Scrivere per amore
Avec cet ouvrage, Françoise Sagan se livre à une audacieuse acrobatie littéraire : elle y mélange le roman et l’essai.
L’exercice se révèle d’autant plus admirable qu’elle retombe invariablement gracieusement sur ses pieds, la tentative stylistique ne nuisant ni à l’équilibre du bouquin, ni au plaisir du lecteur.
Elle ouvre ainsi le premier chapitre par sa propre voix et les réflexions qu’elle se fait à l’idée de reprendre, sur un mode romanesque, des personnages (…)
Articles les plus récents
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« Des Bleus à l’âme » - Françoise Sagan (1972)
9 août, par Sébastien Bourdon -
« Les Belles Images » - Simone de Beauvoir (1966)
8 août, par Sébastien BourdonLe Cœur a ses Raisons
Paris au mitan des années soixante, nous suivons les vicissitudes de Laurence, une jeune femme bourgeoise et libérée, publicitaire, soudainement traversée par les inquiétudes de son sexe et de son temps.
Il est vrai que la situation se complexifie quand s’ouvre le roman. Elle a un mari et un collègue pour amant : ce dernier se plaint qu’elle le délaisse, quand le premier semble tout ignorer des affaires amoureuses de son épouse.
Au même moment, sa mère se fait (…) -
How High the Moon ?
8 août, par Sébastien BourdonIl est arrivé que l’on ne bétonne pas au bord de l’eau, ne cultivant pas nécessairement le concept « oh c’est joli ici si, on construisait des immeubles de trente étages ». C’est ainsi que l’on a fait de ces cabanes de pêcheurs des chalets de bois à deux niveaux, au bord de la longue étendue de sable.
Il y en a même un tout blanc les pieds dans l’eau, celui des secouristes qui portent maillots rouges, lunettes de soleil et talkie-walkie, roulant des mécaniques comme à Malibu (ou pas loin (…) -
Souffles et Murmures
7 août, par Sébastien BourdonIl est arrivé que l’on ne bétonne pas au bord de l’eau, ne cultivant pas nécessairement le concept « oh c’est joli ici si, on construisait des immeubles de trente étages ». C’est ainsi que l’on a fait de ces cabanes de pêcheurs des chalets de bois à deux niveaux, au bord de la longue étendue de sable.
Il y en a même un tout blanc les pieds dans l’eau, celui des secouristes qui portent maillots rouges, lunettes de soleil et talkie-walkie, roulant des mécaniques comme à Malibu (ou pas loin (…) -
« La Métamorphose » - Franz Kafka (1915)
4 août, par Sébastien BourdonMonsters Inc.
Le livre s’ouvre ainsi : « En se réveillant un matin, après des rêves agités, Gregor Samsa se retrouva dans son lit, métamorphosé en un monstrueux insecte. »
Par analogie, la métamorphose peut être définie comme une « modification continue et progressive d’une forme, d’une lumière » (source : Trésor de la Langue Française).
Rien de cela ici, l’événement s’est déjà produit dès la première sentence : le narrateur se découvre bestiole au réveil. Il n’y aura donc pas de (…) -
Vie de Chien
4 août, par Sébastien BourdonSous le présentoir de livres de poche, un chien s’est endormi, fuyant sous cet abri de papier et de bois la chaleur du jour.
La bascule estivale s’est faite, juillet est déjà enfui. Ce fut le mois des incendies et il n’en restera, c’est à souhaiter, pas que la fumée.
On pourrait bouquiner tranquillement au petit-déjeuner « continental », mais il est difficile de ne pas regarder un peu ses semblables, tout juste tombés du lit, se mouvoir autour des victuailles, ici à profusion. (…) -
« Le Miroir Égaré » - Françoise Sagan (1996)
1er août, par Sébastien BourdonAu Théâtre ce Soir
Sybil et François forment un couple solide, ancré dans le milieu théâtral parisien, mais avec la précarité qui sied à cette existence. La jeune femme a achevé de traduire une austère pièce tchèque à l’auteur défunt, et le duo peine à trouver des financements pour la mettre en scène.
Ils rencontrent une certaine Mouna, veuve richissime, qui va devenir la maîtresse de François, celui-ci escomptant éventuellement ainsi sur les deniers de cette dernière pour leur projet (…) -
De Mémoire d’éléphant
31 juillet, par Sébastien BourdonLa ville est accrochée aux pentes, et dans les caniveaux roulent les oranges trop mûres.
Étalées sur des kilomètres les constructions fixées dans la roche laissent parfois proliférer des espaces béants de nature. On s’imagine alors au sein de ces villes lointaines et ignorées, telles Manaus ou Savannah : des lieux ou envers et contre tout, le naturel s’impose, à défaut de revenir au galop.
En 1827, le vice-Roi d’Egypte offrit un éléphant indien à Charles-Félix, Roi de Sardaigne, Prince (…) -
Club di Lettura
31 juillet, par Sébastien BourdonCette nuit, en ville, l’aquilon a ébranlé notre chaumière. La pluie s’est abattue sur la terre et les pierres, une petite heure, comme un soudain et bref soulagement pour tout ce qui vit.
La libraire du bled a eu d’autres vies avant de vendre des livres. Elle s’est organisée ça pour ses vieux jours, dans la petite cité balnéaire, et semble y prendre beaucoup de plaisir, cultivant en ses rayons une exigence littéraire indiscutable.
Seul motif de se plaindre de cette nouvelle vie : son (…) -
« Rosso Sangue - le cinéma italien des années de plomb » de Jean-Francois Rauger
28 juillet, par Sébastien BourdonCinema Inferno
A la fin des années 60 débuta en Italie une flambée de violence aux origines diverses, entre extrême gauche (les Brigades Rouges), mafia et résurgences fascistes d’extrême-droite.
On passa ainsi de 1 700 délits déclarés pour 100 000 habitants en 1969 à deux millions en 1976.
Encore aujourd’hui, nul ne semble capable d’expliquer complètement ce qui s’est passé en Italie à ce moment de son histoire.
Évidemment, ce pays n’étant pas le dernier s’agissant d’expression (…)