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		<title>Turkish Delight</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


		<dc:subject>francais</dc:subject>
		<dc:subject>Politique</dc:subject>

		<description>Il est divin de marcher dans les rues d'une ville inconnue, on se sent comme soulag&#233; de son soi-m&#234;me habituel. Le sol me semble ainsi devenir un peu plus mien sous chacun de mes pas. Pass&#233; la premi&#232;re &#233;preuve du brouhaha continu et de la fureur peu contenue d'Istanbul, on r&#233;alise que l'on peut participer &#224; ses lieux, presque se les approprier. Fl&#226;ner, quelle d&#233;licieuse activit&#233;. Parler d'Istanbul, on le fera ici de mani&#232;re empirique et subjective, faute de mieux &#224; (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L112xH150/arton341-cf31e.jpg&quot; width='112' height='150' style='height:150px;width:112px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il est divin de marcher dans les rues d'une ville inconnue, on se sent comme soulag&#233; de son soi-m&#234;me habituel. Le sol me semble ainsi devenir un peu plus mien sous chacun de mes pas. Pass&#233; la premi&#232;re &#233;preuve du brouhaha continu et de la fureur peu contenue d'Istanbul, on r&#233;alise que l'on peut participer &#224; ses lieux, presque se les approprier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fl&#226;ner, quelle d&#233;licieuse activit&#233;. Parler d'Istanbul, on le fera ici de mani&#232;re empirique et subjective, faute de mieux &#224; proposer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Impossible d'&#233;chapper aux clich&#233;s, cette ville est le carrefour bruyant d'&#224; peu pr&#232;s tout et depuis fort longtemps. L'image la plus imm&#233;diate est celle d'une soci&#233;t&#233; sismique (image appropri&#233;e n'est-ce pas, la ville craignant les tremblements de terre), soumise &#224; des pressions incroyables, mais qui poursuit son chaotique chemin. G&#233;ographiquement, Istanbul semble le sas de tous les mondes connus. Une telle situation n'est pas sans cons&#233;quence sur la soci&#233;t&#233; qui la peuple, qui ne pourra qu'&#234;tre tiraill&#233;e entre plusieurs cultures, penchants politiques, comme aspirations religieuses. Ata T&#252;rk fut sans doute l'homme de la situation, conscient de devoir donner une ligne directrice &#224; cet ensemble h&#233;t&#233;roclite, conduisant &#224; marche forc&#233;e son pays vers une soci&#233;t&#233; la&#239;que, presque d&#233;mocratique. Aujourd'hui, le combat continue. Il m'a sembl&#233; que si les forces devaient pencher du c&#244;t&#233; obscur, la Turquie y perdrait jusqu'&#224; son identit&#233;. C'est tr&#232;s joli une nation o&#249; l'appel du muezzin n'emp&#234;che pas les filles de porter des mini-jupes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En sortant du c&#339;ur d'Istanbul, ce qui fut sans doute de la terre agricole est maintenant progressivement envahi par de gigantesques complexes commerciaux, &#233;videmment laids. A regarder ces endroits clinquants comme &#224; la parade, on les imagine envahis de foules assoiff&#233;es d'&#233;crans plats quand le vrai luxe est le calme. Ne le r&#233;p&#233;tez pas, m&#234;me s'il est sans doute d&#233;j&#224; trop tard, cette tranquillit&#233;, en Turquie, on la trouve sur l'&#238;le de Bozcaada. C'est beau comme une &#238;le grecque, ce qu'elle fut d'ailleurs jusqu'en 1923 (&#224; l'&#233;poque, elle s'appelait Tenedos).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Partout, une sensation impressionnante de jeunesse et d'&#233;nergie irrigue un pourtant bien vieux pays. Point ou presque de mendiants, mais au sein d'une soci&#233;t&#233; de plus en plus moderne, se glissent encore des charrettes &#224; bras et des cireurs de chaussures. Ici, aide toi, l'Etat ne t'aidera pas. Cela semblait enviable cette force en action sous nos yeux, m&#234;me si elle pouvait &#234;tre &#233;minemment destructrice. Ainsi, ces plages si belles souvent jonch&#233;es de d&#233;tritus, sans que cela n'&#233;meuve apparemment personne. Face &#224; un tel spectacle, cette usante conviction, l'humanit&#233; pourrait mieux faire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sur l'&#238;le, assis au soleil, je regardais autour de moi les gens rattach&#233;s &#224; la pension qui nous h&#233;bergeait s'affairer tous les jours &#224; raccommoder de vieux et jolis objets, ayant ensuite vocation &#224; d&#233;corer les lieux. R&#233;parer des choses est peut-&#234;tre l'activit&#233; la plus noble qui soit. Ils s'y mettaient &#224; plusieurs, paisiblement, avec au soir sans doute la divine sensation du devoir accompli. Il faudrait se r&#233;concilier avec le travail et se d&#233;faire du consum&#233;risme morbide. Il flotterait peut-&#234;tre un peu moins de plastique sur l'oc&#233;an.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>God hates us all</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


		<dc:subject>francais</dc:subject>
		<dc:subject>Musique</dc:subject>

		<description>Je me souviens de la compilation Def American, le label du producteur Rick Rubin, qu'avait d&#233;gott&#233;e un bon camarade. Nous y avions d&#233;couvert de belles choses comme Danzig ou les Black Crowes par exemple (de m&#233;moire). Mais surtout, alors que je plongeais &#224; l'&#233;poque t&#234;te baiss&#233;e dans le heavy metal, on y trouvait une des chansons qui m'y a ensuite compl&#232;tement noy&#233;, &#171; Skeletons of Society &#187; de Slayer, extraite de l'album &quot;Seasons in the Abyss&quot; (1990). Un rythme martial (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton340-15b4b.jpg&quot; width='150' height='100' style='height:100px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Je me souviens de la compilation Def American, le label du producteur Rick Rubin, qu'avait d&#233;gott&#233;e un bon camarade. Nous y avions d&#233;couvert de belles choses comme Danzig ou les Black Crowes par exemple (de m&#233;moire). Mais surtout, alors que je plongeais &#224; l'&#233;poque t&#234;te baiss&#233;e dans le heavy metal, on y trouvait une des chansons qui m'y a ensuite compl&#232;tement noy&#233;, &#171; Skeletons of Society &#187; de Slayer, extraite de l'album &quot;Seasons in the Abyss&quot; (1990). Un rythme martial &#224; la double grosse caisse, une atmosph&#232;re sombre et pesante, le chant comme un cri, des guitares stridentes, j'&#233;tais &#224; la f&#234;te.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En d&#233;couvrant ensuite le reste de leur discographie, j'ai &#233;t&#233; parfois un peu surpris par la rapidit&#233; des titres, par la brutalit&#233; permanente, mais j'ai toujours &#233;t&#233; gagn&#233; par une joie incroyable &#224; l'&#233;coute de leurs disques. Dans un documentaire &#224; eux consacr&#233;, un fan disait que beaucoup s'&#233;tonnaient de ce que ce groupe ne parle que de la mort, alors que lui n'y entendait que de la vie. On touche &#224; cela avec cette musique, loin d'&#234;tre morbide, elle vous remplit d'une conscience aig&#252;e du bonheur d'&#234;tre vivant (pour peu qu'on soit sensible au genre, j'en conviens).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette sensation est &#233;videmment plus forte encore en concert, je me souviendrai toujours du visage sid&#233;r&#233; de mon fr&#232;re et de mon cousin, lorsque tous jeunes qu'ils &#233;taient, je les ai emmen&#233;s voir Slayer &#224; Bercy. Leur m&#226;choire touchait litt&#233;ralement le sol. Je les ai vus plusieurs fois depuis, notamment lors d'un Z&#233;nith r&#233;cent, particuli&#232;rement enthousiasmant, avec cette fois fils a&#238;n&#233; et beau-fr&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des nuages noirs s'accumulaient toutefois sur le groupe ces temps derniers, voil&#224; ainsi de nombreux mois que Jeff Hanneman ne comptait plus parmi ses membres sur sc&#232;ne, se faisant porter p&#226;le du fait de s&#233;rieux probl&#232;mes de sant&#233; (contract&#233;s &#224; la suite d'une piq&#251;re d'araign&#233;e, difficile de faire plus m&#233;tal n'est-ce pas).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et puis ce matin, la nouvelle est tomb&#233;e, Jeff Hanneman est finalement mort d'une insuffisance h&#233;patique dans une clinique californienne, vraisemblablement trop affaibli par la maladie contre laquelle il luttait (&#171; fasciite n&#233;crosante &#187;, vraiment m&#233;tal vous dis-je). J'ai essuy&#233; quelques larmes devant mon petit-d&#233;jeuner. Jeff n'&#233;tait pas beau, on ne peut pas dire qu'il engendrait la sympathie, mais il a &#233;crit certaines des pages les plus vivantes de la musique contemporaine et a, avec son groupe, cr&#233;&#233; une immense famille, aujourd'hui en deuil, esp&#233;rant qu'il ait &#224; tout le moins rejoint le &#171; South of Heaven &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&#8220;Shades of death are all I see&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fragments of what used to be&#8221;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le souper est pr&#234;t</title>
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		<dc:subject>francais</dc:subject>
		<dc:subject>Musique</dc:subject>

