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L’histoire n’est plus à suivre

mardi 19 mai 2020, par Sébastien Bourdon

Je n’ai vu en vrai qu’une seule fois Michel Piccoli, on va plus souvent au théâtre qu’au cinéma. Cela s’est produit en 2011, dans le cadre d’un festival de bandes dessinées à Saint-Ouen.

Piccoli avait notamment fait lecture publique de ce que je considère être un chef d’œuvre essentiel de la littérature, « Le Cosmoschtroumpf  » de Peyo (1970).

Il fut particulièrement savoureux de l’écouter lire avec gourmandise cet ouvrage car, lorsque j’étais enfant, Michel Piccoli m’impressionnait beaucoup, je le trouvais inquiétant par sa voix et sa présence, souvent énigmatiques.

Mais peut-être était-ce dû aussi à la couverture du livre « Sept morts sur ordonnance » (1975 - Georges Conchon) dont le film du même nom a été tiré (Jacques Rouffio). Sur la couverture de son édition de poche, Piccoli apparaissait en tenue complète et glaçante de chirurgien. Le concept de meurtre sur prescription médicale me semblait particulièrement atroce.

L’acteur ne s’étant guère illustré dans le film pour enfants, c’est plutôt adulte que je me suis familiarisé avec sa présence à l’écran. La fascination est restée, et ce qui me paraissait inquiétant s’est transformé en une admiration pour un comédien capable de telles subtilités de jeu, au service d’un panel de metteurs en scène assez impressionnant (Bunuel, Sautet, mais également Hitchcock ou Moretti,... n’en jetez plus).

Il est probable que cette réconciliation se soit opérée avec « Milou en mai » (1990 - Louis Malle) vu lors de sa sortie avec mes cousines au Saint-Lazare Pasquier (cinéma qui a hélas depuis mis la clé sous la porte).

Il serait long et fastidieux d’énumérer les films dans lesquels on a aimé et apprécié ensuite l’acteur, on dira simplement qu’après avoir été - et être encore beaucoup - François Truffaut, c’est sans doute aussi grâce à lui que l’on est devenu en vieillissant terriblement Claude Sautet.

Il est particulièrement douloureux de savoir Piccoli parti d’un monde dans lequel les cinémas ont fermé, et il sera triste de ne pas le revoir à l’affiche d’un film quand ces derniers, enfin, rouvriront.

Sébastien Bourdon

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