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« Dark Waters » de Todd Haynes

samedi 21 mars 2020, par Sébastien Bourdon

Chemical Warfare

1999, Robert Bilott (Mark Ruffalo), la quarantaine rondouillarde et neurasthénique, vient tout juste de voir saluées par une association ses années de collaboration laborieuse au sein d’un gros cabinet d’avocats de Cincinnati spécialisé dans la défense des gros bonnets de l’industrie chimique. Il a une très belle femme (Anne Hathaway), des enfants présents et à venir, c’est un garçon travailleur et intégré, promis à une existence laborieuse mais confortable.

Un jour, débarque au cabinet un type qui se trouve être éleveur de bovins et qui s’effraie de l’hécatombe qui frappe son troupeau. Toutes ses bêtes meurent et il est convaincu que c’est le fait d’une pollution insidieuse sur les terres alentours.

Le plus souvent occupé à défendre le grand capital, notre homme de loi commence par refuser le dossier, puis piqué par la curiosité et sensible à la détresse de ce brave homme, il se lance à corps perdu dans une quête qui révèlera un scandale mondial (après avoir vu le film, vous ne regarderez plus jamais votre poêle à frire de la même manière).

Très typique d’un genre cinématographique américain, le film se veut une charge dénonciatrice, et ne manque aucune des étapes obligées. De la prise de conscience à la nécessité de convaincre un monde incrédule, notre intrépide avocat neurasthénique fait sur l’écran la boucle complète.

Si la mise en scène se révèle ainsi un peu prévisible, le film s’illustre quand même par quelques traits saillants qui en font toute la saveur.

Tout d’abord, son interprète principal, Mark Ruffalo, campant à la perfection un avocat aussi lymphatique que déterminé. On a rarement vu cette profession aussi bien incarnée, et par un homme aussi tenace que fragile.

Ensuite, la photographie, privilégiant toujours les tons gris, est particulièrement remarquable, ancrant le film dans le ton et le propos du réalisateur.

Le rappel de crimes écologiques commis par de grandes entreprises n’appelle plus l’atmosphère drôle et sexy d’un film comme « Erin Brockovich  » (Steven Soderbergh - 2000). Vingt ans plus tard, comme le rappelle cruellement le film, les citoyens doivent continuer à ne compter que sur eux-mêmes, sans relâche.

Au regard de la pertinence du propos, on pardonnera à Todd Haynes certaines longueurs et quelques inutiles passages lénifiants.

Sébastien Bourdon

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