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La chronique de Bertrand P.

Attention aux oreilles !!

lundi 9 mai 2011, par Bertrand P.

Notre chroniqueur de musique lourde est allé exposer ses oreilles à des concerts particulièrement bruyants... Pour votre plus grand plaisir !

Le Printemps à peine débuté, Paradise Lost vient nous délivrer au Bataclan l’intégralité de son album culte Draconian Times que j’ai dû écouter une bonne centaine de fois. Cette prestation m’a permis de découvrir encore certains petits trucs géniaux de ce disque.

Le seul point noir de ce concert fut le remplacement de GHOST, initialement prévu en première partie, par un groupe français à chanteuse !

En effet, GHOST est une belle découverte de 2011 qui me rappelle tout simplement Mercyful Fate.

Quoiqu’il en soit, je me suis senti bien seul le mercredi 13 avril au Glaz’art pour assister au concert de Blood Ceremony.

Pénétrant dans la salle pendant le set du premier groupe (Doctor Cyclops), j’ai compté une vingtaine de personnes (oui) si l’on prend en compte les musiciens de Blood Ceremony. La salle s’est légèrement remplie mais tout cela laisse un goût amer pour un concert à 19 euros (T-shirts – magnifiques - à 10 euros) alors que des cachetonneurs n’hésitent à nous vendre la même soupe depuis des années, le tout accompagné du T-shirt immonde à des prix inconvenants dans des salles/stades à la con avec un son pourri ! Passons.

La faible affluence m’a permis de me faire un pote au fumoir (nous étions quatre) qui, lorsque je lui ai décrit le groupe suivant (Witch Sorrow) comme "un genre de Reverend Bizarre sans l’aspect NWOBHM mais avec une touche de Venom" a parfaitement compris de quoi je parlais (ce type d’échanges ne peut avoir lieu que dans ce genre d’endroits).

Après avoir joué des coudes pour accéder devant de la scène (nous devions bien être 47), nous pouvons assister à la première apparition en France de Blood Ceremony qui, non content d’avoir sorti le meilleur album de 2011 (Living with the Ancients), a tout simplement donné le meilleur concert de cette année (mais le Hellfest est devant nous...).

Blood Ceremony joue du doom que j’ai qualifié d’occulte mais qui en réalité relève plutôt du doom psychédélique.

Il y a quelques années, Blood Ceremony s’est vu qualifié de vendu et de capitaliste pire que Ross Perrot sur les forums de doomster en raison de sa signature chez Rise Above Records, label qui - c’est bien connu - n’a rien à envier à Universal. Son premier album, attendu de pied ferme, m’avait un peu déçu mais le dernier est une véritable mine d’or pleine de tubes.

Les riffs sont parfaitement conformes à ce que peut délivrer Black Sabbath et le point fort de ce groupe est sa chanteuse / flutiste /claviériste qui crève l’écran.

En concert, c’est tout un poème, la dame au chant incarnant à fond ses personnage un peu à la manière de King Diamond, chantant extrêmement bien et maîtrisant pas mal la flute traversière (instrument dont je ne suis cependant pas spécialiste). Derrière, le groupe carbure au doom : un guitariste appliqué et un bassiste totalement déchaîné.

Je vous recommande chaudement leur dernier album.

Un excellent concert nonobstant la défection de GHOST.

« I love Paris in the Springtime »

Voulant prendre le soleil, je suis parti en famille une semaine au sud du Portugal. Ce fut une semaine de pluie : I love Paris in the Springtime.

Pour mon retour, j’ai enfin eu l’occasion de voir sur scène The Atomic Bitchwax dans le cadre du festival Up in Smoke, volume 2.

Ce festival qui s’est tenu dans cette superbe salle qu’est le Nouveau Casino, encore bien vide ce dimanche soir, regroupe de formations de stoner.

Je suis arrivé pour le set de NAAM assez bon dans le genre Nebula, même si tout ceci n’est pas extrêmement original.

Puis vint The Atomic Bitchwax dont le dernier album n’est qu’une succession de riffs pendant 46 minutes (c’est excellent je vous assure) : attitude décontractée pour un concert hyper-ultra rock n’ roll qui m’a presque fait parfois penser à Junkyard en beaucoup plus technique.

Tous les titres sont joués par ce trio le pied au plancher avec une virtuosité bluffante. The Atomic Bitchwax alterne titres instrumentaux et chantés par le chanteur et le bassiste (souvent en même temps pour un effet surprenant).

Les deux clous de ce spectacle furent le premier rappel constitué d’une bonne part de leur dernier album joué au millimètre, mais conservant pourtant un côté crade exceptionnel, puis une reprise de « Pigs on the Wind » (Pink Floyd – Animals) fabuleuse.

Le lendemain, me voici de retour au Nouveau Casino (presque trop plein pour le coup !) pour assister au passage en tête d’affiche de Enslaved groupe de black metal qui a considérablement évolué vers une musique parfois très influencée par Pink Floyd.

En première partie, Negura Bunget, une bande de joyeux drilles norvégiens utilisant des instruments folkloriques dans leur metal : ça commence avec une sorte de trompe comme on en voit dans "Astérix chez les helvètes" (voire "Tintin au Tibet"), se poursuit avec un gars qui tape sur des bouts de bois accrochés à deux têtes de Drakkar, le tout sur fond de clochettes (meuuuh !!), le comble étant que l’ensemble sonne bizarrement comme manquant d’originalité !

Arrive Enslaved qui a enchaîné des titres de son dernier excellent album (Axioma Ethioca Odini) avec des choses récentes et quelques vieux titres (pas assez au gout des grincheux qui pensent que lorsqu’ils viennent voir un concert d’un groupe qui, depuis 1990 s’est métamorphosé au fil des albums, se contentera de ne jouer que des titres de leur premier album avec un groove et une hargne communicatifs.

Encore un excellent concert d’Enslaved qui ferait bien de repasser au Hellfest autrement que comme spectateurs.

Bertrand P.

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