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« La Bataille de Gaulle - L’âge de Fer » d’Antonin Baudry

lundi 31 août 2026, par Sébastien Bourdon

À la guerre comme à la guerre

Juin 1940, la France est à terre, accablée par « l’étrange défaite ». Pétain ajoute au désastre le déshonneur en livrant le pays au Führer, l’horizon est pour le moins bouché et désespéré.

Un irrésistible gaulois décide - il a le patronyme pour - qu’il incarne la France (contrairement aux fantoches du nouveau pouvoir) qu’il va en partant de plus rien ou presque, restituer à la Nation défaite une certaine idée de sa grandeur.

De Gaulle part à Londres, et face à des anglais sidérés ou exaspérés, bravache jusqu’à l’absurde ou au ridicule, il affirme que l’on devra contre toute évidence compter encore sur son pays.

L’histoire, la grande en l’occurrence, est connue, tellement d’ailleurs qu’on ne s’est guère risqué à l’adapter sur grand écran, du moins jusqu’à ce film.

Il y avait là tout les ingrédients nécessaires à un naufrage - cinématographique car pour le reste, la suite a plutôt donné raison au grand homme : un genre honni, le biopic donc (même si réduit ici aux années de guerre), restituant la grandiloquence d’un homme au carrefour de sa destinée, avec force musique et effets narratifs grossiers, sans même évoquer les reconstitutions de décors numériques particulièrement moches.

Et pourtant, ça marche, même les choses un peu grossières ou potentiellement indigestes finissent par passer crème.

Ceux qui attendraient un film de guerre n’en auront en revanche pas complètement pour leur argent. Antonin Baudry voulait reprendre le monopole du genre aux américains, et il en a fait un produit assez hexagonal : à l’exception de la bataille de Bir-Hakeim, littéralement haletante et effrayante, on voit à l’écran surtout des gens qui causent (et c’est passionnant).

Quand bien même es situations sont parfois téléphonées, le film parvient à mettre les mains dans le cambouis. L’urgence, la gravité, la peur, et même la drôlerie de certaines situations, tout s’imprime immédiatement chez le spectateur, lui interdisant tout décrochage, si longue soit l’affaire.

Cela tient probablement beaucoup au casting, remarquable, Simon Abkarian en tête évidemment (sans lui rien ne serait possible, mais il ne faudrait pas oublier Benoit Magimel entre autres, lui aussi littéralement habité par son incarnation du Maréchal Koenig).

Évidemment, on n’est pas forcément obligé d’adhérer à l’idée d’un pays qui ne pourrait se refaire que dans le sang et les balles, mais pour ce qui est de la rencontre d’un homme et d’un destin, on peinerait à redire au spectacle le racontant ici. Vivement la deuxième partie.

Sébastien Bourdon

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