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« La Reconquista » de Jonàs Trueba
samedi 14 février 2026, par
Trop Tard
Hasard, et probablement pas nécessité, de jeunes gens qui ont été amoureux à l’adolescence se croisent à Madrid. Manuela (Itsaso Arana) remet à cette occasion à Olmo (Francesco Carril) une lettre qu’il lui avait écrite à 15 ans.
Finalement assez contents de se revoir après tant d’années, ils passent la soirée ensemble, dans une errance urbaine nocturne assez téléphonée. D’abord dans un restaurant chinois, puis à un concert pénible du géniteur de la demoiselle, et enfin dans une soirée ou l’on danse le swing, moment évidemment propice à un possible rapprochement de ces corps depuis si longtemps éloignés.
Le film étant construit sous forme d’un triptyque, sans révéler la conclusion de la soirée, on passe ensuite au retour matutinal au foyer d’Olmo où il retrouve sa belle endormie.
Si l’on a pu être souverainement agacé par Manuela qui alterne minauderies et excitation artificielle, on fait alors connaissance avec un certain soulagement avec Carla (Aura Garrido), la compagne du protagoniste.
Toute en délicatesse inquiète, elle s’enquiert des événements de la veille, et le couvre de tendresse.
Las, cette partie s’achève trop vite, pour une reconstitution en costumes d’époque de l’idylle nouée adolescents par nos protagonistes.
Et on se fade alors une version en slow-motion verbeux de « La Boum », avec comme musique d’ambiance les chansons toujours aussi pénibles du géniteur de la protagoniste. On comprend que Jonàs Trueba goûte tout particulièrement ce musicien (Rafael Berrio), mais si l’on ne partage pas son appétence, c’est interminable.
Il y en a peut-être un peu marre de ces films sur la renaissance d’amours anciennes, prétexte à des étalages sentimentaux fastidieux et tartes.
Imaginer que tout se jouerait à cet âge de la vie laisse quand même peu de place à l’avenir, qui est pourtant souvent beaucoup plus long.
Sébastien Bourdon