		<description>Vendredi 12 avril 2013 au matin, sur France Inter. &#171; Jean-Paul Belmondo, que faut-il vous souhaiter ? &#187;. Le d&#233;nomm&#233;, 80 ans, et quelques accidents vasculaires en chemin : &#171; Que faut-il me souhaiter ? La vie, la vie, la vie &#187;. De tous les membres pass&#233;s ou pr&#233;sents (?) de Genesis, un seul est encore vivant et c'est de lui dont il va ici &#234;tre l'objet. Aucun des musiciens ayant fait partie de ce dinosaure anglais n'est certes r&#233;ellement d&#233;c&#233;d&#233;, mais force est de constater (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L113xH150/arton339-029df.jpg&quot; width='113' height='150' style='height:150px;width:113px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Vendredi 12 avril 2013 au matin, sur France Inter. &#171; Jean-Paul Belmondo, que faut-il vous souhaiter ? &#187;. Le d&#233;nomm&#233;, 80 ans, et quelques accidents vasculaires en chemin : &#171; Que faut-il me souhaiter ? La vie, la vie, la vie &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De tous les membres pass&#233;s ou pr&#233;sents (?) de Genesis, un seul est encore vivant et c'est de lui dont il va ici &#234;tre l'objet. Aucun des musiciens ayant fait partie de ce dinosaure anglais n'est certes r&#233;ellement d&#233;c&#233;d&#233;, mais force est de constater qu'ils ont plus ou moins disparu de la circulation, le groupe n'ayant quant &#224; lui plus aucune actualit&#233; depuis la reformation pour une tourn&#233;e en 2007. Entre vieillissement des corps et panne d'inspiration prolong&#233;e, voil&#224; longtemps que je pense qu'il n'y a plus grand-chose &#224; attendre des &#233;l&#232;ves de Charterhouse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tel un d&#233;fi au temps qui passe et qui lasse (et parfois casse), Steve Hackett produit d'excellents disques et tourne inlassablement pour les promouvoir, sans oublier lors de ses concerts de piocher &#231;a et l&#224; dans le r&#233;pertoire du groupe au sein duquel il officia de 1971 &#224; 1977. Il y aurait s&#251;rement lieu de pondre de longues pages d'une &#233;criture fine et serr&#233;e sur la musique produite par ce groupe dans les ann&#233;es 70. J'ai bien conscience de mon incapacit&#233; &#224; &#234;tre objectif &#224; propos de cette derni&#232;re, aussi vais-je vous &#233;pargner (pour cette fois-ci).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A l'occasion de cette nouvelle tourn&#233;e, nonobstant son activit&#233; discographique intense, Steve Hackett a d&#233;cid&#233; de rendre hommage &#224; la musique qui l'a fait conna&#238;tre et de ne jouer que cette derni&#232;re, &#224; la suite de la sortie d'un album logiquement appel&#233; &#171; Genesis Revisited 2 &#187; (car il en avait d&#233;j&#224; enregistr&#233; un en 2002). L'id&#233;e est surprenante, le guitariste ayant toujours sembl&#233; pr&#233;server sa production post&#233;rieure d'une place trop importante laiss&#233;e &#224; un groupe dont le pass&#233; aurait pu &#234;tre envahissant. Si l'album &#233;voqu&#233; a &#233;t&#233; enregistr&#233; avec une multitude d'invit&#233;s (notamment Steven Wilson et Mikael Arkefeldt d'Opeth), c'est un groupe resserr&#233; qui officie pour la promenade musicale &#224; venir sur sc&#232;ne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'une mani&#232;re sans doute involontaire, mais de circonstance, la tourn&#233;e europ&#233;enne commence donc par Paris o&#249; fut enregistr&#233;e la derni&#232;re participation discographique de Steve Hackett au sein de Genesis, l'album live &#171; Seconds Out &#187;. Une fois dans la salle, &#224; voir la moyenne d'&#226;ge des spectateurs, le dernier disque de Genesis avec Steve Hackett date bien de 1977. Par ailleurs, &#224; mon &#233;pouse qui s'&#233;tonnait de ce qu'il soit si facile d'acc&#233;der aux toilettes des filles et qu'il y ait la queue chez les gar&#231;ons, alors que c'est d'ordinaire le contraire, je lui r&#233;pondais : &#171; normal ch&#233;rie, c'est un concert de rock progressif &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#232;s l'introduction, &#171; Watcher of the Skies &#187;, nous constatons que le groupe joue fort bien et que le son est impeccable. Le chanteur choisi, Nad Sylvan (en sus du batteur Gary O' Toole qui assure les ch&#339;urs, voire l'int&#233;gralit&#233; de certaines chansons comme &#171; Blood on the Rooftops &#187;) m'agace un peu, ce n'est d'ailleurs pas celui que je pr&#233;f&#233;rais sur le disque, loin de l&#224;, mais il poursuit de louables efforts et arrive finalement &#224; faire &#8211; un peu &#8211; oublier ses glorieux pr&#233;d&#233;cesseurs (Peter Gabriel et Phil Collins donc). Les morceaux se suivent et ne se ressemblent pas, l'occasion est ainsi donn&#233;e une fois encore de voir &#224; quel point le r&#233;pertoire de Genesis &#233;tait riche, compos&#233; pourtant par des types d'&#224; peine plus de vingt ans, au talent insolent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le groupe de Steve Hackett, l&#233;g&#232;rement remani&#233; pour l'occasion, si comp&#233;tent soit il, a sembl&#233; en rodage, tr&#232;s concentr&#233; et comme manquant de la bonhomie souriante qui traverse habituellement les concerts de ce gar&#231;on. Le fantasque Nick Beggs, parti suivre les routes de Steven Wilson, manquait &#224; l'appel, et Amanda Lehmann n'est pas de cette tourn&#233;e (du coup pas de &#171; Shadow of the Hierophant &#187;, oh sort cruel). Le magnifique batteur Gary O' Toole n'a quant &#224; lui pas sembl&#233; souffrir des remaniements, mieux encore, il a sublim&#233;, pr&#232;s de trente ans plus tard, le travail du divin Collins, faisant honneur &#224; son instrument et &#224; la musique qu'il servait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais il y a quand m&#234;me un souci pour le fan que je suis : lors de ce concert, Steve Hackett n'a rien jou&#233;, ou &#224; peine quelques notes &#233;parses de sa pourtant remarquable carri&#232;re solo, et ce alors qu'il traverse une p&#233;riode de grande cr&#233;ativit&#233;. Plus encore, lors de ses derniers concerts, d&#233;j&#224; comment&#233;s sur ces lignes s'il y en a qui suivent, au milieu de p&#233;pites issues des albums du divin guitariste, il &#233;tait toujours merveilleux de voir surgir un &#171; Watcher of the Skies &#187; ou un &#171; Firth of Fifth &#187;. Ces morceaux extraits de la p&#233;riode b&#233;nie de Genesis venaient illuminer plus encore notre soir&#233;e, comme un cadeau offert par les musiciens &#224; une foule d&#233;j&#224; extatique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi, le concept de cette tourn&#233;e, si prometteur soit il pour le fan, nous prive de l'inattendu, de la surpise. C'est m&#233;canique, on le sait en entrant dans la salle, on ne nous jouera que du Genesis. Ce n'est jamais d&#233;plaisant, mais on y perd en magie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ceci pos&#233;, entendre in extenso &#171; Supper's Ready &#187; en 2013, jou&#233; par des musiciens exceptionnels accompagnant l'un des cr&#233;ateurs de cette pi&#232;ce majeure de l'histoire de la musique, rel&#232;ve de l'enchantement absolu des oreilles. L'on se d&#233;lecte sans vergogne &#224; r&#233;&#233;couter en vrai ces 23 minutes sublimes, pourtant entendues mille fois (au moins). Nonobstant son exceptionnelle longueur, on n'y trouve toujours pas dans ce morceau un accord de trop, ni la moindre longueur. Tout est beau et surtout, tout est pertinent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons quitt&#233; la salle, souriants dans un Paris enfin r&#233;chauff&#233;. Juch&#233; sur mon v&#233;lo, je sifflote souvent le solo de &#171; Firth of Fifth &#187;, il &#233;tait donc encore bien &#224; sa place au creux de mon &#226;me en p&#233;dalant vers la maison.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Y a t'il un pilote dans l'avion ?</title>
		<link>http://www.soundsmag.org/Y-a-t-il-un-pilote-dans-l-avion</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


