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« L’amie Américaine » de Serge Toubiana

samedi 9 mai 2020, par Sébastien Bourdon

Après avoir co-écrit avec Antoine de Baecque voilà quelques années l’ultime biographie de François Truffaut, Serge Toubiana a eu la délicate idée de faire de même pour l’une des plus fidèles complices du réalisateur, son « amie américaine », Helen Scott.

La première fois que Truffaut a débarqué à New York en 1960, bilingue et admirative des « 400 Coups  », elle est envoyée par le French Film Office pour aller le chercher à l’aéroport. C’est alors pour elle le « love at first sight », comme le disent si joliment les anglo-saxons.

Le jeune réalisateur, d’un naturel réservé, est un peu décontenancé par cette femme au physique envahissant et à l’affection débordante, d’autant qu’elle décidera unilatéralement qu’elle sera sa plus fidèle alliée et son amie pour la vie.

Truffaut compartimentait tout et voilà que cette femme décide de tout savoir, de sa vie intellectuelle et sentimentale, sans fausse pudeur, de manière aussi dévorante que caustique. Elle lui écrit des lettres, « dix par jour », comme le chanterait Michel Jonasz, et cette complicité professionnelle et amicale ne cessera qu’avec la disparition prématurée de François Truffaut en octobre 1984.

Helen Scott ne lui survivra d’ailleurs guère : plus âgée, de santé fragile, mais surtout dévastée par la tristesse, elle meurt à Paris en février 1987.

On ne saurait pourtant résumer l’existence de cette femme extraordinaire à cette seule amitié, certes exceptionnelle et intellectuellement fructueuse (elle a ainsi et notamment porté le livre « Hitchcock - Truffaut  », y travaillant dès l’origine et faisant office d’interprète durant les entretiens entre les deux hommes).

Militante communiste, américaine médaillée en France pour ses faits de résistance, sténotypiste à Nuremberg, amie d’Hitchcock comme de Bill Murray ou Roberto Rosselini, cette femme qui a couru toute sa vie après les passions humaines et intellectuelles méritait largement les lignes qui lui sont ici consacrées. Le livre est ainsi vite dévoré et l’on se retrouve en refermant l’ouvrage aussi orphelin d’Helen qu’on l’était déjà de François.

Sébastien Bourdon

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