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Cabale à Kaboul

mercredi 23 avril 2008, par Paul Kirkness

C’est en regardant la télévision pendant les bombardements en Afghanistan, en pleine guerre avec les Talibans, que le belge Dan Alexe a découvert l’existence de Isaac , le dernier Juif de Kaboul. C’est ainsi que le documentariste s’est rapidement mis à apprendre le persan avec l’idée de réaliser un film autour de ce ‘dernier homme’.

Sur place, la surprise est grande. La dernière synagogue de Kaboul est devenue la maison de Isaac évidemment. Mais il n’est pas seul. Depuis les Talibans, Zabulon, « l’autre » dernier Juif de Kaboul, vit littéralement au dessus de sa tête. Les deux hommes vivent l’un sur l’autre mais la situation est très compliquée. C’est ainsi que le tournage prend pour Alexe une tournure inattendue et - soyons franc - inespérée pour un documentariste. Les deux hommes se haïssent. Ils ont beau partager la même cour, chacun raconte sur l’autre les pires saloperies. Pour Zabulon, Isaac se serait converti à l’Islam pendant le régime des Talibans. En disant cela, il tend à dire à Dan Alexe qu’il ne servirait à rien de réaliser un film dans lequel apparaîtrait un ‘faux Juif’. Au rez-de-chaussée, pour Isaac, Zabulon est un alcoolique qui n’a aucun vrai respect pour les coutumes juives.

L’un vend des amulettes kabbalistiques aux locaux, l’autre leur vend de l’alcool sous forme de vin très fermenté - la fermentation se fait dans une pièce pleine de mouches et la dégustation n’a jamais l’air de vraiment ravir le réalisateur. Les deux hommes ont des relations passionnantes avec les musulmans afghans qui les entourent. Isaac perd rapidement patience quand, lorsqu’ils vend ses amulettes aux malades et aux malchanceux, ceux-ci lui demandent de répéter. Zabulon se comporte plus en ‘boss généreux’, employant les petits jeunes du coin pour soigner ses vignes et transporter son matériel.

Le film a ses ‘errements’. On sent parfois que les répétitions pourraient être évités, que la ‘réflexion de fond’ n’est pas clairement définie. Est-ce suffisant de filmer les deux derniers acteurs de la scène juive de Kaboul, où y a-t-il un but plus profond ? On sent que le milieu du film manque parfois de clarté ou de direction, mais cela n’enlève pas au film son côté intéressant grâce à l’originalité du tournage. Il faut préciser que le réalisateur avait tout filmé une première fois. Que son film était presque terminé et que, l’édition faite, Cabale à Kaboul aurait été sur nos écrans bien avant. Mais le pauvre s’est fait voler tout son matériel... On imagine le désespoir.

Mais Dan Alexe est repartit pour Kaboul ce qui - il faut le préciser pour le spectateur - a le mérite de faire en sorte que les personnages s’ouvrent plus facilement devant lui : ce n’est plus un inconnu venu tourné des images rapidement, mais un ami. Il parvient à nous faire aimer ces deux personnages et on sent bien toute l’affection qu’il développe pour eux.

Voilà un film qui est parfois très drôle - je repense à Isaac, un peu confus, prononçant les paroles « Allahou Akbar » - parfois bien triste. Le tournage est d’une grande humanité et fait preuve de beaucoup de courage... Pourtant, rares sont les personnes faisant preuve d’autant de courage que les deux ‘héros’ de Cabale à Kaboul.

Polo

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