		<dc:subject>francais</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>La veuve d'Andr&#233; Bazin, p&#232;re fondateur de la cin&#233;philie fran&#231;aise, disait que l'on reconnaissait le cin&#233;phile lorsqu'entre un bon repas et un bon film, il choisissait le bon repas. J'ai tent&#233; d'avoir les deux, du coup j'ai rat&#233; les trois premi&#232;res minutes du film. Le dernier opus de l'immense r&#233;alisateur espagnol est une distraction, une pause apr&#232;s des films tellement beaux jusqu'&#224; en devenir parfois mani&#233;r&#233;s. Pedro Almodovar se rafra&#238;chit (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton338-10da4.jpg&quot; width='150' height='85' style='height:85px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La veuve d'Andr&#233; Bazin, p&#232;re fondateur de la cin&#233;philie fran&#231;aise, disait que l'on reconnaissait le cin&#233;phile lorsqu'entre un bon repas et un bon film, il choisissait le bon repas. J'ai tent&#233; d'avoir les deux, du coup j'ai rat&#233; les trois premi&#232;res minutes du film.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le dernier opus de l'immense r&#233;alisateur espagnol est une distraction, une pause apr&#232;s des films tellement beaux jusqu'&#224; en devenir parfois mani&#233;r&#233;s. Pedro Almodovar se rafra&#238;chit en d&#233;cidant de r&#233;aliser une pochade sur la situation calamiteuse de son pays, produisant un film grossi&#232;rement m&#233;taphorique, assez dr&#244;le, mais pas compl&#232;tement r&#233;ussi, loin de l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tournoyant dans le ciel au-dessus de Tol&#232;de dans un avion au train d'atterrissage bloqu&#233;, entre bavardages, drogues et sexes, on tente en Classe Affaires de faire abstraction de la p&#233;rilleuse situation qui menace, en l'air, comme au sol. En seconde, on a drogu&#233; tout le monde et c'est donc endormi que le petit peuple subit ces m&#233;saventures, restant ainsi totalement ignorant de ce qui se trame.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ce huis-clos a&#233;rien, domine surtout un trio de stewards imp&#233;rial, une addition de personnalit&#233;s extravagantes de nature &#224; r&#233;jouir m&#234;me les homophobes les plus endurcis. Les &#171; maricon &#187; entra&#238;nent les passagers dans une furia de musiques et de mots, afin de leur faire oublier le risque d'une chute cruelle et douloureuse. Cet abatage humoristique tutoie les sommets (en m&#234;me temps, c'est normal, on est en l'air) lors d'une chor&#233;graphie endiabl&#233;e sur l'air de &#171; I'm so excited &#187; des Pointer Sisters. J'en ai pleur&#233; de rire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S'agissant de la mise en sc&#232;ne, la symbolique est un peu lourde, mais l'ensemble est surtout un peu d&#233;cousu, souffrant au surplus de fr&#233;quentes baisses de rythme. On peine &#224; s'int&#233;resser &#224; tout ce qui se dit et on se lasse quelque peu quand m&#234;me de la grivoiserie permanente, si dr&#244;le soit-elle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#201;videmment, comme toujours avec Almodovar, d&#233;cors et personnages sont admirablement photographi&#233;s et film&#233;s, avec une cam&#233;ra fluide d'autant plus admirable que l'on quitte peu cet espace clos (et une musique formidable, je me suis m&#234;me dit que je devrais &#233;couter Metronomy, et ce apr&#232;s tout le monde, ce qui me convient bien finalement). Et puis, si Pedro Almodovar pr&#233;f&#232;re les gar&#231;ons, ce qui est particuli&#232;rement &#233;vident dans ce film, il n'en photographie pas moins admirablement les femmes, leur restituant leur invariable gr&#226;ce, quelque soit leur &#226;ge ou leur physique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'on quitte la salle encore enchant&#233; par le diabolique trio sus-&#233;voqu&#233; mais en d&#233;plorant toutefois que le film n'ait pas &#233;t&#233; mieux tenu et le sujet plus approfondi. Ou a contrario, que la folie ne se soit pas encore plus empar&#233;e du film, jusqu'au d&#233;lire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>De tous les humains, l'humain le moins humain</title>
		<link>http://www.soundsmag.org/De-tous-les-humains-l-humain-le</link>
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		<dc:date>2013-04-03T15:40:45Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


