Accueil > Francais > Cinéma > « Wildlife - Une Saison Ardente » de Paul Dano

« Wildlife - Une Saison Ardente » de Paul Dano

lundi 7 janvier 2019, par Sébastien Bourdon

Family Snapshot

Après avoir vu un film aussi remarquablement dirigé, on se dit que cela peut être une bonne idée pour un acteur de passer derrière la caméra. Paul Dano, dont on a pu découvrir la dégaine étrange aussi bien chez Paul Thomas Anderson que chez Paolo Sorrentino, s’est donc mis à l’écriture et à la réalisation. Aidé de sa compagne Zooey Kazan (petite-fille d’Elia, bon sang ne saurait mentir), il s’attaque à un sujet classique, le délitement progressif d’un couple.

Pour évoquer ces tourments domestiques sans donner une impression de redite trop marquée, Dano se décale tout d’abord dans le temps, à l’aube des années 60, dans un village isolé du Montana.

Ensuite, il adopte essentiellement le point de vue du fils, Joe (Ed Oxenbould), jeune adolescent discret à l’intelligence délicate et sensible. L’acteur, prodigieux comme le reste de la distribution, se fait ainsi progressivement bousculer par ses géniteurs. Pris entre la fuite du père et la désorientation de la mère, le fils devient progressivement la seule personne responsable de la famille, dans un environnement inquiétant et hostile.

A l’instar de la ville autour de laquelle menace sans cesse les feux de forêt, le foyer familial est cerné de flammes qui l’amèneront nécessairement à son extinction.

Cette sourde menace, faussement lointaine, nous montre une American Way of Life flirtant sans cesse avec sa possible destruction, comme installée aux frontières du Mordor.

Le film se déploie avec délicatesse et lenteur, mais avec fermeté, les personnages courant vers ce qui ressemble à une perte, mais qui sera peut-être un salut.

Dano, 35 ans, pour cette première réalisation, fait indéniablement montre d’un style personnel et affirmé.

De leur côté, les acteurs ne cessent d’être justes. Jake Gyllenhaal abrite sous sa carcasse solide mais voûtée, un type dépressif attendant un rebond qui viendrait d’une balle qu’il espère pouvoir saisir. Carey Mulligan, toute anglaise soit-elle, est parfaite en mère américaine typique de l’époque, ici tiraillée et malheureuse.

Le film se conclut par l’image d’un fils décidant de mettre en scène sa famille, marquant l’évolution logique d’un homme en devenir et la naissance d’un cinéaste.

Sébastien Bourdon

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.