« C’est en me prenant pour un génie que j’en suis devenu un », ainsi énonçait Salvador Dali sa méthode - Coué - sur les ondes radiophoniques françaises en 1953.
On ne saurait blâmer qui que ce soit de réduire l’artiste à une caricature de lui-même, surtout s’il s’y est employé toute son existence, sans doute par goût du lucre obsessionnel et assumé (André Breton fit observer que l’anagramme de son nom donnait « Avida Dollars ») et narcissisme échevelé.
Le personnage public a-t-il avec le (…)
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Salvador Dali à Domicile
25 août, par Sébastien Bourdon -
Chaos Calme
25 août, par Sébastien BourdonTrois touristes accompagnés d’un guide visitent le site archéologique avec des casques de réalité virtuelle. Lorsqu’ils nous regardent, ils nous voient vêtus de toges ?
Comme partout, tout le monde pratique le jogging, et particulièrement sur le chemin qui longe la mer. Cette humaine agitation physique couvre rapidement de sueur les tatouages maoris ou les félins encrés sur la peau des coureurs. Si on ajoute à cette frénésie bipède le passage de vélos électriques et de trottinettes, on se (…) -
Hôtel de la Plage
22 août, par Sébastien BourdonL’hôtel sur la mer aurait ouvert ses portes en 1907. Au bâtiment d’origine a été adjoint un bloc moderne, légèrement plus haut, afin d’augmenter la capacité d’accueil, sans trop dénaturer l’ensemble. Doté dans sa partie ancienne d’un unique étage, l’établissement est délicatement paré au-dessus des fenêtres de modestes et élégants bandeaux décoratifs.
À l’intérieur, une bibliothèque, un vieux piano, des carrelages joliment usés, des lavabos à colonnes et autres éléments entièrement (…) -
Nourritures Terrestres
20 août, par Sébastien BourdonLe rade du village ne paie pas de mine, il est même loin de la mer. Ceci posé, sa seule situation géographique garantit la pratique de tarifs raisonnables et peut-être de bien manger.
Bingo. Des gens au physique quelconque vous servent une nourriture roborative, sans en faire tout en plat. Pas de clim qui vous glace, mais des ventilos qui toussotent et qui, comme le reste de l’établissement, font le job.
Aujourd’hui, où donc à Paris pourrait se sustenter le commissaire Maigret ? Qui pour (…) -
« La Route » - Cormac McCarthy (2008)
16 août, par Sébastien BourdonSoleil Noir
Un père et son fils errent dans un monde brûlé de longue date. Ne restent que des cendres qui volettent dans le vent et se mélangent à la neige et à la pluie, couvrant tout l’espace d’une absolue grisaille, tempérée nuitamment par la plus profonde obscurité.
De l’univers familier qui fut celui du père - le fils est né après la catastrophe (qui ne nous sera jamais expliquée) - il ne subsiste que des ruines glacées hantées par des figures dénuées ou presque d’humanité, dont il (…) -
Corpus Sana
15 août, par Sébastien BourdonLa croissanterie qui jouxte le supermarché ne donne pas d’informations sur le prix de ses boissons, si ce n’est qu’extraites du réfrigérateur, elles vous seront facturées à un tarif plus élevé. La surtaxe du froid, un surcoût de l’époque.
À la plage, il y a des physiques triomphants, ceux que le manque de tissu ne dessert pas, voire contribue à la plénitude écrasante.
Il y a avec l’été cette idée de l’oubli du corps, ou du moins la conviction qu’avec le temps libre - qui comme le reste (…) -
Dérapage Contrôlé
13 août, par Sébastien BourdonDans le désintérêt salvateur que produit l’été sur l’attention portée au flux d’actualité, il ne nous a toutefois pas échappé qu’un certain Gabriel Attal se serait illustré par une dégueulasserie faite aux gens du voyage, les présentant comme un problème par « nature ».
Il aurait au passage - médiatique - fait un distinguo entre eux et les « français », oubliant que ces gens appartiennent à la communauté nationale.
Haddock et Tintin auraient pour leur part pu lui rappeler qu’ils (…) -
Tears in Heaven
12 août, par Sébastien BourdonSi douce soit l’eau, le sel de la mer pique parfois les yeux, laissant sur les lèvres le goût de l’océan. Un peu comme le vieux mineur borgne de la nouvelle de Pirandello (« Ciaula scopre la Luna ») dont une larme coule parfois dans la bouche au fond de la mine et dont le goût salé diffuse en lui un peu d’apaisement. « Certaines personnes fument, d’autres boivent du vin, lui, il a sa larme » (traduction libre).
Sur la plage passe tous les jours un marchand de cacahuètes caramélisées, plus (…) -
« Des Bleus à l’âme » - Françoise Sagan (1972)
9 août, par Sébastien BourdonScrivere per amore
Avec cet ouvrage, Françoise Sagan se livre à une audacieuse acrobatie littéraire : elle y mélange le roman et l’essai.
L’exercice se révèle d’autant plus admirable qu’elle retombe invariablement gracieusement sur ses pieds, la tentative stylistique ne nuisant ni à l’équilibre du bouquin, ni au plaisir du lecteur.
Elle ouvre ainsi le premier chapitre par sa propre voix et les réflexions qu’elle se fait à l’idée de reprendre, sur un mode romanesque, des personnages (…) -
« Les Belles Images » - Simone de Beauvoir (1966)
8 août, par Sébastien BourdonLe Cœur a ses Raisons
Paris au mitan des années soixante, nous suivons les vicissitudes de Laurence, une jeune femme bourgeoise et libérée, publicitaire, soudainement traversée par les inquiétudes de son sexe et de son temps.
Il est vrai que la situation se complexifie quand s’ouvre le roman. Elle a un mari et un collègue pour amant : ce dernier se plaint qu’elle le délaisse, quand le premier semble tout ignorer des affaires amoureuses de son épouse.
Au même moment, sa mère se fait (…)