		<dc:subject>francais</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>Ligne 13 du m&#233;tro, un dimanche midi, un univers &#224; mille lieux du spectacle &#224; venir. &#201;cras&#233;s les uns sur les autres, subissant vocif&#233;rations d'enfants et conversations ineptes sur t&#233;l&#233;phones portables. D&#232;s que je ne suis plus dessus, mon v&#233;lo me manque. &#199;a doit &#234;tre un truc de misanthrope, &#231;a tombe bien, on va voir du Moli&#232;re. Voil&#224; fort longtemps que je n'avais visit&#233; cette noble maison qu'est la Com&#233;die Fran&#231;aise et c'est un peu par hasard que j'y retourne, (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH102/arton337-59ea9.jpg&quot; width='150' height='102' style='height:102px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ligne 13 du m&#233;tro, un dimanche midi, un univers &#224; mille lieux du spectacle &#224; venir. &#201;cras&#233;s les uns sur les autres, subissant vocif&#233;rations d'enfants et conversations ineptes sur t&#233;l&#233;phones portables. D&#232;s que je ne suis plus dessus, mon v&#233;lo me manque. &#199;a doit &#234;tre un truc de misanthrope, &#231;a tombe bien, on va voir du Moli&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voil&#224; fort longtemps que je n'avais visit&#233; cette noble maison qu'est la Com&#233;die Fran&#231;aise et c'est un peu par hasard que j'y retourne, accompagn&#233; de l'a&#238;n&#233; de mes fils. Je me souviens y avoir &#233;t&#233; parfois avec quelques a&#239;eux, ma grand-tante notamment, et voil&#224; que c'est &#224; mon tour de former des jeunes aux Belles Lettres. Evidemment, il ne faudra pas s'attendre &#224; ce que le r&#233;pertoire soit brutalis&#233;, mais on ne doute pas un instant de ce que le spectacle sera de qualit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout d'abord, divine surprise, Harpagon est interpr&#233;t&#233; par l'immense Denis Podalyd&#232;s, fils et p&#232;re se r&#233;jouissent donc, admirateurs de l'acteur qu'ils sont (&lt;a href='http://www.soundsmag.org/The-Devil-Inside' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;http://www.soundsmag.org/The-Devil-...&lt;/a&gt;). La mise en sc&#232;ne est de Catherine Hiegel, par ailleurs soci&#233;taire de la Com&#233;die Fran&#231;aise, et repose sur un concept assez r&#233;jouissant, l'Avare de Moli&#232;re est &#171; le personnage heureux d'une farce horrible &#187;. Harpagon ne se consume que pour son argent, qui lui sert de substitut pour &#224; peu pr&#232;s tout, d&#233;laissant toutes les tendresses, celle de ses enfants notamment, mais de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, il ignore toutes les joies terrestres, de la bonne ch&#232;re &#224; la chair. Sa seule joie, la monnaie sonnante et tr&#233;buchante, et il danse et chante pour la c&#233;l&#233;brer. &#171; Il f&#234;te son argent &#187; dixit Catherine Hiegel. Evidemment, tel un amoureux transi, il a l'affection inqui&#232;te, loin de ses sous, il s'angoisse et m&#234;me, lorsque finalement brutalement priv&#233; de ces derniers, il devient fou &#224; lier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela ferait un peu lieu commun de s'exclamer que cela n'a pas pris une ride, mais en ces temps de course mondiale avide, cet app&#233;tit pour l'argent nous parle encore, et sans doute pour longtemps encore.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Denis Podalyd&#232;s est comme toujours impressionnant, &#224; chaque apparition, il d&#233;vore l'espace, et &#233;vite habilement de sombrer dans une interpr&#233;tation poussi&#233;reuse de cette pi&#232;ce dont la premi&#232;re date tout de m&#234;me du 9 septembre 1668. L'acteur principal est d'ailleurs tellement exceptionnel que ses acolytes peinent un peu &#224; trouver leur place sur sc&#232;ne. Ce n'est pas franchement un cadeau que de jouer un valet ou une servante &#224; c&#244;t&#233; d'un tel animal. Par son jeu, l'acteur nous rappelle d'abord combien la pi&#232;ce est dr&#244;le (je l'ai peut-&#234;tre r&#234;v&#233;, mais il m'a sembl&#233; distinguer quelques clins d'&#339;il &#224; Louis de Fun&#232;s, qui interpr&#233;ta Harpagon au cin&#233;ma). Mais il ne manque &#233;galement pas d'&#234;tre litt&#233;ralement effrayant, s'inspirant de son incarnation de Mister Hyde. A l'&#226;me s&#232;che du personnage principal de la pi&#232;ce de Moli&#232;re, il ajoute la possibilit&#233; d'une folie dangereuse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi, lorsque la c&#233;l&#232;bre cassette dispara&#238;t, il appara&#238;t le visage peint de noir et va jusqu'&#224; quitter l'avant-sc&#232;ne pour marcher sur les spectateurs, brisant la fronti&#232;re qui nous s&#233;parait du spectacle, qui nous prot&#233;geait d'une invasion du r&#233;el par la fiction. Franchissant donc un presque tabou, il nous fait certes encore plus rire, mais en r&#233;alit&#233; on appr&#233;hende que ses pas ne le m&#232;nent jusqu'&#224; nous, effray&#233;s que nous sommes par ce personnage litt&#233;ralement fou, comme poss&#233;d&#233;. Argent, quels crimes pourraient en ton nom &#234;tre commis ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le fond de l'air est frais</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


		<dc:subject>francais</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>Selon G&#233;rard Depardieu, notre trublion en exil, &#171; la France est triste &#187;. Il venait peut-&#234;tre de voir le film dont il va &#234;tre ici l'objet. Le tandem Bacri-Jaoui revient toujours au m&#234;me point : les vicissitudes sentimentales des blancs moyens, enjeux minimes mais universels dans un monde de plus en plus format&#233;. Cette fois, l'originalit&#233; r&#233;side dans l'id&#233;e de visiter ces n&#233;vroses et app&#233;tits sous l'angle du conte (concept souvent visit&#233; par la psychanalyse (...)

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		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Selon G&#233;rard Depardieu, notre trublion en exil, &#171; la France est triste &#187;. Il venait peut-&#234;tre de voir le film dont il va &#234;tre ici l'objet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le tandem Bacri-Jaoui revient toujours au m&#234;me point : les vicissitudes sentimentales des blancs moyens, enjeux minimes mais universels dans un monde de plus en plus format&#233;. Cette fois, l'originalit&#233; r&#233;side dans l'id&#233;e de visiter ces n&#233;vroses et app&#233;tits sous l'angle du conte (concept souvent visit&#233; par la psychanalyse n'est-ce pas). L'id&#233;e n'est d'ailleurs pas mauvaise et le film a ses moments.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tr&#232;s vite, nous comprenons que le monde se divise ici en deux cat&#233;gories : certains personnages - ceux qui ont d&#233;pass&#233; les 40 ans depuis un moment - ont litt&#233;ralement les mains dans le cambouis (Jaoui - Bacri), les autres, plus jeunes et encore beaux, se bercent de jolies illusions. Le distinguo ne se fait toutefois pas que sur l'apparence physique, Agathe Bonitzer est &#233;videmment plus fra&#238;che, mais s'incarne aussi dans le jeu des acteurs, plus &#233;th&#233;r&#233;, presque romehrien. Cette jeune rousse diaphane (raaaa lovely) incarne ainsi diablement bien la candide princesse en qu&#234;te d'un prince charmant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L&#224; o&#249; le b&#226;t blesse, c'est qu'il manque &#224; l'ouvrage un r&#233;alisateur qui saurait donner &#224; l'ensemble le charme, la dr&#244;lerie et le caract&#232;re fantasmagorique propres aux contes de f&#233;es. Les images sont plut&#244;t laides, et les tentatives de flirt avec le fantasme ou l'effroi tournent court.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette modestie formelle peut toutefois s'expliquer par la morale du film, relativement sinistre, qui nous appelle &#224; ne point nous bercer d'illusions, le risque de la chute &#233;tant presque certain. Heureux sont ceux qui ont l'ambition raisonn&#233;e, ils auront moins mal &#224; l'&#226;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourquoi pas, mais de ce fait, &#224; l'instar de sa philosophie, l'&#339;uvre manque n&#233;cessairement d'ampleur. Cela est certes quand m&#234;me mieux qu'un bouquin de Foenkinos ou L&#233;vy (quoique je n'en ai jamais lu), mais le souffle de l'&#233;pique, m&#234;me &#224; l'&#233;tat de brise, j'aime assez. A d&#233;faut, un peu plus de po&#233;sie ou d'&#233;tranget&#233; auraient pu solidifier l'ensemble.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le film est toutefois sauv&#233; par sa belle &#233;criture et la pr&#233;sence de l'in&#233;narrable Jean-Pierre Bacri dont chaque apparition r&#233;jouit. En effet, personne aussi bien que lui ne restitue de mani&#232;re aussi dr&#244;le les effets implacables du temps qui passe et de la monotonie des jours sur le corps et l'&#226;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pourtant, que la montagne est belle</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


