Accueil > Francais > Cinéma > « La Grazia » de Paolo Sorrentino

« La Grazia » de Paolo Sorrentino

samedi 11 juillet 2026, par Sébastien Bourdon

Di chi sono le nostre vite

Les derniers jours du Président Mariano de Santis (Toni Servillio) dans sa fonction pourraient être paisibles, mais on l’attend au tournant sur trois décisions lourdes pour l’ancien juriste catholique qu’il est : deux grâces à éventuellement accorder dans des affaires de meurtre, et la promulgation d’une loi sur l’euthanasie.

Ces questions aussi politiques qu’existentielles vont remuer un homme d’apparence calme et réfléchie, l’amenant à se confronter à ses principes, et à faire presque inconsciemment le bilan d’une vie et de ses fantômes.

Le film vous cueille au départ avec une certaine efficacité, l’élégante manière de filmer, le ton doux-amer et l’impeccable Toni Servillio.

Et puis, la lenteur du film commence à ressembler à de la lourdeur, les dialogues virent au mièvre et les péripéties ne s’incarnent pas vraiment à l’écran.

Film sur un juriste auquel se posent de sérieux problèmes décisionnels et des interrogations morales, le cinéaste se cantonne à un survol du sujet, usant et abusant d’images et de métaphores, sans se poser finalement plus de questions.

Et puis à vouloir sans cesse faire beau à l’image, à se regarder filmer en alternant la tentation de la jouer comme Fellini ou Melville, jusqu’à la caricature de son propre style, Sorrentino en oublierait presque de faire du cinéma pour en produire une parodie.

Sébastien Bourdon

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par les responsables.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.