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Zakk Sabbath, le Trianon, le 15 février 2020

lundi 17 février 2020, par Sébastien Bourdon

Lords of this World

Hasard de calendrier, le Doom fêtait son anniversaire la même semaine que ce concert puisque le premier album éponyme de Black Sabbath est sorti il y a tout pile 50 ans. Et le moins que l’on puisse dire est que le groupe - comme le genre qu’il a fondé - étaient à la fête au Trianon en ce samedi soir.

Zakk Wylde est depuis longtemps un guitariste récurrent d’Ozzy Osbourne (chanteur de Black Sabbath) et est donc particulièrement légitime à reprendre le flambeau. Et mâtin, avec quelle élégance le fait-il ! Bien qu’occupé avec sa propre production (les un peu pénibles Black Label Society et ses albums solos très acoustiques), il a trouvé un temps précieux pour rendre hommage aux musiciens qui l’ont inspiré et a ainsi fondé Zakk Sabbath, projet de passionnés s’il en est.

A mille lieux du cover band convenu, Zakk Wylde et les siens ont interprété avec une énergie et une liberté incroyable une musique que l’on avait récemment vue briller de feux un peu tristes lors des adieux de Black Sabbath en 2017. On n’imaginait ainsi ces compositions condamnées à n’être plus qu’une influence majeure sur une scène encore vivace, et un son qui reviendrait souvent, mais surtout sur nos platines.

Pour peu qu’on goûte la guitare - car il y en eut énormément - ce samedi soir flamboyant est venu nous rappeler combien la musique, et celle-là en particulier, est une matière aussi imprévisible que vivante.

Revenir aux origines, au son métallurgique de Birmingham, tel semble être le concept. Pas de chichis, pas de facilités, même pas de mélancolie, juste un trio particulièrement affûté qui, s’il joue fidèlement, revient aussi au concept libre des origines, réinterprétant et étirant les morceaux. Ainsi de Joey Castillo, batteur venu de l’underground stoner, qui contribue à rendre à la musique sa saveur sombre et gorgée de groove, à mille lieux des clichés heavy metal surexploités par Ozzy dans sa carrière solo.

Faisant le choix pertinent d’évacuer l’essentiel des tubes convenus du Sabbath noir de la set-list, le groupe enchaîne les raretés et les joue avec une vivacité et une énergie revigorantes. C’est presque aussi beau et fort que la première fois, et quand on aime depuis si longtemps, quelle émotion que de vivre cette vigueur intacte. Il fallait entendre hurler et chanter le public sur « Under The Sun » ou « War Pigs » pour comprendre qu’on était entre passionnés encore très amoureux.

Zakk Wylde, masse de muscles et de poils portant kilt, est allé régulièrement se frotter au public durant ses solos, dans la fosse comme au balcon, pour la joie des grands et des petits.

Le trio n’a ainsi pas lésiné une seconde durant ses deux heures de temps de jeu, c’était de la musique d’hier, jouée aujourd’hui, comme si on allait mourir demain.

Sébastien Bourdon

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