Dans « La Chambre Verte » de François Truffaut (1978), film glacé sur le deuil éternel, Nathalie Baye incarnait une irrésistible part de lumière dans toute cette ombre.
Son surgissement à l’image laissait croire à l’existence d’un autre monde possible, si fugace soit-il.
Cet ailleurs envisageable n’était chez elle jamais incarné dans le glamour ou le strass, Nathalie Baye parlait d’où nous sommes tous, avec nos joies, nos désespoirs, nos dérèglements plus ou moins sérieux.
Ce naturel (…)
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