		<dc:subject>francais</dc:subject>
		<dc:subject>Politique</dc:subject>

		<description>L'autre jour, j'ai appris un joli mot en anglais, &#171; cantankerous &#187;, qui signifie &#171; acari&#226;tre &#187;. Les hasards de mouvements socioprofessionnels r&#233;cents de mon &#233;pouse m'ont r&#233;cemment livr&#233; &#224; moi-m&#234;me sur les pistes de ski de La Plagne, tout de m&#234;me &#233;paul&#233; par mes deux fils a&#238;n&#233;s. Ces deux derniers &#233;tant d&#251;ment inscrits aux cours de ski, matin et apr&#232;s-midi, c'est dans cette solitude blanche que j'ai eu tout loisir de d&#233;velopper encore un peu plus ma tendance &#224; la (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L113xH150/arton335-d829f.jpg&quot; width='113' height='150' style='height:150px;width:113px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'autre jour, j'ai appris un joli mot en anglais, &#171; cantankerous &#187;, qui signifie &#171; acari&#226;tre &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les hasards de mouvements socioprofessionnels r&#233;cents de mon &#233;pouse m'ont r&#233;cemment livr&#233; &#224; moi-m&#234;me sur les pistes de ski de La Plagne, tout de m&#234;me &#233;paul&#233; par mes deux fils a&#238;n&#233;s. Ces deux derniers &#233;tant d&#251;ment inscrits aux cours de ski, matin et apr&#232;s-midi, c'est dans cette solitude blanche que j'ai eu tout loisir de d&#233;velopper encore un peu plus ma tendance &#224; la misanthropie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je n'ai pas eu &#224; me forcer. A la laideur de l'empreinte humaine en des lieux qui n'ont certainement pas d&#251; manquer d'allure il y a &#224; peine cent ans (la montagne en somme), se sont ajout&#233;s moult &#233;piph&#233;nom&#232;nes de nature &#224; me rendre encore plus grincheux, presque jusqu'&#224; la douleur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La Plagne est une station laide qui s'&#233;tend sur plusieurs sites &#8211; tant qu'&#224; faire &#8211; et qui nous rappelle que ce n'est pas forc&#233;ment une bonne id&#233;e que de laisser la montagne aux montagnards. Les cons&#233;quences de l'app&#226;t du gain ne sont pas que dans vos assiettes, vous les trouverez aussi sur les sommets enneig&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce souci de construire artificiellement un univers qui ne soit surtout pas en ad&#233;quation avec les lieux se retrouve aussi dans cette invasion permanente de &#171; musique &#187; assen&#233;e &#224; nos oreilles d&#233;j&#224; refroidies par l'altitude. Nous est ainsi inflig&#233;, m&#234;me sur les pistes, le pire de toutes les &#233;poques de la &#171; pop &#187;, fran&#231;aise comme internationale (le gnamgnam machin, mais aussi des scies d'Etienne Daho, j'ai du entendre au moins trois fois &#171; week-end &#224; Rome &#187; en une semaine). Musique partout, m&#233;lomanie nulle part.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De la m&#234;me mani&#232;re, j'ai vu les marques de friandises envahir les pistes de ski, entre les concours idiots organis&#233;s par le chocolat Milka et les comp&#233;titions amateurs de l'Ecole du Ski Fran&#231;ais parrain&#233;es par Haribo. Ces derni&#232;res &#233;taient quand m&#234;me factur&#233;es aux participants (5 euros) et il e&#251;t fallu voir la figure outr&#233;e de la guicheti&#232;re de l'ESF quand je lui d&#233;clarais que je ne voyais pas comment pouvait-&#234;tre payante une op&#233;ration de parrainage publicitaire. &#171; Mais enfin Monsieur, quand m&#234;me, il y a des lots !! &#187;. &#171; Oui, Madame, c'est justement une des nombreuses formes que prend la publicit&#233; &#187;. C'est fou comme les gens sont bien install&#233;s dans le moule du capitalisme, pourvu que &#231;a dure.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin, s'il faut reconna&#238;tre que la doudoune multicolore a un peu recul&#233; sur les &#233;tendues enneig&#233;es des Alpes, le souci de l'accessoire idiot a fait que nombre de plus ou moins jeunes skient (ou surfent) avec une cam&#233;ra viss&#233;e sur le casque, sans doute pour pouvoir mirer leurs performances &#224; l'heure du vin chaud, au risque de vomir leur quatre heures fait de friandises industrielles. La contemplation de soi a de beaux jours devant elle, et je n'ose imaginer les soir&#233;es de projection qui s'ensuivent, autrefois qualifi&#233;es de &#171; diapo &#187;, devenues depuis &#171; vid&#233;o &#187;, pour un r&#233;sultat encore moins palpitant, mais infiniment plus naus&#233;eux. Las, nos semblables d&#233;couvriront-ils peut-&#234;tre un jour que, non, nous ne sommes pas tous ni des sportifs, ni des cin&#233;astes accomplis. Mais enfin, du moment que cela se t&#233;l&#233;charge sur You Tube, le consommateur moderne est content.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A la montagne, la vulgarit&#233; y semble pourtant moins pr&#233;gnante qu'ailleurs. Faites donc une randonn&#233;e en Corse au mois d'ao&#251;t pour achever de vous en convaincre. Las, l'hiver venu, il faut croire que le froid ne fait plus peur &#224; personne. Cela m'attriste quand le monde est moins joli, m&#234;me si peut-&#234;tre, &#224; mon corps d&#233;fendant, je participe &#224; ce mouvement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Malgr&#233; tout, c'est quand m&#234;me un bien joli mouvement que de glisser sur la neige. D'ailleurs &#231;a me manque d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S&#233;bastien&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Alexanderplatz</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


