In the Mood for Love
Cochinchine, à l’aube des années 30, une jeune française un peu à la marge, orpheline de père et vivant avec sa mère ruinée et ses deux frères (l’aîné violent, drogué et voleur, le second « atteint d’étrangeté »), fait la connaissance d’un chinois avec qui elle entretient une liaison amoureuse initiatique.
Marguerite Duras, pas franchement enthousiasmée par l’adaptation cinématographique esthétisante de son bouquin par Jean-Jacques Annaud, décide de réécrire « (…)
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Littérature
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« L’amant de la Chine du Nord » - Marguerite Duras (1991)
24 juillet, par Sébastien Bourdon -
Au Bain
24 juillet, par Sébastien BourdonIl n’y a guère d’humeur, surtout mauvaise, qui ne résiste à un bain de mer matinal. L’eau devient liquide amniotique dès la première brasse coulée, les choses s’atténuent, se dissolvent dans l’eau et l’air, et rebelote.
C’est un premier jour, on peut encore recommencer de vivre, ne serait-ce qu’un peu.
Le soir tombé est une chose un peu différente, on vient ici achever un parcours, la nuit ne nous appartient probablement pas ou plus, seule la journée ici s’achève.
Et demain, (…) -
« Les Choses de la Vie » - Paul Guimard (1967)
21 juillet, par Sébastien BourdonLes Choses en Face
C’est l’histoire d’un bête accident de la route, une MG qui va finir dans un champ à pleine vitesse. Pierre, avocat renommé, revient d’audience, il conduit vite, écoute Charles Trenet, se perd un peu en digressions et réflexions, ignorant de la probable mort qui vient. En parallèle, un narrateur décrit cliniquement les circonstances et conséquences de l’accident.
L’adaptation par Claude Sautet a probablement fait un peu oublier le livre dont le film est tiré. Tout est (…) -
A la Page
21 juillet, par Sébastien BourdonL’air est ici un peu moins étouffant, la proximité de la mer sans doute. La petite ville relève de la micro Venise en version populaire, elle est tout autant noire de monde, mais sans biennale ou festival international de cinéma.
Ainsi de cette sagra del pesce annuelle qui bat son plein : dans l’artère principale se sont montés ces restaurants provisoires où grillent des produits de la mer. Il y a de la fumée de cuisson, de la musique (pour peu qu’on ait une définition large de la (…) -
« Némésis » de Philip Roth
19 juillet, par Sébastien BourdonThe End
Auteur considéré comme immense et mondialement connu de son vivant, Philip Roth, avant de casser sa pipe en 2018, décida bien en amont que maintenant ça allait bien avec l’écriture et qu’il allait s’arrêter là. Et c’est avec l’ouvrage « Némésis », sorti en 2012, que se concluait cette aventure littéraire : une histoire américaine, une de plus, mais au ton un peu inhabituel.
Été 1944, on est collé aux basques de Bucky Cantor, jeune orphelin juif de 23 ans, athlète émérite, qui (…) -
« Thérèse Raquin » - Emile Zola (1867)
13 juillet, par Sébastien BourdonLes Démons
Au fin fond du sombre et humide passage du Pont-Neuf, se trouve une mercerie où Thérèse s’ennuie, auprès de Camille, son mari falot, et de sa tante, Madame Raquin.
Surgit un jour dans la boutique un dénommé Laurent, ami de son époux, parfait fumiste de son état, mais diablement séduisant, épaules larges et sourire enjôleur.
Thérèse ne tarde pas à lui céder, et les amants de s’abandonner à une passion physique qui débordera même ledit Laurent, pourtant habitué à la luxure. (…) -
« Le Feu que tu portes en Toi » d’Antonio Franchini
13 juin, par Sébastien BourdonMater Dolorosa
En ces temps où l’on abat les figures patriarcales, voilà un bouquin qui prend clairement la tangente. En effet, à longueur de pages, Franchini dézingue sa mère, dragon qui aura hanté son existence, et auprès de laquelle aucune tranquillité n’était envisageable.
Angela est un monstre, il n’y a pas d’ambiguïtés sur la description faite d’elle par l’auteur : éruptive, volcanique, aussi physiquement envahissante qu’étroite d’esprit, napolitaine dans ce que la ville peut (…) -
« Le Jardin des Finzi-Contini » de Vittorio de Sica (1970)
9 avril, par Sébastien BourdonLe Monde d’hier
1938, il est décidé d’interdire aux juifs l’entrée du club de tennis de la ville de Ferrare. Micòl Finzi-Contini (Dominique Sanda), ravissante jeune femme, décide alors d’accueillir certains de ces brusquement devenus parias pratiquer ledit sport à l’abri des hauts murs de la propriété familiale.
Las, s’ils font quasiment partie de l’aristocratie locale, les Finzi-Contini n’en sont pas moins juifs et donc menacés par la violence de l’histoire qui gronde au-delà de leurs (…) -
La Mort leur va si Bien
7 avril, par Sébastien BourdonL’église était évidemment pleine, cette disparition imprévisible et brutale d’une figure aimée - et probablement un peu crainte - ne pouvait qu’attirer les foules, ne serait-ce que pour y être vu (la mort, il faut parfois en être).
Devant le cercueil et l’assemblée silencieuse se poursuivait la litanie des discours ronflants, régénérant ad nauseam cette capacité bourgeoise intacte à tuer la peine, si définitive soit-elle.
Il se sentit donc rapidement complètement détaché d’une (…) -
« La Femme de Trente Ans » d’Honoré de Balzac
18 février, par Sébastien BourdonÊtre Libérée (c’est pas si facile)
Pour qui s’attendrait là à une lecture compassée et un poil ringarde aux entournures pourrait être quelque peu déboussolé par la lecture de cet ouvrage sorti en 1842.
Dans la mesure où il fallut au grand homme douze ans pour l’achever, après en avoir publié des bouts sous différentes formes, ce ne sera pas sur les péripéties qu’il faudra se pencher, n’étant pas ce qu’il y a de plus convaincant.
Beaucoup plus intéressant est le fond de l’œuvre (et il (…)