Accueil > Francais > Cinéma > Strangely attractive

Strangely attractive

« Le sport favori de l’homme » de Howard Hawks (1964)

lundi 24 octobre 2011, par Sébastien Bourdon

Une fois n’est pas coutume, le ciné-club mensuel nous a offert un film mineur d’un réalisateur majeur. Car, ne l’oublions pas, le réalisateur Howard Hawks savait tout faire avec brio, de la comédie (de la « screwball comedy » pour être précis, avec « L’impossible Monsieur Bébé » ou « La Dame du Vendredi »), au western (« La Captive aux Yeux Clairs », « Rio Bravo »), en passant par le film noir (« Le Grand Sommeil »), sans oublier le cinéma fantastique (« La Chose d’un Autre Monde »), le péplum (« La Terre des Pharaons ») et le film de guerre (« Sergent York »).

Ce qui distinguait également son cinéma, c’est la place laissée aux femmes, ses héros masculins sont en effet bien souvent des fantoches guidés de main de maître par la gent féminine. De ce postulat, il faisait ainsi naître des comédies parfaitement hilarantes où l’homme est surtout une créature dépassée par les évènements qui tente fort maladroitement de résister à un sexe qui n’a de « faible » que le nom (le surnom plutôt).

Pour le film qui fait l’objet de ces lignes, qui sera la dernière comédie d’Howard Hawks, son acteur fétiche, Cary Grant, ayant décliné la proposition, le réalisateur s’était rabattu sur Rock Hudson, sorte de copie un peu pâle du précédent.

Il nous est ici narré les mésaventures d’un vendeur de matériel de pêche (chez Abercrombie and Fitch), connu et reconnu comme étant un grand spécialiste de la matière, auteur d’ouvrages célébrés chez les raides dingues du moulinet et du bouchon. Ce garçon vit en fait sur un mensonge gros comme lui, dans la mesure où n’a jamais pêché de sa vie, se contentant de glaner chez ses fidèles clients les informations qu’il réutilise ensuite. Sur l’initiative intempestive d’une jeune attachée de presse d’un lodge, le voilà pourtant enrôlé dans un grand concours de pêche durant lequel il va devoir dissimuler tant bien que mal la réalité de ses compétences.

Le film est souvent enlevé et drôle, avec des gags proches du cartoon assez réussis, mais pâtit un peu de la fadeur de Rock Hudson. Toutefois, le choix de cet acteur donne un écho intéressant à l’œuvre. En effet, ce pêcheur qui va devoir faire face à sa propre imposture, ramène à la vie réelle de l’acteur, à qui l’on donnait la réputation d’un homme à femmes mais qui était en réalité homosexuel. Des le début du film, impossible de savoir si cela relève de la volonté de l’auteur, le héros, conduisant en ville, s’inquiète ainsi de ce qu’une femme ne percute l’arrière de sa voiture.

Ce personnage, terrifié à l’idée que l’on découvre qu’il n’est qu’un « phoney », « a fraud », traverse toutefois ces péripéties dans un emballement physique auquel l’âme ne semble pas complètement participer. Il se laisse écraser par les évènements, comprenant inconsciemment que toute résistance est inutile. On est ce que l’on est, à quoi bon se battre.

Le film trouve surtout son charme et son allant dans les personnages féminins, ravissantes et volubiles (Paula Prentiss), et parfois outrageusement sexys. J’aime bien les films où l’on ne décroche le téléphone qu’en déshabillé vaporeux.

Sébastien

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.