		<dc:subject>francais</dc:subject>
		<dc:subject>Musique</dc:subject>

		<description>J'aime les ruines, donc j'aime Berlin. Dans cette ville extraordinaire, comme nulle part ailleurs (&#224; ce que je sache), on recycle brillamment les d&#233;chirures du pass&#233;. Notre s&#233;jour sur place a ainsi commenc&#233; par une visite priv&#233;e et guid&#233;e de la fondation Sammlung - Boros, o&#249;, dans un immense bunker r&#233;nov&#233; et repens&#233; &#224; cette fin, l'on pr&#233;sente des &#339;uvres on ne peut plus contemporaines. Cet &#233;difice, ultime trace du Germania r&#234;v&#233; par Hitler et Speer (Berlin transform&#233;e (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton334-bd688.jpg&quot; width='150' height='113' style='height:113px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;J'aime les ruines, donc j'aime Berlin. Dans cette ville extraordinaire, comme nulle part ailleurs (&#224; ce que je sache), on recycle brillamment les d&#233;chirures du pass&#233;. Notre s&#233;jour sur place a ainsi commenc&#233; par une visite priv&#233;e et guid&#233;e de la fondation Sammlung - Boros, o&#249;, dans un immense bunker r&#233;nov&#233; et repens&#233; &#224; cette fin, l'on pr&#233;sente des &#339;uvres on ne peut plus contemporaines. Cet &#233;difice, ultime trace du Germania r&#234;v&#233; par Hitler et Speer (Berlin transform&#233;e en capitale du monde), finalement trop compliqu&#233; &#224; d&#233;truire, a de cette mani&#232;re &#233;t&#233; r&#233;cemment transform&#233; en monument historique (ce qu'il &#233;tait d&#233;j&#224;) et culturel (ce qu'il a vocation &#224; rester).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;S'agissant plus particuli&#232;rement de ce lieu, alors qu'il y a lieu d'&#234;tre souvent navr&#233; par le manque absolu de go&#251;t des riches, par cette &#233;ternelle capacit&#233; &#224; s'agglutiner aux m&#234;mes endroits, aux m&#234;mes moments, dans une d&#233;bauche de mauvais go&#251;t consum&#233;riste, l'on pouvait ici presque se r&#233;concilier avec le capitalisme. Utiliser sa fortune pour transformer ces m&#232;tres carr&#233; de b&#233;ton arm&#233; en un lieu d'exposition exigeant et intelligent et s'y construire au sommet un appartement pour y vivre, surplombant Berlin, il me semble difficile de trouver mati&#232;re &#224; critique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s le plaisir des yeux (et des neurones), arrivons aux oreilles, avec le concert donn&#233; par ALT-J le m&#234;me jour au Astra - Kulturhaus. Le trajet en m&#233;tro effectu&#233;, &#224; la sortie, je croise les habituels vendeurs &#224; la sauvette de tickets, un panneau &#171; suche Karte &#187; en main. La salle est semble t'il un ancien atelier de r&#233;paration de mat&#233;riel de chemin de fer. Comme souvent en cette ville, une fois la vocation premi&#232;re des lieux &#233;teinte, il leur est donn&#233; une nouvelle existence. Loin d'&#234;tre en perdition, ces immeubles grouillent de vie, leur apparence n&#233;glig&#233;e n'&#233;tant que de fa&#231;ade, participant m&#234;me &#224; l'esth&#233;tique g&#233;n&#233;rale de la ville. La vie ne quitte pas les friches &#224; Berlin, trouvant m&#234;me dans cet &#233;tat comme une forme joyeuse de renouvellement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En entrant, comme toujours pour n'importe quelle salle de concert, je me sens chez moi. Je suis toutefois frapp&#233; par l'allure presque uniforme de la foule, blanche et terriblement hipster. Le germain &#233;tant disciplin&#233;, je reste &#233;galement fascin&#233; par les files d'attente impeccables derri&#232;re le vestiaire, les m&#234;mes formant &#233;galement de beaux alignements en ligne devant le bar. Bienvenue en Allemagne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En premi&#232;re partie, j'&#233;coute distraitement un trio f&#233;minin dont je n'ai pas not&#233; le nom (guitare, clavier et percussions). Leur musique flirte sagement avec Bj&#246;rk, mais j'avoue ne pas y avoir pr&#234;t&#233; une attention suffisante et peut-&#234;tre m&#234;me n'en ai-je pas eu envie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le berlinois, &#224; l'instar de ses compatriotes, &#233;tant grand, nous nous glissons vers les premiers rangs afin de voir mieux et de plus pr&#232;s. Ma ch&#232;re et tendre, agglutin&#233;e avec moi dans une foule compacte, me fait quand m&#234;me remarquer, je cite, qu'il y a longtemps que nous n'&#233;tions pas all&#233;s &#224; un concert &#171; o&#249; il y a autant de filles qui sentent bons &#187;. J'en conviens, mais je trouve que cela rend moins ais&#233;e la concentration sur la musique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le concert met un bon moment avant de commencer, je suis d'un &#339;il les p&#233;r&#233;grinations des roadies afin de percevoir le petit signal, g&#233;n&#233;ralement lumineux, qui marquera le d&#233;but du spectacle. Je note au passage qu'il est d&#233;pos&#233; &#224; c&#244;t&#233; de chacun des instruments une bouteille d'eau min&#233;rale, que l'on prend m&#234;me soin d'ouvrir pr&#233;alablement pour chaque musicien. Ce ne sera clairement pas tr&#232;s punk rock.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;ALT-J est un jeune groupe anglais que j'ai d&#233;couvert r&#233;cemment avec leur album &#171; An Awesome Wave &#187; (2012), sur les recommandations d'un camarade infiniment plus au fait que moi des tendances (quelles qu'elles soient). Voil&#224; fort longtemps que je n'avais achet&#233; d'album de pop rock anglaise et je dois reconna&#238;tre avoir &#233;t&#233; particuli&#232;rement s&#233;duit par les m&#233;lodies &#233;th&#233;r&#233;es de ces jeunes gar&#231;ons, port&#233;es par des arrangements assez originaux et d&#233;licats (et une utilisation int&#233;ressante de la batterie, minimaliste mais percussive). Cette d&#233;couverte musicale se poursuit d'ailleurs gr&#226;ce &#224; l'amiti&#233; d'un autre, grand ordonnateur g&#233;n&#233;reux de ce week-end berlinois et de ce concert en particulier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lorsqu'enfin d&#233;bute le show, arrivent sur sc&#232;ne quatre gar&#231;ons &#224; peine sortis de la pubert&#233;, coiff&#233;s avec application, ou portant casquette et tee-shirt ADIDAS. Je m'inqui&#232;te un peu, tant il est vrai que mon c&#244;t&#233; obscur penche plus vers le cuir et le tee-shirt noir. Mais, il y a surtout un probl&#232;me majeur qui saute &#224; nos oreilles, le son est &#233;pouvantable, ph&#233;nom&#232;ne particuli&#232;rement criant au regard de la d&#233;licatesse de leur musique. En effet, les basses &#233;crasent tout, ce qui surprend au regard de l'absence de&#8230; bassiste. Quand, occasionnellement, une basse est sortie, le mix meurt, cruellement et irr&#233;m&#233;diablement atteint.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant, les chansons surnagent, r&#233;ellement magnifiques, accomplissant l'exploit d'arriver &#224; le rester nonobstant la bouillie sonore. Apr&#232;s une demi-heure de ce traitement, peu impressionn&#233;s par le charisme de gast&#233;ropode des membres du groupe, nous reculons pour retrouver quelques camarades et constatons avec plaisir que le son est meilleur &#224; l'arri&#232;re. Nous n'aurons malheureusement pas l'occasion d'en profiter longtemps car voil&#224; qu'apr&#232;s &#224; peine quarante-cinq minutes de musique, rappel compris, le concert est d&#233;j&#224; termin&#233;. C'est un record personnel de dur&#233;e de spectacle, mais ce n'est pas tr&#232;s s&#233;rieux, il est quand m&#234;me des sc&#232;nes o&#249; l'on respecte un peu plus le spectateur. Cela ne retire rien aux qualit&#233;s indiscutables de ce groupe et &#224; leur musique, mais avec un peu plus de sueur et de muscle, c'e&#251;t &#233;t&#233; bien aussi (voire mieux).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le lendemain matin, poursuivant nos p&#233;r&#233;grinations dans Berlin, nous visitons le Neues Museum. L&#224; encore, ce b&#226;timent magnifie cette id&#233;e de soigner les plaies de la guerre, sans les effacer tout &#224; fait. A l'instar du bunker visit&#233; la veille, mais pour une toute autre expression artistique, en l'occurrence les antiquit&#233;s &#233;gyptiennes accumul&#233;s par les arch&#233;ologues allemands aux XIX&#232;me et XX&#232;me si&#232;cles. Le mus&#233;e fut construit &#224; cette fin au milieu du XIX&#232;me si&#232;cle (architecture n&#233;oclassique), mais fut fort ab&#238;m&#233; par les bombardements de la Seconde Guerre Mondiale, puis abandonn&#233; en l'&#233;tat (triste, mais tr&#232;s romantique &#233;tat) pendant soixante-dix ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; restaur&#233; selon un principe habile de conservation du b&#226;timent, les parties anciennes ab&#238;m&#233;es (colonnes, peintures murales, moulures etc.) &#233;tant totalement int&#233;gr&#233;es &#224; l'architecture contemporaine de la r&#233;novation (briques, verre&#8230;). L'immeuble y retrouve toute sa superbe pass&#233;e, notamment ses volumes, mais en conservant les stigmates de son effondrement. En son sein, y sont pr&#233;sent&#233;es des collections d'une richesse inou&#239;e, si tant est qu'on ne sait plus o&#249; jeter ses regards devant tant de merveilles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En sortant, m'est apparue une &#233;vidence, il est urgent de bombarder le Louvre pour le reconstruire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>I'm the motherfucker that found this place, Sir</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


		<dc:subject>francais</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>L'autre jour, une amie de longue date et fid&#232;le lectrice (du moins, tant qu'on parle de cin&#233;ma), m'&#233;voquait son peu d'int&#233;r&#234;t, voire son relatif d&#233;go&#251;t &#224; l'id&#233;e de voir le film dont il va ici &#234;tre l'objet. La qu&#234;te de Ben Laden, le terrorisme, la torture, constituent il est vrai des sujets peu rago&#251;tants. Mais qu'importe le sujet finalement, seul compte le regard. Or, &#224; n'en pas douter, la cin&#233;aste concern&#233;e ayant un talent hors du commun (&#171; (...)

