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« Un Jour avec mon Père » d’Akinola Davies Jr

dimanche 5 avril 2026, par Sébastien Bourdon

Les Petits Fugitifs

1993, alors qu’une grave crise politique gronde, dans une campagne à quelques encablures de Lagos (Nigeria), deux petits garçons, Olaremi (Chibuike Marvellous Egbo) et Akinola (Godwin Egbo), traînent leur langueur dans la torpeur d’un maison vide.

Les plans de leurs jeux sont parfois zébrés par de brusques déchirures de la pellicule. Des images surgissent, le plus souvent inquiétantes, marquées par la pourriture et la chaleur, comme surgies de visions angoissantes de David Lynch.

Soudain, au cœur du foyer le père réapparaît (Sope Dirisu), fantomatique, et emporte les enfants vers la ville, ayant à y faire, et notamment à y récupérer l’argent de son travail.

Les enfants se réjouissent de partager sa trop rare compagnie, mais la traversée de la cité grouillante au bord de l’implosion se révélera aussi fascinante qu’inquiétante.

La tension, tempérée par la charmante candeur de ces duettistes, est palpable tout du long : les vautours dans le ciel, le surgissement de brusques évocations énigmatiques d’une violence passée ou future, laissent à penser à un drame toujours possible (s’il n’a déjà eu lieu).

Si le film est ainsi à hauteur d’enfants, il est marqué de l’actualité violente de ce moment tragique de l’histoire nigériane, et se teinte d’une forte charge onirique, interrogeant le spectateur sur ce qu’il regarde et sur la temporalité des événements. C’est dans cet exact mélange que se situe l’indéniable originalité de l’œuvre.

Sébastien Bourdon

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