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« Stand by Me » de Rob Reiner (1986)

mardi 7 avril 2026, par Sébastien Bourdon

Enfance de l’écrivain

1959, dans l’Oregon, quatre garçons au carrefour de l’enfance et de l’adolescence passent leur été dans l’indolence de la petite ville de Castle Rock. Il n’y a pas grand chose à faire en ces lieux, mais tel est leur univers, étroit, quand il est pourtant niché au creux de grands espaces.

S’ils n’hésitent à pratiquer entre eux sarcasmes et jeux un peu cruels, l’affection qui les unit est profonde. Entre deux escarmouches, chacun peut s’ouvrir à ses camarades de la souffrance d’avoir un père alcoolique, ou de la mort prématurée d’un grand frère, il sera écouté.

Apprenant incidemment qu’un cadavre aurait été découvert dans la forêt près de la voie ferrée, non sans une certaine curiosité morbide et la vague idée de devenir célèbres, les compères lancent une expédition pour s’inventer en être les découvreurs.

Cette échappée belle dans la nature nouera entre eux plus forts encore leurs liens indéfectibles.

Le film est tiré d’une nouvelle de Stephen King, au titre plus direct - « The Body ». Si la perspective d’un cadavre est peu réjouissante, ce texte se distinguait néanmoins de l’habituelle boutique des horreurs de l’écrivain américain. Pas de fantastique ni de sanguinolent ici, mais la modeste aventure d’un groupe d’enfants, qui confirmera la perspective de l’écriture chez l’un d’eux (Will Wheaton).

Au cœur même du récit, l’auteur en herbe fait même jaillir de son imagination un conte comico-répugnant qu’il raconte à la veillée à ses camarades. Il est certain que King a mis là beaucoup de lui.

Revoir ce film quarante ans après sa sortie produit un indéniable effet nostalgique. Certes, cette atmosphère baignait déjà le film à l’origine, s’agissant d’un homme revenant en récit sur son enfance.

La sensation mélancolique est ici toutefois décuplée tant l’œuvre nous parle d’une Amérique évanouie, celle des années 60, comme celle des années 80.

Ces jeunes garçons, avec leur sincérité et leur sensibilité à fleur de peau semblent, même en l’absence de femmes à l’écran, promettre un monde « déconstruit »… qui n’est finalement pas advenu. C’est plutôt même le contraire qui s’illustre aujourd’hui, une Amérique brutale telle que la revendiquaient les pères lamentables de ces quatre protagonistes.

Enfin, si la narration est parfois un peu sur-signifiante, avec des caractères à la limite de la caricature et un jeu pas toujours subtil, on relèvera, non sans un peu de tristesse supplémentaire, à quel point le trop vite disparu River Phœnix habitait l’écran.

« River Phoenix was so young
Don’t you know your prince has gone ?
 »
The Cult « Sacred Life » (1994)

Sébastien Bourdon

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