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« Une Enfance Allemande - Île d’Amrum 1945 » de Fatih Akin

vendredi 9 janvier 2026, par Sébastien Bourdon

Als das Kind, Kind war

Sur une petite île allemande de la mer du Nord parviennent petit à petit les signes de la chute prochaine du Reich. Des flots de réfugiés débarquent, et les langues progressivement se délient. Les îliens sont fatigués, et ont hâte que tout cela s’arrête.

Ce changement dans l’air est vu et ressenti à hauteur d’enfant, dans le regard de Nanning (Jasper Billerbeck). Ce petit garçon vivait à Hambourg avec ses parents, et les événements l’ont obligé à venir se réfugier ici avec sa mère, son petit frère et sa tante, ayant des attaches familiales bien ancrées localement (même s’il ne maîtrise pas le patois du cru).

Fils d’un dignitaire nazi, lui-même membre des Jeunesses Hitlériennes, le moins que l’on puisse dire est que les options retenues par ses géniteurs durant cette sombre période ne sont pas franchement en train de devenir des atouts pour son futur.

Sa mère accouchant d’une petite fille au moment où Hitler passe l’arme à gauche, elle entre dans une dépression post-partum assez sévère. Nanning va se sentir comme une obligation que de lui redonner le sourire, ce qui va l’entraîner dans une série d’aventures tragi-comiques.

La pré adolescence et ses épreuves initiatiques est un genre en soi, qu’il soit cinématographique ou littéraire. Rite de passage, il lui faut un territoire où s’accomplir : sur Amrum, la guerre est passée comme à pas feutrés dans un paysage magnifique, qu’elle n’a donc pas marqué ou presque, on est donc plus chez Mark Twain que chez Roberto Rossellini.

Si la nature est intacte, les âmes ne le sont pas et sur l’île comme ailleurs, scories d’une société gangrénée par la violence et la peur, règne l’obsession de résumer les êtres à ceux qui sont d’ici et ceux qui viennent d’ailleurs. Sur ce bout de terre au large de l’océan, cela semble d’autant plus absurde que nombreux sont ceux qui ont fui les lieux pour une vie meilleure.

L’enfant va se trouver pris entre la violence des humains et celle de la nature, trouvant finalement sa voie, avec sa détermination naïve et butée.

Innocent des crimes de ses aînés, mais devant bien vivre avec, Nanning comprendra que l’on est du lieu où on a décidé d’être.

Sébastien Bourdon

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