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« Ma Femme s’appelle Reviens » de Patrice Leconte (1981)
jeudi 27 août 2026, par
Tout et son Contraire
Des nombreux films plus ou moins issus de la bande dite du Splendid - au complet ou éparpillée - tous n’ont pas présenté de qualités équivalentes, et certains ont probablement mal vieilli.
La curiosité - qui n’est surtout pas en matière cinéphile un vilain défaut - peut néanmoins permettre d’inattendues redécouvertes, d’autant plus surprenantes en l’espèce que le titre produit ici un effet repoussoir. On ne sait qui en est à l’origine tant il est vulgaire et sans lien avec le scénario, mais il est certain qu’il serait dommage de s’y arrêter.
Bernard (Michel Blanc), médecin généraliste est sur le point d’aborder le passage de la trentaine lorsque sa femme le quitte brusquement, après cinq ans de vie commune.
L’évènement le déstabilise sérieusement, et il ne sait comment redonner du souffle à son existence, cette dernière ayant jusqu’alors largement reposé sur cette idylle, probablement la seule qu’il ait réellement par ailleurs connue.
La nature ayant horreur du vide, surtout dans les grandes villes, il croise des femmes, plus ou moins paumées dans la valse de leurs sentiments, et nouent avec elles des embryons de relations complexes (Anémone, en voisine aussi névrosée que libérée).
Rien n’est clair, ce qui se joue dans les cœurs et les corps reste à éclaircir et la liberté n’est pas nécessairement un chemin lumineux.
Avec beaucoup de finesse et un humour sensible, le film aborde sous diverses formes la difficulté d’être et d’aimer chez nos semblables.
On relèvera que jeune déjà, Michel Blanc faisait montre d’une grande maîtrise de jeu et d’une indéniable capacité à sortir d’un personnage dans lequel on tenta souvent de l’enfermer (le scénario présent - un type qui galère quand même un peu avec les filles - présentant à ce titre un aspect indéniablement risqué).
Le film a pris quand même un petit coup de vieux sur un détail qui n’en serait plus un : l’idylle nouée avec une audacieuse jeune fille de Terminale à Henri IV (Pascale Rocard). Si subtilement développé que cela soit ici, on imagine à juste titre les complications qu’il y aurait à glisser une telle péripétie dans un film aujourd’hui.
Reste un gag, involontaire avec le recul : une courte apparition d’un très jeune Patrick Bruel, se gaussant du « vieux » Michel Blanc de 29 ans et de son attirance pour une jeune fille de 18 ans.
Sébastien Bourdon