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« Giselle… » de François Gremaud

jeudi 16 décembre 2021, par Sébastien Bourdon

Paraphrase et Pantonymes

La scène est un grand rectangle blanc (« la scène est sur une scène »), au fond quatre musiciennes sagement installées (flûte traversière, violon, harpe et saxophone).

Surgit une petite rousse athlétique de noir vêtue, en baskets blanches. Et immédiatement, sans que l’on perçoive trop comment, s’instaure le miracle de la présence humaine. Est-ce l’accent hollandais, le sourire, le port gracieux ? Ou plutôt une aisance naturelle qui va transformer ce modeste espace scénique en un gigantesque terrain de jeu pour l’évocation d’une œuvre.

Si la scène est sur une scène, l’œuvre est dans l’œuvre.

De quoi s’agit-il ? D’une leçon, mais la plus enthousiasmante et festive qui soit. Réduire un ballet emblématique à sa plus simple expression pour justement, le re-créer sans le trahir. Le ballet n’est point amputé par le format réduit, bien au contraire, porté par la voix et la gestuelle de Samantha van Wissen, il nous est restitué.

Connaître ou pas le ballet dont il est question est d’ailleurs sans importance, les points de suspension attachés au titre original trahissent les intentions de l’auteur : la place est faite au dépassement et à l’imagination.

Œuvre phare dans l’histoire de la danse (musique Adolphe Adam, texte Théophile Gautier), œuvre emblématique de l’apogée du romantisme, le ballet a été présenté pour la première fois le 28 juin 1841 à l’Opéra de Paris. Samantha, aidée des quatre musiciennes, va par la parole et le geste en rappeler toute l’intensité, la beauté, la grandiloquence, avec une nuance supplémentaire dans la palette : l’humour.

Elle habite tellement son texte qu’on le croirait improvisé sous nos yeux, fruit tout juste tombé de l’arbre de l’érudition et de la fantaisie. Il n’en est rien, tout cela est autant pensé qu’écrit : à l’issue de la pièce, elle nous offre à tous le livre et nous renvoie à la page finale pour que nous la parcourions ensemble avant de se quitter.

Ce n’est pas si souvent, et c’était aussi joli que mérité, toute la salle s’est levée pour longuement applaudir cette merveille d’écriture, de danse et de musique.

Sébastien Bourdon

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