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« Maigret et le Mort Amoureux » de Pascal Bonitzer
dimanche 15 mars 2026, par
La Mort lui va si Bien
Alors que ça ronronne gentiment quai des Orfèvres, une urgence tombe sur Maigret (Denis Podalydès) et son équipe : un diplomate à la retraite a été trouvé potron-minet dans son bureau, refroidi de cinq balles.
Le fameux commissaire à la pipe se lance alors dans l’enquête, en commençant par cuisiner la gouvernante, vaguement sourde, mais surtout mutique (Anne Alvaro).
Très vite est révélée aux condés une longue histoire d’amour extra conjugale ayant lié le macchabée plénipotentiaire et la princesse de Vuynes (Dominique Reymond). Or, cette idylle aurait pu enfin se concrétiser officiellement, la dame étant fraîchement veuve joyeuse, si la mort n’avait pas si vite joué un deuxième acte.
Notre brave flic va devoir louvoyer dans un monde aristocratique et diplomatique, où le silence est d’or, pour comprendre les tenants et aboutissants de cet assassinat mystérieux.
Denis Podalydès est décidément un acteur surprenant, même tout en retenue, il ne lui faut pas dix secondes à l’écran pour incarner parfaitement le commissaire parisien le plus connu de la fiction française (et belge).
Il entre dans son bureau, tapote sa pipe et commande un jambon-beurre, et le spectateur oublie toutes les autres incarnations, et entre dans l’intrigue sans plus se poser de question (si ce n’est l’essentielle : qui est l’assassin ?).
Tout le film n’est d’ailleurs constitué que de délicieux numéros d’acteurs, qui jamais ne cabotinent, mais enchantent par une capacité à incarner en quelques courtes saynètes des personnages impeccablement dessinés.
Si la caméra est vive et le film ramassé (1 heure 20), ça n’en fait toutefois pas une œuvre révolutionnaire, ce qui tombe bien, ce ne devait pas être ce qui visait Bonitzer. Cela ronronne plaisamment et avec grâce.
Par pointes fines, le réalisateur rafraîchit le mythique personnage (ainsi de son épouse, incarnée par Irène Jacob), et le commissaire ne semble pas si décalé dans cette contemporanéité qu’il se refuse à intégrer complètement.
Si, à l’instar de Jean Gabin, l’idée de reprendre une nouvelle fois le rôle venait au fameux Sociétaire de la Comédie Française, on y retournera volontiers.
Sébastien Bourdon