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		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'autre jour, une amie de longue date et fid&#232;le lectrice (du moins, tant qu'on parle de cin&#233;ma), m'&#233;voquait son peu d'int&#233;r&#234;t, voire son relatif d&#233;go&#251;t &#224; l'id&#233;e de voir le film dont il va ici &#234;tre l'objet. La qu&#234;te de Ben Laden, le terrorisme, la torture, constituent il est vrai des sujets peu rago&#251;tants. Mais qu'importe le sujet finalement, seul compte le regard. Or, &#224; n'en pas douter, la cin&#233;aste concern&#233;e ayant un talent hors du commun (&#171; D&#233;mineurs &#187; !!!), le film va n&#233;cessairement un peu au-del&#224; de son sujet, en sublime le th&#232;me et nous parle du monde dans lequel on vit, ce qui est toujours int&#233;ressant. Au surplus, il est &#233;ventuellement dommage de se priver de ce regard f&#233;minin atypique sur un monde violent et essentiellement masculin. Quitte &#224; &#234;tre d&#233;rang&#233; sans doute, mais pour se distraire, comme le disait Sean Penn, &#171; il y a les putes et le bowling &#187;. Ou le football.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand Ben Laden a finalement &#233;t&#233; abattu par un commando am&#233;ricain, le Pr&#233;sident Obama a d&#233;clar&#233; &#171; justice est faite &#187;. L'autre jour, notre Pr&#233;sident Hollande, &#233;voquant les raisons de l'intervention fran&#231;aise au Mali, a pr&#233;cis&#233; : &#171; que faire des terroristes au Mali ? Les d&#233;truire &#187;. C'est exactement cet univers l&#224; que s'attache &#224; d&#233;crire Kathryn Bigelow.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le film, apr&#232;s une ouverture dans le noir o&#249; nous entendons les hurlements de panique des victimes du 11 septembre, se poursuit par une longue s&#233;ance de torture sur un prisonnier islamiste, men&#233;e par les services secrets am&#233;ricains. Notre regard s'incarne dans celui de l'h&#233;ro&#239;ne qui, contrainte &#224; ce spectacle, reste impuissante, puis mue ensuite par sa volont&#233; f&#233;roce d'accomplir son travail, en finira presque complice, &#224; tout le moins d&#233;tach&#233;e de l'inhumanit&#233; des actions de ses pairs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'acteur Jason Clarke, interpr&#232;te de l'ex&#233;cutant des basses &#339;uvres, est exceptionnel. Un occidental, tout ce qu'il ya de plus sympathique au premier abord, presque d&#233;bonnaire avec sa barbe de hipster. On le croiserait sans doute sur son VTT le dimanche, ou &#224; l'&#233;picerie bio. Son mantra, tout au long des interrogatoires, &#171; si tu mens, je te fais mal &#187;. Se d&#233;tache de cette terrible atmosph&#232;re une sc&#232;ne fascinante o&#249; le bourreau et la victime se renvoient &#224; la figure leur statut de coursier, de saute ruisseau de la violence mondiale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le monde dans lequel nous plonge pendant plus de deux heures trente la r&#233;alisatrice Bigelow est assez &#233;videmment oppressant, mais c'est le n&#244;tre. La violence y est permanente, explosant in&#233;vitablement mais irr&#233;guli&#232;rement, &#224; l'instar des soubresauts de l'&#233;corce terrestre, comme une vision &#224; peine outr&#233;e de la fragilit&#233; de nos existences. L'essence m&#234;me de notre humanit&#233;, aucune certitude, si ce n'est que cela finit mal.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le proc&#232;s en complaisance qui a parfois &#233;t&#233; fait &#224; Kathryn Bigelow est en revanche injuste. Cette cin&#233;aste laisse au spectateur le soin de se faire une opinion, le consid&#232;re comme un roseau pensant, se refusant &#224; marteler un message, tenant presque &#224; faire de son film un documentaire. De la m&#234;me mani&#232;re, dans ce triste jeu viril, elle se refuse &#224; toute gloriole, &#224; tout patriotisme, se contentant de livrer &#224; nos regards un monde sans d&#233;sirs si ce n'est celui de tuer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plus fascinant encore, l'amour, sous toutes ses formes, semble ici inexistant. Seuls subsistent les liens forts entre agents, soud&#233;s par le travail parfois assez moche &#224; accomplir pour prot&#233;ger la nation am&#233;ricaine, qualifi&#233;e de &#171; homeland &#187;, terme presque abstrait pour ces exil&#233;s volontaires loin de chez eux, g&#233;ographiquement comme sociologiquement. Toutefois, si puissants soient ces liens nou&#233;s dans l'effort, la peur et le sang, la trahison pour conserver son maroquin de fin de carri&#232;re reste envisageable. Sans effets appuy&#233;s, nous est d'ailleurs assez bien montr&#233; comment &#224; la CIA l'on passe finalement ais&#233;ment du tee-shirt de bourreau au costume cravate &#224; Langley, cappuccino dans une main et Blackberry dans l'autre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le casting est &#233;videmment remarquable et la direction d'acteurs au diapason (Jennifer Ehle notamment), comme toujours Kathryn Bigelow ma&#238;trise le fond comme la forme. Mais le film p&#234;che peut-&#234;tre quand m&#234;me un peu par son actrice principale, Jessica Chastain, et ce bien malgr&#233; elle. Elle joue fort bien, mais elle a un d&#233;faut majeur, elle est bien trop jolie et connue mondialement pour cette caract&#233;ristique (en sus de ca cin&#233;matographie d&#233;j&#224; riche, elle a notamment tourn&#233; un spot publicitaire pour Saint-Laurent). On peine ainsi &#224; voir en cette splendide rousse, souvent fort bien coiff&#233;e, l'agent tenace qui a fini par trouver Ben Laden, &#171; l'homme le plus recherch&#233; au monde &#187;. La cin&#233;aste aime &#224; pr&#233;senter des personnages ind&#233;chiffrables, &#224; l'instar de Jeremy Renner, interpr&#232;te principal de son splendide pr&#233;c&#233;dent opus &#171; D&#233;mineurs &#187; (2009), mais n'y parvient cette fois pas totalement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le film reste toutefois impressionnant jusqu'&#224; son apog&#233;e, les trois derniers quart d'heure coupant litt&#233;ralement le souffle (alors qu'on conna&#238;t la fin). Au surplus, le caract&#232;re esth&#233;tique de l'&#339;uvre n'en dessert pas le propos, qui reste sinistre de bout en bout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Est-ce ainsi que les hommes vivent ? &#187;&lt;/i&gt; (Aragon)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>It's just a matter of time</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


