais la sienne.
La précision acide du trait ne fait pas pour autant verser le film dans le chabrolien, faute d’étrangeté, d’humour noir ou cruauté. Le portrait de femme ici esquissé se veut naturel et empathique.
Il faut reconnaître que le désarroi et l’incapacité à se défendre des siens de la protagoniste a des accents de vérité, que la direction d’acteurs sert avec une grande justesse.
Le film pêche seulement par quelques sorties de route scenaristiques qui, même si légères, empêchent d’emporter complètement la conviction du spectateur.
Sébastien Bourdon