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« Felicità » de Bruno Merle

lundi 27 juillet 2020, par Sébastien Bourdon

Daddy Cool

24 heures dans la vie d’une famille un chouïa borderline : le père (Pio Marmaï), la mère (Camille Ruthetford) et l’enfant (extraordinaire Rita Merle, fille du réalisateur). Sur une aire d’autoroute, un père raconte une histoire abracadabrante à l’enfant sur ses origines - elle serait la fille abandonnée d’Orelsan. Elle n’y croit pas une seconde et remet son casque antibruits, comme elle le fera systématiquement pour échapper aux plus ou moins doux délires de ses géniteurs.

On remonte dans le temps jusqu’au petit matin du même jour, dans une scène presque idyllique, comme tirée d’une publicité pour la Ricoré, où une famille attendrait l’inénarrable « ami du petit-déjeuner ». Notre trio profite des joies d’une jolie maison bretonne. Mais quelque chose ne colle pas dans cet environnement bourgeois dont on comprend très vite qu’il n’est pas le leur et qu’il leur faudra soudainement en déguerpir très vite.

Demain, c’est la rentrée des classes et dans ce film à hauteur d’enfant, c’est avec cette perspective que l’on scrute un monde désordonné et parfois inquiétant,Tommy étant bien obligée de faire avec ses parents excessivement bohèmes et pas du tout bourgeois.

Il y a beaucoup d’amour et peu de rationalité chez ceux qui élèvent Tommy - si tant est que le terme soit ici adapté - seule l’enfant semblant accessible à la mesure et à la raison. Las, son poids dans les décisions prises étant très relatif, la petite fille se réfugie alors dans le silence que lui procure son casque antibruit et dans ses rêveries desquelles surgissent parfois un cosmonaute.

Avec une indéniable habileté, le propos se précise au fur et à mesure, les personnages se dévoilent progressivement et beaucoup de mystères ne survivent pas au petit matin qui clôt ce cycle de 24 heures.

Le film, s’il est souvent drôle, flirte également avec une relative et légitime gravité. Le cinéaste Bruno Merle se refuse à sombrer dans la comédie familiale convenue, n’écartant pas les lâchetés et ambiguïtés de ses personnages, si sympathique soit le monde dans lequel ils ont décidé de vivre. Il y a donc une jolie ambition de cinéma tout du long, que ce soit dans la narration, dans le propos et dans un jeu d’acteurs particulièrement subtil (Pio Marmaï, notamment, qui confirme tout le bien qu’on pense de lui).

Sébastien Bourdon

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