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Jean-Paul Belmondo, pour l’éternité

lundi 6 septembre 2021, par Sébastien Bourdon

Je n’avais pas vingt ans quand un jour Jean-Paul Belmondo m’a tenu la porte de sortie d’une salle de sport. Je l’ai regardé un peu intimidé, sans oublier de le remercier. Il portait encore beau à l’époque, c’était avant les accidents de santé qui l’ont vieilli prématurément, sans l’empêcher toutefois de tenir encore longtemps.

A bien y réfléchir, c’est plutôt et surtout la porte d’entrée de la salle de cinéma qu’il m’a tenue, et je n’en suis d’ailleurs ensuite plus jamais ressorti. Il était probablement le bon acteur pour cela : réalisant lui-même ses cascades, il contribuait à réduire la barrière entre réel et fiction.

Belmondo a hélas renoncé un peu tôt au cinéma d’auteur pour se cantonner surtout aux films populaires qui l’ont fait Roi. Il aurait continué à faire les deux que c’eût été aussi bien, car personne ne savait faire ça comme lui.

Son plus beau film est probablement celui qui l’a fait progressivement opérer cette définitive bascule de carrière, la faute à l’insuccès : « La Sirène du Mississipi » (1969). Rarement la mâle virilité n’aura semblé sur l’écran aussi désemparée face au sentiment amoureux, et c’est évidemment Truffaut qui allait l’emmener sur ces terres qu’il ne foulerait plus ensuite.

Belmondo (Louis Mahé) y rappelle une vérité essentielle sur l’amour, donnant une leçon de vie bien plus utile que de savoir courir sur le toit du métro : « c’est une joie et une souffrance ».

Clap de fin (et merci pour tout).

Sébastien Bourdon

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