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« La Nuit des Morts-vivants » de Georges Romero (1968)

jeudi 20 mai 2021, par Sébastien Bourdon

Zomby Woof

C’est l’histoire d’un groupe de gens qui s’enferment pour ne pas mourir, pouvait-on imaginer meilleure proposition de séance en ce 19 mai 2021, jour de réouverture des cinémas ?

Un frère et une sœur, tout ce qu’il y a de plus young adults wasp des années 60, se rend au cimetière pour déposer une couronne sur la tombe du paternel.

Ils sont soudainement attaqués par un zombie et seule la jeune femme en réchappe. S’ensuit une fuite éperdue vers une maison où elle rejoint quelques humains déboussolés et terrifiés. Ces derniers, sous l’autorité naturelle d’un jeune noir au sang-froid impeccable, vont tenter de se calfeutrer pour échapper à la horde de morts-vivants qui semble avoir décidé de conquérir l’Amérique.

Évidemment, l’effet de surprise de l’invasion zombie est un peu émoussé en 2021, même en pleine pandémie mondiale. Mais on ne peut que constater combien est intact ici le pouvoir des images et le discours - certes très signifiant - qu’elles sous-tendent.

Avec ce premier film, Georges Romero aborde les questionnements brûlants de l’époque de manière symbolique, mais assez claire : la question noire aux Etats-Unis notamment. Le monde d’après des morts-vivants se révèle finalement aussi dangereux pour un noir que le monde des milices blanches et armées. Cette violence réelle ne semble jamais vouloir s’éteindre, comme l’actualité américaine nous le rappelle incessamment.

L’œuvre était ici revisitée en musique (le duo - Joachim Latarjet & Frédéric Fleischer - jouant trombone, basse, guitare et effets électroniques) et cela lui rendait indéniablement service. Les notes jouées servaient efficacement les scènes d’action et de tension, mais savaient aussi se faire subtilement décalées.

L’œuvre était ainsi, et en quelque sorte, augmentée par cette sonorisation nuancée et intelligente qui se colletait comme sans efforts aux images et au propos.

Œuvre fondamentale de la culture pop, le film se prête indéniablement à être bousculé. C’est assez naturel quand on sait qu’il fut si souvent repris, parodié, cité ou copié, parfois par son auteur lui-même.

Sébastien Bourdon

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