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« The Boys of Dungeon Lane » de Paul Mc Cartney

lundi 15 juin 2026, par Sébastien Bourdon

In my Life

En 1967, pas franchement hier donc, Paul Mc Cartney s’inquiétait de ce que ce qu’on aurait toujours besoin de lui, de ce qu’on le nourrirait encore, lorsqu’il atteindrait 64 ans (« When I’m 64 »).

Il a aujourd’hui 83 ans, et la question reste pertinente puisque persistant à produire encore et toujours de nouveaux disques, on est en droit de se demander s’ils lui sont éventuellement nécessaires, comme à nous.

S’agissant de l’artiste, il n’a évidemment plus grand chose à prouver, et surtout il peut bien faire ce qu’il veut, ce qui peut inclure continuer obstinément à sortir de nouveaux disques. D’autant que la question de le nourrir ne se pose pas franchement, il ne souffre probablement pas particulièrement d’impécuniosité.

S’agissant de nous, auditeurs, on pourrait tout aussi bien considérer que sa carrière avec les quatre garçons dans le vent et l’essentiel de celle solo qui suivit suffisent bien maintenant à occuper avec satisfaction toute envie pressante de l’écouter, sans qu’il y ait besoin d’en rajouter.

Et pourtant, après une première écoute du genre fine bouche de son dix-neuvième album solo (!), dès la deuxième tentative, une fois de plus on s’est fait attraper par le paletot déjà lourd de nos mélancolies passées, pour finalement goûter avec délectation ces petites chansons toutes fraîches pondues par un vieux musicien.

On pourrait mégoter sur plein de trucs, ainsi de la production un peu trop en carton d’Andrew Watt, l’homme qui a décidé, avec plus ou moins de talent, de sauver tous les vieux (ce qui n’empêche pas les titres les plus orchestrés d’être les plus convaincants).

De même, la voix de Macca se fait plus chevrotante, mais l’inexorable passage du temps n’est pas nécessairement chose triste, et même donne une profondeur inattendue à des textes le plus souvent quelconques (immense mélodiste, mais modeste parolier).

Ça sent donc un peu la fin, ce qui est un déchirement, mais c’est aimable de sa part de la faire durer avec autant d’élégance et de plaisir.

On pourrait même imaginer que ça s’éternise encore, avec encore d’autres disques qui apaiseraient l’âme et le cœur blessés.

Il reste toujours un peu de place dans le brouhaha des jours pour un disque de Paul Mc Cartney, ceux d’hier comme celui d’aujourd’hui.

Sébastien Bourdon

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