"Il a déjà tes yeux" de Lucien Jean-Baptiste
Emmener ses enfants au cinéma, surtout quand ils sont d’âges de de tailles variables, suppose, en parent raisonnable, d’opérer une sélection préalable de ce qu’il leur sera donné à voir.
Pour cela, il y a déjà belle lurette, on a inventé la presse écrite, et plus récemment un robinet à images qui bougent, YouTube, qui permet de visionner ne serait-ce que les bande-annonces. Pour se faire une idée n’est-ce pas.
Sur un coup de tête ou un coup (…)
Cinéma
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L’Ordre des Choses
18 février 2017, par Sébastien Bourdon -
« Blow Out » de Brian De Palma (1981)
22 janvier 2017, par Sébastien BourdonLe Cri
Trente-cinq années plus tard, l’effet de surprise est passé, et rares sont les spectateurs qui ne comprennent pas que l’ouverture, en forme de film d’horreur un peu calamiteux et très librement inspiré du « Halloween » de Carpenter, n’est rien d’autre qu’une première mise en abyme, un film dans le film.
L’actrice qui s’apprête à être ici massacrée sous la douche (l’évident bonjour au « Psychose » d’Alfred) a de très jolis seins mais un hurlement calamiteux. La fiction bâclée ne (…) -
Love Poem
8 janvier 2017, par Sébastien Bourdon« Paterson » de Jim Jarmusch
C’est l’histoire d’un type qui s’appelle Paterson, qui vit dans la ville de Paterson (New Jersey), cité dans laquelle il exerce sereinement les nobles fonctions de chauffeur de bus.
De cette activité, qu’il exerce de manière contemplative mais attentive, il tire la substance de poèmes en prose qui alimentent un petit cahier, ainsi rempli de son écriture fine et serrée. Ses journées passées derrière le volant, mais aussi ses promenades avec son chien, ou ses (…) -
« Wake in Fright » de Ted Kotcheff (1971)
3 janvier 2017, par Sébastien BourdonL’Etre et le Néant
Le cinéaste danois Nicolas Winding Refn, grand admirateur de cette œuvre, la décrit comme le plus grand film existentialiste jamais tourné.
Un professeur d’école, John Grant (Gary Bond), contraint par l’Etat australien à exercer au fin fond de l’outback (arrière-pays aride), prend quelques jours de vacances à Noël et se retrouve plongé dans la violence ordinaire de ces contrées perdues.
Dans ce monde qu’il ne connaît pas, face à des événements qui, s’ils lui (…) -
"Rogue One : A Star Wars Story" de Gareth Edwards
29 décembre 2016, par Sébastien BourdonVive les Femmes !
La Princesse Leia (Carrie Fisher) est morte le 27 décembre, le même jour que l’astrophysicienne Vera Rubin, spécialiste de la rotation des galaxies et de la théorie de la matière noire. On connaissait évidemment mieux le deux pièces doré porté par Leia Organa dans "Le Retour du Jedi" (1983) que les travaux scientifiques de l’astrophysicienne, mais ces disparitions simultanées laissent à penser à une jolie, mais ultime, pirouette intergalactique.
Mais dans cette (…) -
"Sully" de Clint Eastwood
15 décembre 2016, par Sébastien BourdonNo One Dies Today
Ce qui doit évidemment frapper le spectateur à la vision de ce film, c’est la frontière probable qui existe entre le Clint Eastwood citoyen, aux prises de positions parfois discutables, et le Clint Eastwood cinéaste (et être humain). C’est évidemment ce dernier qu’il faut retenir, qui restera pour la postérité, et dont les œuvres expriment la pleine réalité de sa pensée, profonde et grave.
Les derniers des classiques sont les premiers des modernes et il semble que cet (…) -
« Masculin/Féminin » de Jean-Luc Godard (1966)
7 décembre 2016, par Sébastien BourdonLa Tendresse
Jean-Pierre Léaud aurait, selon François Truffaut, souffert durant ce tournage, et il est vrai que, dès la première scène, attablé et fumant compulsivement, on le sent tendu. Le film est d’ailleurs globalement nerveux, épousant les humeurs de ces jeunes à la recherche d’eux-mêmes, durant ce que l’on appelle parfois dans un étrange élan d’optimisme, « l’âge des possibles ».
Le montage est haché et brusque, si l’on semble suivre une chronologie, cette dernière est parfois (…) -
« Ma Vie de Courgette » de Claude Barras
15 novembre 2016, par Sébastien BourdonLes Joies de l’Orphelinat
Le placement en foyer d’un petit orphelin, après le décès de sa mère alcoolique, filmé par la technique dite de « l’animation en volume » (« stop motion »), il fallait oser. Mais au bout du compte, n’est-ce pas la meilleure solution, narrer un tel désarroi avec un léger décalage esthétique et poétique qui rend la chose supportable sans pour autant jamais masquer la réalité des souffrances ainsi exposées ?
Icare, qui souhaite qu’on l’appelle Courgette, au père (…) -
"Kes" de Ken Loach (1969)
12 novembre 2016, par Sébastien BourdonConte Cruel
Le corps maigre et les yeux bleus de Billy Casper (David Bradley) vous happent dès la première apparition à l’écran, au réveil de l’enfant. Cette sonnerie matinale qui marque le départ de la course du petit garçon mal peigné.
Casper coule des journées plus ou moins tranquilles dans un Yorkshire ouvrier où s’élèvent sur le vert gazon anglais les sommets noirs des terrils.
Pas de père, un grand frère peu affectueux et querelleur, une mère occupée à subsister et à trouver un (…) -
« Aquarius » de Kleber Mendoça Filha
25 octobre 2016, par Sébastien BourdonLa Vieille Dame Indigne
Le générique du film, fait de photographies en noir et blanc de bord de mer (Recife, où se déroulera l’action), défilant sur fond de musique brésilienne subtile (« Hoje » de Taiguara), vous saisit immédiatement. Et puis, une bande de jeunes en 1980 découvre en voiture dans la nuit sur la plage « Another One Bites The Dust » (Queen), nous donnant l’illusion de l’entendre nous aussi pour la première fois.
On entre donc dans le film par la musique, qui va nous (…)