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« Antoinette dans les Cévennes » de Caroline Vignal

dimanche 20 septembre 2020, par Sébastien Bourdon

Âne, ne vois-tu rien venir ?

Antoinette (Laure Calamy) est maîtresse d’école et maîtresse... du père d’une de ses élèves, Vladimir (Benjamin Lavernhe). Elle gère cette situation inconfortable avec la fraîcheur et l’enthousiasme qui l’habitent. Elle ne se protège pas, conservant toujours toute la grâce d’une femme éperdument amoureuse.

Nous la trouvons dans l’enthousiasme de l’institutrice à l’aube des vacances et ce d’autant que son amoureux lui a promis une semaine à deux, en l’absence de l’épouse. Las, la vie est cruelle, et les hommes ne le sont pas moins, ce dernier part finalement sur les chemins de Stevenson dans les Cévennes, avec femme et enfant.

Désespérée, Antoinette ne renonce pas et décide alors d’emprunter le même chemin littéraire et montagnard, accompagnée d’un âne, comme il se doit. Quadragénaire ayant probablement eu plus que son lot d’histoires d’amour merdiques, elle se refuse une fois de plus à l’abattement.

Petit soldat entêté de l’amour, elle va donc affronter avec une détermination inébranlable cette brusque décision absurde qui va évidemment l’entraîner dans des aventures tragi-comiques. Antoinette est d’une sincérité désarmante, elle se livre à tous en souriant, prend des coups, mais ne s’effondre totalement jamais. Elle tombe de l’âne et invariablement remonte dessus, impatiente de savoir ce que demain lui réserve.

La réalisatrice se refuse aux grosses ficelles de la comédie de l’infidélité, et s’appuie sur son extraordinaire actrice principale (Laure Calamy qu’on attendait depuis longtemps en tête d’affiche) pour construire un magnifique portrait de femme qui n’accepte pas d’être victime, entêtée comme l’animal qui l’accompagne.

A l’instar de la nature magnifique des Cévennes, ce film est comme une bulle préservée de grâce et de beauté, à l’instar de son héroïne, il se défie de tous les obstacles. Antoinette marche dans la nature pour trouver en elle un chemin et cette errance avec un âne a finalement tout du conte philosophique. Très grand petit film.

Sébastien Bourdon

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