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Avé Césars

samedi 13 mars 2021, par Sébastien Bourdon

Avé Césars (2021)

Ma dernière séance, c’était « Adieu les Cons » d’Albert Dupontel, film au titre prophétique, mais fable punk autoproclamée qui laissait plus un parfum d’agréable Panaché que de Kro tiède.

Vendredi 12 mars, la séquence Corinne Masiero, nue et ensanglantée aux Césars pour incarner le sort fait à la culture : ça pour le coup, c’était hardcore.

Mais parlons palmarès 2020, je suis plus à l’aise sur ce sujet que sur la Ligue des Champions (tous les films évoqués ci-après ont fait l’objet de chroniques par mes soins sur ces pages).

Mon propos en exergue était de relever que même pour saluer la terrible année passée, ça fait beaucoup d’honneurs pour Albert Dupontel, tout seigneur soit-il (sept récompenses, dont le César du second rôle, parfaitement usurpé tant l’acteur est pénible).

En revanche, le César de la meilleure actrice attribué à Laure Calamy me semble totalement justifié tant elle fut exceptionnelle en Antoinette escortant son âne dans les Cévennes (ou l’inverse, ça dépend des moments dans le film). Cette fille mange l’écran, j’en suis convaincu depuis « Un Monde sans Femmes  » (Guillaume Brach - 2012).

De la même manière, le chef d’œuvre «  Adolescentes » (Sébastien Lifshitz) méritait d’être salué comme documentaire de l’année, même s’il fait tellement œuvre de cinéma que meilleur film lui eût allé tout aussi bien.

La comédie française la plus intelligente de 2020, chronique acerbe et drôle de l’époque - « Tout Simplement Noir » - ne repart qu’avec le César du meilleur espoir masculin, mais dans la mesure où Jean-Pascal Zadi l’a aussi réalisée, le symbole, aussi juste que nécessaire, est là.

Le marivaudage sentimental, sorte de clé de voûte du cinéma français - c’est dit sans animosité, j’adore ça - a également été primé : Émilie Dequenne est repartie avec le César de la meilleure actrice dans un second rôle (et elle ne l’a pas volé, tant elle est incroyable dans « Les Choses qu’on Dit, les Choses qu’on Fait » d’Emmanuel Mouret).

Pour finir d’évoquer les choses vues en salles, le très beau film d’animation « Josep » ne me semble pas avoir usurpé son titre, bien au contraire.

Enfin, parlons du manque et de la frustration inévitablement ressentis, pour peu qu’on goûte un peu les salles obscures. « Drunk » a obtenu le César du meilleur film étranger (Thomas Vinterberg). C’est sur ce film manqué du fait de la fermeture que s’est achevée mon année de spectateur, quand la suivante ne s’est d’ailleurs toujours pas rouverte. Rien que d’en entendre parler me provoque un pincement au cœur, tant être privé de cinéma comme un enfant pas sage me semble cruel, encore et toujours.

Être là et en même temps ailleurs, s’évader ou porter un regard différent sur nos conditions, et bien d’autres choses encore, voilà ce qu’offre l’expérience presque fœtale de la salle de cinéma, expérience qui resterait donc à ce jour, « non-essentielle » (photographie par mes soins : espace 1789 Saint-Ouen).

Sébastien Bourdon

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