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Grand Paris Sludge Festival, le 24 mai 2026, L’Empreinte (Savigny-Le-Temple)

lundi 25 mai 2026, par Sébastien Bourdon

Noblesse Oblige

La saison des festivals du joyeux bruit est souvent marquée par un retour des chaleurs insoutenables, mais cette année elles frappent dès la fin du mois de mai.

L’Empreinte une fois pénétrée, on découvre que les lieux jouxtent un petit lac, une « mare au Diable » en somme, donnant aux lieux des allures bucoliques.

Le quartet des indiens de Midhaven, après une longue introduction solitaire à la guitare au parfum de patchouli (oui, cette facilité métaphorique est lamentable), se lance dans un sludge progressif de belle facture. L’enthousiasme souriant qu’ils y ajoutent ne nuit pas à l’affaire.

Leur capacité à lier des riffs féroces à un travail original sur les atmosphères fait qu’on ressort de cet apéritif littéralement emballés.

Le groupe Conviction prend peu de risques pour appâter le chaland, en s’attaquant directement à une reprise raccourcie du « War Pigs » de Black Sabbath.

Las, il y a bien un moment où il faut se nourrir, et c’est tombé sur eux. Une écoute distraite et culinaire interdit d’exprimer un avis autre que celui-ci : pas désagréable, mais à l’originalité toute relative (pas forcément convaincu par Conviction donc).

Beaucoup plus méchante et autrement plus radicale est la musique des français d’Alta Rossa. Ces garçons ne sont pas franchement là pour rigoler, et développent des arpèges aussi glacés que percutants.

Si on n’encaissait pas une telle chaleur, on s’imaginerait volontiers à bord du Titanic voyant arriver l’iceberg qui nous engloutira incessamment.

Les gars de Verdun, comme leur nom ne le laisse pas imaginer, sont de Montpellier. Ils servent un sludge lourd et hurlé. Derrière les vocalises de possédé, s’abattent les coups plombés comme en pleine bataille de la Marne. On a l’impression de sentir un sol de boue, de fer et de sang s’enfoncer sous nos pieds.

Enfin, fin de la soirée avec Truck Fighters. Ici, la joyeuse rigolade est de mise, on met le holà sur les prouesses techniques ou la noirceur, on est dans le rock du désert, mais dont le sable va jusqu’à la mer pour y surfer.

Le public est littéralement déchaîné, ce qui est fort sympathique, mais n’empêche pas de trouver le trio un peu monotone dans ses développements - ainsi de cette section rythmique légèrement surdimensionnée pour un guitariste sympathique, mais quand même souvent un peu court (et d’ailleurs mixé en arrière).

Cela fit néanmoins une conclusion drôlement joyeuse et on nous reprendra volontiers à aller jusqu’à Savigny-le-Temple rejouer la même partie.

Sébastien Bourdon

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