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10 mai 1981

samedi 15 mai 2021, par Sébastien Bourdon

Le 10 mai 1981 a quarante ans. Comme beaucoup, difficile d’oublier ce soir où sur la télé a surgi le motif pixelisé du visage du nouveau Président de la République, François Mitterrand.

De mon côté de l’écran, dans ma famille, je m’en souviens comme d’une immense joie. On ne s’intéressait pas au foot, c’est donc resté dans ma tête comme ce qui pouvait le plus ressembler à l’enthousiasme sur canapé au moment où le ballon entre dans les cages.

L’événement, la manière dont il était vécu, à la maison comme à l’école, a ancré en moi l’idée de l’espoir dans la politique et de ce qu’il puisse être récompensé (j’avais dans ma chambre, il est vrai, le poster de « La Force Tranquille »).

Impossible de ne pas ressentir une nostalgie, c’était l’enfance, et en plus on avait gagné un ticket pour un monde meilleur. Chacun se fera son idée de ce qu’il est ensuite advenu et se réservera son droit d’inventaire.

Pour ma part, je retiens surtout cette impression - peut-être naïve ou faussée - d’être gouverné à l’époque par des gens un peu plus sérieux, un peu plus impliqués, un peu plus convaincus. Appelons ça le sens de l’Etat ou le souci de l’intérêt public.

On me parlera sans doute de casseroles, de scandales divers, de trahisons, de retournements de veste jusqu’à découdre le costume... N’empêche, la vie politique avait plus de gueule et suscitait parfois même de fols espoirs.

Aujourd’hui, alors que l’on a sérieusement besoin de s’atteler au sort du monde, de la rue en bas de chez moi jusqu’au permafrost de l’Arctique, au regard des forces en présence, j’oscille plutôt entre inquiétude galopante et mélancolie grandissante (ou l’inverse).

Sébastien Bourdon

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