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« Les Fils de l’homme » de Alfonso Cuarón (2006)
mercredi 28 janvier 2026, par
Miracle of Life
Londres 2027, dans un monde dystopique, une humanité vieillissante, puisque ne pouvant plus se reproduire, affrontent toutes sortes de calamités. Tout est devenu gris et sale, les derniers des humains connaissent donc des jours qu’on a connu meilleurs, la lutte pour la survie étant devenue leur principale préoccupation, et pour cause.
Diverses organisations terroristes sévissent, elles ont des noms absurdes - les « Poissons » - et on peine à comprendre leurs intentions. Sont-ils des opposants méritants à un pouvoir qui n’a fait qu’agrandir l’écart entre les miséreux et une minorité puissante, ou bien sont-ils tout aussi corrompus ?
Qu’importe, l’action prime sur les personnages et leurs moteurs. La menace est partout omniprésente, comme dans un film de zombies, mais sans morts-vivants (ou l’inverse).
Parce qu’en des temps si sombres, il faut une quête et un héros, Théo Faron (Clive Owen) se retrouve avec sur les bras une femme miraculeusement enceinte (Clare-Hope Ashitey), à charge pour lui de l’emmener pondre dans un endroit sûr (si une telle chose existe).
Démarre alors une course-poursuite d’une heure et demie, avec toutes sortes de menaces possibles, et ce qu’il faut de moments d’accalmie en pleine nature où l’on philosophe sur le sens de la vie.
On reconnaîtra à ce film, nonobstant sa laideur continue, une certaine maîtrise de la tension et un casting qualitatif (Michael Caine et Julianne Moore font des apparitions).
Cela sauve le tout, encore plus lorsque l’on approche de la fin où de longs plans séquences (notamment un de plus de six minutes), tout en fluidité brutale, vous scotchent à l’écran (probablement comme dans un jeu vidéo, à se demander pourquoi on n’a pas fourni de joystick).
Sinon, vingt ans après la sortie de ce film, les scènes de violence militaro-policières envers les réfugiés évoquent furieusement Minneapolis, et ce monde sans enfants, un wagon sélect de la SNCF. Une dystopie crédible donc.
Sébastien Bourdon