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« Les Noces Rouges » (1973) de Claude Chabrol

dimanche 18 janvier 2026, par Sébastien Bourdon

L’amour à Mort

Dans un bled de province, au sein de la bourgeoisie industrielle et électorale, pris dans un coup de foudre érotico-amoureux, des amants (Stéphane Audran, Michel Piccoli) vont se livrer absurdement au crime, s’imaginant ainsi recouvrer la liberté nécessaire à l’épanouissement de leurs sentiments.

Claude Chabrol, spécialiste reconnu des mœurs de la bourgeoisie, capture un instantané de la province (l’Indre) de son temps, qui a aujourd’hui quasi valeur documentaire.

Même s’il pousse un peu les potards dans la représentation, cette classe sociale, petite par essence et par territoire, nous est familière. Ce mélange d’intérêts capitalistiques et de positions électorales n’a probablement pas pris une ride, surtout lorsqu’il est concentré dans le jeu absolument magistral de Claude Piéplu en député-maire, cocu magnifique.

Les protagonistes sont désirants jusqu’au vulgaire et assez crétins au final, et pourtant le cinéaste Chabrol, s’il se délecte comme toujours de l’inanité de nos semblables, se refuse à les condamner franchement, ne serait-ce que parce qu’ils s’aiment.

Si l’on ne tient peut-être pas là un Chabrol majeur, le réalisateur fait quand même encore une fois montre de son savoir filmer et raconter balzacien qui tutoie Fritz Lang (et annonce même David Lynch, avec les scènes de nuit dans la voiture).

L’air de rien se glisse une fois encore un impeccable sens du cadre et du jeu, chacun trouvant son ton, derrière comme devant la caméra.

Chabrol n’est malheureusement plus, mais il nous a laissé un paquet de films qui résistent fort bien au temps qui passe.

Sébastien Bourdon

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