On entend régulièrement parler de ces japonais qui sombreraient dans la dépression tant Paris n’aurait pas été à la hauteur de leurs expectatives. Las, notre bonne capitale est comme la vie, pleine de promesses, mais rares sont celles qui sont tenues. Passé un certain âge on en est pourtant dûment informé et comme le disait Bogart à Bergman : « We’ll always have Paris » (« Casablanca » de Michael Curtiz - 1942).
La mélancolie a ce mérite de transformer en une forme paradoxale de souvenir (…)
Voyages
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Stendhal et son Syndrome
14 août 2023, par Sébastien Bourdon -
Here’s to the Loosers
12 août 2023, par Sébastien BourdonDans ces banlieues cossues du Nord de l’Italie, on cultive son jardin. La retraite semble consacrée à la gestion de cet espace probablement chèrement acquis, et on y lutte pied à pied avec l’inéluctabilité de la dégradation. Avec quelques excès parfois, ainsi de ce type armé d’un chalumeau portatif qui entreprend de méthodiquement dézinguer quelques herbes effrontées surgissant de sous le gravier blanc. Sauver l’artifice du surgissement du naturel par l’effet des flammes, et alors qu’il fait (…)
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Happiness (is the road)
10 août 2023, par Sébastien BourdonDébut août. Après la pluie à Paris, la pluie sur la route, tout a pris la couleur du macadam, version détrempée. Paris au cœur de l’été 2023, c’était la flotte jusqu’à l’obsession, douche à vélo comprise : le démarrage du lave-vaisselle ou le frottement des pattes de pigeon sur le zinc du toit, et nos cerveaux imaginaient que les éléments se déchaînaient à nouveau.
Première station service après les embouteillages, tout le monde parle italien, on est pourtant encore loin du but, mais la (…) -
Le Voyage en Italie - Chapitre 10 - Padoue
5 mai 2023, par Sébastien BourdonAppelons cela un vol de soirée, « vol de nuit », ça fait un peu Saint-Exupery, et ça se prête mal aux moins de deux heures de voyage low-cost pour aller de Paris jusqu’à Venise.
A quoi voit-on, ici aussi, dans les airs, que le papier n’est plus à la mode : les lumières sont éteintes durant le vol, et personne ou presque n’allume sa loupiote pour parvenir à lire des pages imprimées. La nuit bientôt italienne est illuminée par des petits écrans, qui aspirent les passagers hors de (…) -
A quoi bon serpenter ?
13 novembre 2022, par Sébastien BourdonHasard de Youtube et des algorithmes, je suis tombé sur la chaîne d’un garçon nommé Jason Arnold, chasseur de serpents en Afrique du Sud. Mais le terme « chasseur » est impropre puisqu’il se qualifie de « handler », on est donc plus proche du « manieur » voire du « charmeur ».
L’homme n’a aucune allure particulière, teeshirt informe, jeans, baskets et lunettes de soleil si besoin. Il branche sa caméra, roule, et explique de sa voix douce en conduisant où il se rend et pourquoi. Une fois (…) -
Le Voyage en Italie (Chapitre 9 - Cinquième Partie)
13 août 2022, par Sébastien BourdonLa stagione dell’ amore viene e va
On s’était pourtant fait promesse de, cette fois, ne pas se faire avoir. L’été ne nous glisserait pas entre les doigts. Et ce d’autant qu’il avait commencé tôt en 2022. Enfant, les étés duraient l’éternité et leur souvenir nous habite encore : vipère dans la piscine, grenouilles dans l’étang, truites dans la rivière, vaches dans les prés, marmottes devant le chalet…
Puis l’âge venant, les vacances raccourcissent comme peau de chagrin. L’inquiétude naît (…) -
Le Voyage en Italie (Chapitre 9 - 4ème partie)
10 août 2022, par Sébastien BourdonLes archéologues disent que les pierres ont des jambes. La vieille ville de Gaete en est l’exacte illustration. Dès que l’on s’éloigne du port et du front de mer, pour se perdre dans les ruelles attenantes, on découvre une architecture faite d’empilements historiques et hétéroclites.
Chaque maison semble construite de bribes d’autres structures plus anciennes, romaines, byzantines ou normandes. Les restes de murailles comme les colonnes antiques peuvent en constituer le fondement quand les (…) -
Le Voyage en Italie (chapitre 9 - 3ème partie)
9 août 2022, par Sébastien BourdonGaete
En descendant du train, dans la petite gare paisible de Formia-Gaeta, une odeur forte de bois brûlé nous parvient immédiatement aux narines. Au regard de la saison et de la température, il est peu probable que quelqu’un ait allumé un poêle ou se soit fait une colossale flambée. Le ciel de fin d’après-midi est voilé de nuages bas qui ne sont rien d’autre que de la fumée, de celle qui consume les arbres. Il y a le feu sur la rive d’en face.
Cet événement ne semble pourtant qu’une (…) -
Le Voyage en Italie (Chapitre 9 - 2ème partie)
7 août 2022, par Sébastien BourdonNaples
On n’explique pas forcément bien ce qui fait qu’en descendant du train on est immédiatement attaché à un lieu jusqu’alors inconnu. On pourrait pourtant n’évoquer que des choses rebutantes pour d’aucuns : la chaleur, le bruit assourdissant de la circulation anarchique, la crasse omniprésente (Marseille évoquerait presque en comparaison une riante bourgade des Hauts-de-Seine) etc.
Ainsi, dans cet univers où la signalisation routière est essentiellement esthétique, la loi appartient (…) -
Le Voyage en Italie (Chapitre 9 - 1ère partie)
3 août 2022, par Sébastien BourdonGrado, le 26 juillet 2022
L’été dure depuis des semaines partout tout le temps et où que l’on aille, la chaleur est insupportable. A Padoue (Vénétie), ville souvent et régulièrement arpentée, on va décider de ne pas s’en vouloir de rester au frais. Seules sorties raisonnablement autorisées, les thermes à Abano (elles sont « preistoriche », elles ont donc fait leur preuve) et les restaurants climatisés.
Et puis fuir, prendre la direction de Trieste et de la mer pour arriver à Grado (…)