Le Bois et le Fer
Ami lecteur, si tu existes, il ne t’échappera pas que la vision sur grand écran d’un film de Truffaut par un dimanche après-midi pluvieux était à même de mettre dans un état proche de la béatitude. Si l’on excepte les soubresauts agacés d’un grognon qui s’offusquait, avant même que le film ne commence, de la modeste agitation des bambins nous accompagnant (cinq enfants, qui se sont par ailleurs fort bien tenus), le plaisir fût à la hauteur des attentes.
Et quel film ! (…)
Cinéma
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« Les 400 Coups » de François Truffaut (1959)
7 décembre 2011, par Sébastien Bourdon -
13 trois quart, c’est pas 14
18 novembre 2011, par Sébastien BourdonAlors que la France entière semble se ruer dans les salles obscures pour, une fois encore, se voir et se croire telle qu’elle n’est pas (« Les Intouchables », tout est dans le titre), laissez-moi vous écrire quelques lignes pour vous recommander un petit chef d’œuvre qui vous distraira peut-être du chemin des masses avides de « distraction ».
Quittons donc notre beau pays pour la Belgique, pays que filme Bouli Lanners comme s’il s’agissait d’un grand espace vierge, une Amérique, un Far (…) -
Sapristi
15 novembre 2011, par Sébastien BourdonAutant le préciser tout de suite, dès le début, je suis tintinophile depuis tout petit. Pas acharné, mais je suis quand même du genre à me pâmer devant une édition originale de « Tintin au Tibet » et j’ai de nombreux ouvrages de et sur Hergé dont j’espère qu’ils seront un jour rares (et chers). Bref, l’association Spielberg et Hergé ne pouvait qu’éveiller ma curiosité (et celle de ma progéniture).
Le film ayant fait l’objet d’un intense matraquage publicitaire, avant même de s’asseoir (…) -
Strangely attractive
24 octobre 2011, par Sébastien BourdonUne fois n’est pas coutume, le ciné-club mensuel nous a offert un film mineur d’un réalisateur majeur. Car, ne l’oublions pas, le réalisateur Howard Hawks savait tout faire avec brio, de la comédie (de la « screwball comedy » pour être précis, avec « L’impossible Monsieur Bébé » ou « La Dame du Vendredi »), au western (« La Captive aux Yeux Clairs », « Rio Bravo »), en passant par le film noir (« Le Grand Sommeil »), sans oublier le cinéma fantastique (« La Chose d’un Autre Monde »), le (…)
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With pleasure
9 octobre 2011, par Sébastien BourdonUn film muet en noir et blanc, en 2011, au temps glorieux de la 3 D et du numérique ? Et pourquoi pas finalement, ce n’est pas parce que Gutenberg a inventé l’imprimerie qu’il fallait arrêter les enluminures (et ai-je arrêté le vélo alors que voilà belle lurette que la voiture a été inventée ?) !
Le « progrès » et sa marche forcée n’impliquent pas nécessairement l’abandon d’un support, surtout s’il est beau. C’est vraisemblablement ce raisonnement qui a amené un cinéaste maniaque du (…) -
« La guerre est déclarée » de Valérie Donzelli
15 septembre 2011, par Sébastien BourdonGreat expectations
C’est un film d’action, une guerre se mène par le mouvement, si on s’arrête, on meurt, comme un Poilu coincé dans sa tranchée. L’agitation permanente du couple renvoie parfaitement à cette image de résistance par l’action. On court, on bouge, on parle, on se bat. C’est ainsi que même la longue attente devant une salle d’opération ne saurait être immobile. L’angoisse investit le corps, lui imprimant une gestuelle parfois désordonnée. Et puis, de temps en temps, on (…) -
Bride of dishonour
19 août 2011, par Sébastien BourdonEn France, on confie la distribution des films produits par Judd Apatow à des gougnafiers qui laissent croire au public qu’il s’agit de grosses farces vulgaires comme l’Amérique a pu nous en abreuver par tonnes de pellicule (« American Pie » ?).
On leur donne un titre imbécile et on en massacre le doublage. Bilan : les gens continuent à préférer les films avec Kad Merad (acteur extrêmement pratique, s’il joue dans un film, on peut être certain que c’est très mauvais et économiser ainsi (…) -
« Une Séparation » de Asghar Farhadi
17 août 2011, par Sébastien BourdonComment peut-on être persan ?
A quoi sert le cinéma ? Probablement à mieux appréhender le monde. En quittant la salle obscure, au-delà de la satisfaction d’avoir vu un film passionnant, on conserve l’impression d’avoir voyagé à Téhéran et de s’être fait une idée de ce pays et des gens qui y vivent. En effet, au-delà de la parfaite maîtrise de son scenario, malgré la censure, le cinéaste Asghar Farhadi nous donne une vision de l’Iran dont il n’est pas interdit de penser qu’elle est proche (…) -
« Super 8 » de J. J. Abrams
12 août 2011, par Sébastien BourdonBad things happen, but you can still live
On peut avoir peur de l’eau pendant des années avec la seule affiche des « Dents de la Mer » (1975), ou se souvenir pour l’éternité de la séance qui vous a fait découvrir « Indiana Jones » (1981) au cinéma, et ne rien oublier de ce film, des trésors enfouis aux serpents qui les gardent.
J.J. Abrams, fort de la même expérience rétinienne, en est devenu cinéaste. Plus jeune que son mentor, avec une expérience différente, il colle à l’époque en (…) -
Agnus Dei
8 juillet 2011, par Sébastien BourdonEn m’asseyant dans la salle, seul, attendant ma dulcinée, je me suis dit que je bavarderai bien avec mes voisins, pour passer le temps. Et puis tout à coup, j’ai réalisé que la vie n’est pas un concert de metal et que les humains, quand ils ne se connaissent pas, ne se parlent pas.
J’avais beaucoup hésité à aller voir ce film, me disant que cela pouvait être aussi bien un chef d’œuvre qu’un pensum écolo-new age. Pire encore, il pouvait s’agir d’une célébration à peine déguisée de la foi (…)