		<dc:subject>francais</dc:subject>
		<dc:subject>Musique</dc:subject>

		<description>Peut-on imaginer un disque plus adapt&#233; &#224; la d&#233;prime post-adolescente que &#171; Shame &#187;, le premier album de BRAD. Je me souviens encore de son &#233;trange pochette, en 1993, &#224; la FNAC Montparnasse, qui avait attir&#233; mon regard. Une photographie en noir et blanc de personnages affubl&#233;s de grands masques grossiers, avec au centre un enfant souriant doucement. Le nom du groupe n'y figure pas, seule la mention du titre de l'album, en haut &#224; droite et en violet. Il devait y avoir un sticker &#171; (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L113xH150/arton332-36d4e.jpg&quot; width='113' height='150' style='height:150px;width:113px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Peut-on imaginer un disque plus adapt&#233; &#224; la d&#233;prime post-adolescente que &#171; Shame &#187;, le premier album de BRAD. Je me souviens encore de son &#233;trange pochette, en 1993, &#224; la FNAC Montparnasse, qui avait attir&#233; mon regard. Une photographie en noir et blanc de personnages affubl&#233;s de grands masques grossiers, avec au centre un enfant souriant doucement. Le nom du groupe n'y figure pas, seule la mention du titre de l'album, en haut &#224; droite et en violet. Il devait y avoir un sticker &#171; feat. Stone Gossard from PEARL JAM &#187; pour que je m'en saisisse, car, &#224; l'&#233;poque, on ne jurait que par ce groupe n'est-ce pas.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je l'ai sans doute &#233;cout&#233; des milliers de fois, j'en ai mis des extraits sur de multiples cassettes (&#171; Screen &#187;, &#171; Buttercup &#187;, &#171; Good News &#187;&#8230;), je l'ai offert &#224; ma dulcin&#233;e &#224; peine l'ai-je rencontr&#233;e, j'ai pleur&#233; et ri comme avec peu de disques. Plus m&#233;lancolique, cela me semble difficile, sur un groove impeccable napp&#233; de guitares minimalistes, successivement &#226;pres comme scintillantes, le chanteur tire de son piano et de sa voix tra&#238;nante une tristesse infinie. Le spleen certes, mais en rythme. Il existe une congr&#233;gation de fans de cet album et de ce groupe (et de son faux-jumeau, SATCHEL), un club extr&#234;mement select en somme. J'ai ainsi re&#231;u &#224; l'occasion de la sortie de leur dernier album (&#171; United We Stand &#187; 2012, un indiscutable retour en gr&#226;ce) des e-mails de certains qui voulaient partager cette joie historique que de r&#233;entendre ce groupe, &#224; la musique tant impr&#233;gn&#233;e de nos propres souvenirs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;BRAD, sans doute surtout m&#251; par la volont&#233; de Stone Gossard de s'a&#233;rer un peu de la machine PEARL JAM, produit &#233;videmment peu. Le groupe n'a par ailleurs jamais atteint le sommet de ce premier album, le reste de sa production, &#233;tant moins impr&#233;gn&#233; de la noirceur de leur premier effort, tout en brillant quand m&#234;me encore d'&#233;clats sublimes. Et puis, en ces temps d'hyper visibilit&#233;, ce groupe restait quand m&#234;me assez myst&#233;rieux, peu de clips, peu de concerts, un vrai plaisir solitaire que leur musique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et puis, l'annonce inattendue dans le journal, BRAD sera &#224; Paris, dans le cadre d'une tourn&#233;e europ&#233;enne, la premi&#232;re de leur carri&#232;re (sauf erreur ou omission). Sit&#244;t cette information parvenue &#224; mes oreilles, je n'ai cess&#233; de penser &#224; ce concert &#224; venir de mani&#232;re extatique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En arrivant dans la salle, force est de constater que le groupe ne fait pas le plein, je me rends &#224; l'&#233;vidence, on n'a pas tous les m&#234;mes r&#234;ves. Ceci pos&#233;, le lieu se remplira quand m&#234;me progressivement au cours de la soir&#233;e. Je ne manque pas un passage par le merchandising, rachetant le dernier album, mais en vinyle accompagn&#233; d'un 45 tours avec deux in&#233;dits, et acqu&#233;rant un indispensable tee-shirt de la tourn&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En premi&#232;re partie, un petit groupe de jeunes, NEW KILLER SHOES, pas d&#233;plaisant, mais &#224; la musique entendue mille fois. L'accueil est r&#233;serv&#233;, mais poli. Et puis, enfin, venant couronner une si longue attente, comme symbolis&#233;e par la musique atmosph&#233;rique qui nous est assen&#233;e dans l'obscurit&#233;, BRAD arrive sur sc&#232;ne et entame son concert par &#171; Buttercup &#187;, premier titre du premier album. Un frisson me parcourt l'&#233;chine, le son est limpide, les musiciens exceptionnels, c'est beau comme un premier jour sur le monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je m'attendais &#224; verser des larmes tout au long du concert, il n'en fut rien. Je n'ai simplement pas cess&#233; de ressentir une joie profonde, intense, jusqu'&#224; en &#234;tre embarrassant pour mes voisins, presque effray&#233;s par mon bonheur inconditionnel et peut-&#234;tre bruyant. J'en suis m&#234;me certain, le chanteur Shawn Smith m'a salu&#233; &#224; la fin du premier morceau (sans doute m'avait-il vu &#224; la t&#233;l&#233;vision&#8230;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a quelques titres qui flirtent peut-&#234;tre un peu avec une relative mi&#232;vrerie, mais j'assume une affection presque sans failles pour tout. Et puis, ces gar&#231;ons viennent de la sc&#232;ne grunge, ils savent jouer pr&#232;s de l'os avec beaucoup d'efficacit&#233; (&#171; Lift &#187;, &#171; Secret Girl &#187;, &#171; Last Bastion &#187;, &#171; My Fingers &#187;&#8230;), j'ai m&#234;me un peu souffert de ce que le public soit par trop statique lorsque certains morceaux incitaient &#224; un sautillement bienvenu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si le public &#233;tait heureux, l'on pouvait &#233;galement lire la joie sur le visage des cinq musiciens, qui ont sembl&#233; ne jamais cesser de se sourire, tout au plaisir de faire de la musique ensemble. L'on parle ici d'une musique relativement simple, mais toute en d&#233;licates subtilit&#233;s. Ainsi, l'ajout progressif aux chansons de touches et de couleurs sous forme d'accords pertinents, emm&#232;ne invariablement chaque chanson &#224; l'exultation finale. La basse et la batterie n'oublient jamais de construire un groove chaleureux, mais implacable, sur lequel guitares et piano viennent se poser, alternant les humeurs et les ambiances (&#171; 21st Century &#187;). Stone Gossard, guitariste rythmique de PEARL JAM, confirme ici sa musicalit&#233; et sa subtilit&#233;, tant chaque note semble pes&#233;e et sentie, tout &#224; la fois juste et excitante.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, Shawn Smith (piano, voix), qui n'est pas exactement un Apollon (m&#234;me du belv&#233;d&#232;re), trouve avec l'expression de son art une gr&#226;ce infinie, dans la d&#233;licatesse de son timbre comme dans sa discr&#232;te mais r&#233;elle pr&#233;sence sc&#233;nique. Et cette voix, quelle merveille. Le m&#234;me s'est illustr&#233; au premier rappel par l'interpr&#233;tation de quelques titres en solitaire, derri&#232;re son piano. Il nous a ainsi notamment donn&#233; une d&#233;licate interpr&#233;tation du titre &#171; Crown of Thorns &#187; (1990) de Mother Love Bone, groupe dans lequel Stone Gossard fit quant &#224; lui ses premi&#232;res armes. Feu Andrew Wood, chanteur dudit groupe, figure lumineuse trop t&#244;t disparue d'une sc&#232;ne que l'on ne qualifiait pas encore de &#171; grunge &#187; aurait sans doute appr&#233;ci&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S'il fallait extraire quelques moments de ce spectacle, le titre &#171; Screen &#187;, que j'ai du mettre sur toutes les compilations soigneusement r&#233;alis&#233;es sur cassettes par mes soins dans les ann&#233;es 1990, m'a fait forte impression. Les ann&#233;es ont pass&#233;, mais le sentiment d'une fid&#233;lit&#233; jamais &#233;teinte &#224; ce que j'ai aim&#233; m'a litt&#233;ralement transperc&#233;, comme une bouleversante &#233;vidence. Un petit regard vers le visage extatique de mon complice de cette m&#234;me jeunesse &#224; ce moment l&#224; a confirm&#233; mon sentiment, on &#233;tait jeune, mais on &#233;tait dans le vrai.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s une reprise inattendue du &#171; Jumpin jack flash &#187; des Stones, jou&#233;e avec une fra&#238;cheur et une vivacit&#233; que ses compositeurs n'ont plus depuis 1973, le concert s'est achev&#233; comme il avait commenc&#233;, avec &#171; Buttercup &#187;. Pr&#232;s de deux heures de joie, ce n'est pas rien en ce long hiver. L'album &#171; Shame &#187; a vingt ans, le groupe a vingt ans, il ne me semble pour une fois pas usurp&#233; de dire que, quand on aime, on a toujours vingt ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S&#233;bastien&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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