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FASE Four Movements to the Music of Steve Reich - Espace 1789, le 13 décembre 2019

samedi 14 décembre 2019, par Sébastien Bourdon

Time is of the Essence

Bravant les frimas et la grève, c’est en masse que l’audonien - coeur fidèle - est venu assurer une deuxième soirée sold-out consécutive à une chorégraphie souvent décrite comme une pierre angulaire de la danse contemporaine (présentée pour la première fois en 1982 à Bruxelles).

Pas spécialiste de la question, mais curieux de la chose, me voilà sur le point de plonger durant à peine plus d’une heure dans de sacrées circonvolutions corporelles.

Deux jeunes femmes mènent la danse (Yuika Hashimoto et Laura Maria Poletti). La chorégraphie est de Anne Teresa De Keersmaeker, sur une musique de Steve Reich. Le décor est le plus souvent minimaliste, seuls de subtils effets d’ombre et de lumière sont notables et particulièrement réussis.

Si le spectacle nous emporte, ce n’est toutefois pas forcément pour nous emmener en des territoires éthérés et oniriques. Si l’on résume, la musique minimaliste et répétitive de Reich crée des boucles au sein desquelles les danseuses semblent répéter inlassablement les mêmes mouvements.

Les pas ne sont pas nécessairement gracieux car parfois plus proches de la secousse que de l’entrechat. Il y a même comme une forme de violence dans ces déplacements scéniques rapides et hypnotiques.

La musique lancinante - parfois jusqu’à devenir simple boucle sonore (« Come Out ») - et ces mouvements permanents donnent l’illusion d’un immobilisme dans la répétition, quand en réalité, les corps se déplacent sans cesse dans l’espace et dans le temps, en cercle ou en ligne droite, se trouvant tout à coup ailleurs, comme par miracle.

Pour le béotien, il n’était pas exclu de pouvoir se demander ponctuellement si ce qu’on nous donnait à voir était absolument génial ou complètement chiant.

Mais à la sortie, pas de doute possible, et l’enthousiasme partagé des spectateurs le confirmait, il s’agissait de quelque chose de chimiquement pur et techniquement parfait. On reconnaît en tout art ceux qui dominent : ils apprennent tous les codes pour ensuite les briser et suivre leur propre chemin.

Sébastien Bourdon

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