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« César et Rosalie » de Claude Sautet (1972)
mardi 28 avril 2026, par
On appelle ça le Charme
L’industriel César (Yves Montand) est un homme pressé, il court en tous sens, il charme et s’emporte, sans cesse sur la brèche.
Il aime éperdument Rosalie (Romy Schneider), femme qui a déjà un peu vécu, mère d’une petite fille dont on ne verra pas le père, mais cela fait un tout qui enchante César.
Il n’y a que deux prénoms dans le titre du film, mais le troisième personnage qui va surgir, David (Sami Frey), n’est pas moins important puisqu’il va être à l’origine de ce triangle amoureux à naître.
Rosalie a autrefois aimé cet homme, mais si l’on ignore les détails, il est clair qu’il est sorti de sa vie sans que ce qui existait entre eux se soit achevé. D’où son émotion à le revoir et les contrariétés qui vont suivre.
Le couple est affaire d’équilibres sans cesse mouvants et son retour va sérieusement perturber César, ce dernier comprenant très vite que ce type au charme assuré et tranquille constitue une indéniable menace sur son idylle.
Évidemment, la panique amoureuse est mauvaise conseillère et sa capacité renouvelée à réduire à néant tout ce qu’il accomplit de bien l’amène invariablement au désastre (et ensuite à des efforts constants pour remonter la pente sur laquelle il s’est violemment laissé glisser).
C’est d’autant plus dommage que Rosalie n’a pas franchement d’idée arrêtée sur ce qu’elle veut faire, si ce n’est qu’elle est libre et entend le rester.
Claude Sautet saisit une fois de plus des caractères et des situations avec finesse et sensibilité. Le film est mené à un rythme haletant, avec ses protagonistes toujours au bord de la crise de la nerfs, sautant soudainement dans des voitures pour rejoindre la mer.
Les sentiments amoureux sont complexes et changeants et, comme toujours, les personnages de Sautet se retrouvent à traverser l’inconnu quand ils semblaient tenir fermement pour acquis leur sort.
Ce qui tient ces êtres dans le chaos que provoquent leurs rencontres, ce sont les affections qui se créent, sources de joie comme de désespoir, à laquelle ils n’entendent pas renoncer, si douloureux cela soit-il.
Et puisque tout, tout le temps, peut changer, à quoi bon renoncer aujourd’hui, quand demain tout sera peut-être radicalement différent.
Sébastien Bourdon