Mirages de l’existence
Dans un monde qui ressemble furieusement à un jeu vidéo old school, un type (Alain Chabat) va en voir un autre (Jonathan Coen) pour lui dire qu’il a accumulé suffisamment de preuves pour affirmer que rien de ce qui les entoure n’est réel.
Le début du film consistant en une promenade explicative de cette assertion est assez réjouissant, Dupieux faisant montre de son habituelle virtuosité intellectuelle et visuelle.
Cela l’est d’autant plus que le film est à la (…)
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« Le Vertige » de Quentin Dupieux
27 juin, par Sébastien Bourdon -
Sens de l’Histoire
26 juin, par Sébastien BourdonLa chaleur frappe le pays pour la deuxième fois consécutive de l’année, avec une violence encore renouvelée, accélérant la sensation de délitement progressif.
Les appareils électroniques chauffent plus que de raison, les trains s’arrêtent parce que les rails ramollissent, les services de l’Ordre des avocats ont planté et même une panne d’électricité peut interrompre une heure un concert d’Iron Maiden.
Au Palais de Justice de Sens, autorisation était donnée de ne point porter la robe. A 9 (…) -
« L’abandon » de Vincent Garenq
24 juin, par Sébastien BourdonL’engrenage
Le film retrace les onze jours qui ont précédé l’assassinat de Samuel Paty : on ne saura donc guère comment il vécut, et si l’on sait trop comment il est mort, le film traite cette fin atroce par l’ellipse (ne glaçant pas moins le spectateur).
Si l’on excepte en ouverture un texte - inventé de Samuel Paty (Antoine Reinartz) - en voix off, vraie faute de goût, le reste du film est d’une sobriété exemplaire.
On pouvait craindre le pire, ne serait-ce que parce que (…) -
Hellfest 2026
22 juin, par Sébastien BourdonJeudi 18 juin 2026
Brutal Planet
Dans le train de l’enfer qui quitte Montparnasse, un type regarde paisiblement « Les Demoiselles de Rochefort » sur son téléphone. Il n’est pas improbable d’imaginer que dans à peine une poignée d’heures, il sera à Clisson contre la barrière pour écouter Satanic Surfers ou Rivers of Nihil.
Il est 17 heures 30 et sur le site du Hellfest la température ressentie est celle d’une éruption martienne, au bas mot.
Elder, avant d’investir la Valley, fait (…) -
« Shana » de Lila Pinell
17 juin, par Sébastien BourdonRiot Girl
On ne sait pas tout de suite pourquoi, mais Shana (Eva Huault) ne semble pas tout à fait à sa place dans sa famille. Juifs de classe moyenne, soucieux d’un respect convivial des traditions, elle surgit là-dedans maquillée comme une voiture volée, avec une gouaille qui peut virer à la soudaine colère, comme si une injustice subie de longue date ne demandait qu’à être rappelée à l’assemblée familiale réunie.
Ce qui a été brisé, on le comprendra plus tard, le film se risquant (…) -
« The Boys of Dungeon Lane » de Paul Mc Cartney
15 juin, par Sébastien BourdonIn my Life
En 1967, pas franchement hier donc, Paul Mc Cartney s’inquiétait de ce que ce qu’on aurait toujours besoin de lui, de ce qu’on le nourrirait encore, lorsqu’il atteindrait 64 ans (« When I’m 64 »).
Il a aujourd’hui 83 ans, et la question reste pertinente puisque persistant à produire encore et toujours de nouveaux disques, on est en droit de se demander s’ils lui sont éventuellement nécessaires, comme à nous.
S’agissant de l’artiste, il n’a évidemment plus grand chose à (…) -
« Le Feu que tu portes en Toi » d’Antonio Franchini
13 juin, par Sébastien BourdonMater Dolorosa
En ces temps où l’on abat les figures patriarcales, voilà un bouquin qui prend clairement la tangente. En effet, à longueur de pages, Franchini dézingue sa mère, dragon qui aura hanté son existence, et auprès de laquelle aucune tranquillité n’était envisageable.
Angela est un monstre, il n’y a pas d’ambiguïtés sur la description faite d’elle par l’auteur : éruptive, volcanique, aussi physiquement envahissante qu’étroite d’esprit, napolitaine dans ce que la ville peut (…) -
« Autofiction » de Pedro Almodovar
11 juin, par Sébastien BourdonFusion-absorption
De nos jours, Raùl, un réalisateur en panne d’inspiration (Leonardo Sbaraglia), imagine vingt ans en arrière une réalisatrice, Elsa (Bárbara Lennie) - également en panne d’inspiration - cette dernière décidant de piocher sans vergogne dans la vie de ses proches pour y trouver matière filmique.
Évidemment, et le titre français du film semble le confirmer, en grand ordonnateur du tout, il y a un autre réalisateur aux mêmes méthodes et angoisses, Pedro Almodovar lui-même. (…) -
« Sans Toit ni Loi » d’Agnès Varda (1985)
10 juin, par Sébastien BourdonClocharde Céleste
Pas de suspense, le film s’ouvre ou presque sur le cadavre de l’héroïne, Mona (Sandrine Bonnaire), gisant au bord d’un champ dans un hiver humide et froid.
Agnès Varda se fait alors ici reporter, en voix off d’abord, alors que Mona s’extrait nue de l’océan, telle une Vénus boticellienne, avant de remettre ses oripeaux sales et de poursuivre son errance.
La caméra de la réalisatrice part rencontrer tous ceux qui ont croisé la défunte dans les semaines ayant précédé le (…) -
Agnès Varda, une tentative d’introduction
8 juin, par Sébastien BourdonA propos du film « Sans Toit ni Loi » (1985)
Née en Belgique en 1928, décédée à Paris en 2019, cinéaste, photographe et plasticienne, Agnès Varda a en soixante-cinq ans de cinéma réalisé une trentaine de films courts et longs, obtenu des tas de prix, et était quasi devenue à la fin de sa vie, en sus de ses divers talents, une figure de la pop-culture.
A l’hiver 2023 – 2024, la Cinémathèque Française avait consacré une exposition à la cinéaste (« Viva Varda ») et la communication faite à (…)