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Three Days

Hellfest, les 17, 18 et 19 juin 2016

vendredi 24 juin 2016, par Sébastien Bourdon

Three Days – Hellfest, les 17, 18 et 19 juin 2016

L’autre jour, une amie lectrice (elles existent !) m’adressait un article extrait d’une revue « Aleteia » (j’avoue ne pas être familier de la chose, jusqu’à en ignorer même l’existence). S’y exprimait en ces termes un certain Père Bertrand Monnier : « La musique metal est une musique riche et complexe. (…). Le « satanisme » déployé dans le metal n’est pas antireligieux, mais anti-convenances. Le milieu metal est un milieu athée, mais paradoxalement pourvu d’une grande culture religieuse. Dans le metal, Satan est perçu comme un diable anti-Nabilla, et non l’adversaire de Jésus (…). Le diable devient alors une bannière, un registre iconographique déployé pour exprimer un mal-être, et dénoncer les niaiseries manipulatrices diffusées par la télévision  ».

Du coup, voilà un garçon qui va tous les ans au Hellfest et qui semble appréhender un peu plus finement que d’habitude chez les gens d’église le décorum de cette musique chère à nos cœurs.

Premier jour, 17 juin :

On essaiera dans les présentes de ne pas s’étendre trop abondamment sur les péripéties techniques et bassement matérielles de cette édition 2016, mais les évènements ont semblé parfois se liguer jusqu’à user le festivalier, pourtant d’un naturel enthousiaste. Il est vrai qu’en apprenant a posteriori que le site avait accueilli pour la première fois 60 000 personnes par jour, on a un peu mieux compris pourquoi on avait notamment tant attendu, à peu près partout et tout le temps, avant de pouvoir entendre la moindre note de musique (pour se garer, pour entrer sur le site, pour acquérir une carte « Cashless » etc.).

Le phénomène s’est révélé particulièrement pénible à l’entrée du site où « la palpation à la cathédrale » (tout à fait d’actualité…) pouvait prendre plus d’une heure, nous laissant largement le temps de lire dans le programme tout ce qu’on était en train de rater (du Bal des Enragés à Sixx AM, de King Dude à Orphaned Land, en passant par Torche et autres).

Dans ces files interminables mais chaleureuses, on pouvait en repérer quelques uns ivre morts dès 14 heures, généralement enclins à vouloir deviser chaleureusement (je recroiserais d’ailleurs l’un d’entre eux bien plus tard, à une heure du matin, toujours ivre mais toujours debout, un véritable champion de la gestion de l’imprégnation alcoolique).

L’attente pour acquérir une carte « Cashless » (outil moderne, gai et pratique, permettant de se réhydrater sur le site sans avoir recours à du liquide sonnant et trébuchant) commence sous le son un peu lointain du groupe Halestorm. Elle est mignonne Lzzy Hale, elle s’époumone, mais tout ça ne casse pas trois pattes à un canard (mouillé, la journée est encore placée sous le signe d’une humidité menaçante).

S’enchaîne ensuite sur l’autre Mainstage la prestation des français de Mass Hysteria. Si l’on écarte un certain goût pour le propos démagogique (« La Bretagne, c’est mon pays, la France c’est ma région », « on n’est pas dans un salon de thé », « on est des furieux ») et une relative pauvreté musicale, le moins que l’on puisse dire est que c’est énergétique. Et puis, en ces temps de dépression chronique du quotidien, cela se révèle assez émouvant de voir des gens s’amuser comme ça.

Il est temps de reprendre possession des lieux, non sans avoir fait au préalable un tour au bar, seul endroit où il n’y a – pas encore et pour cause – de foule agglutinée. On repère notamment la Warzone agrandie et embellie, devenue une sorte de Champ de Mars du Hellfest.

Plaisir des retrouvailles et absolue maîtrise des anciens caractérisent la prestation d’Anthrax sur la Mainstage. En effet, malgré le son un peu fuyant, le groupe au chanteur orange met du cœur à son bel ouvrage. Oubliées les averses et les files d’attente, c’est parti, ça commence, on y est. Même la pluie renonce finalement à se présenter, ils sont trop forts ces américains.

Après s’être sustentés, nous optons pour la radicalité avec le duo black métal Inquisition. Comme indiqué, ils ne sont pas nombreux sur scène, mais pour ce qui est du sentiment d’oppression, ils savent y faire. Difficile d’imaginer musique plus sombre, et pourtant on est parfaitement heureux.

Une jeune femme au jean sombre et maculé de boue danse doucement, martelant de son pied crotté un enfer particulièrement savoureux. On est en plein après-midi pourtant, en quittant la scène, ils nous disent « Goodnight », ces types vivent définitivement dans une obscurité totale.

On enchaîne sans mollir sous la Valley avec les Melvins (aux dépens, oh choix cruel, de Sacred Reich), qui sont précédés par la diffusion dans les enceintes du « star spangled banner » dans sa version torturée par Jimi Hendrix. A l’ouverture du set, ce serait plutôt la basse qui nous torture, tant elle sature (phénomène hélas fréquent et reconductible).

Cette entrée en matière pénible s’achève par une reprise de Kiss (youpi) « Deuce », suivie de l’interprétation d’un de leurs standards des années 90, « Queen » (1994). Comme d’habitude, même en retenant un format chanson, le groupe redevenu trio (Big Business n’est pas de la partie cette fois), enchaîne concassage et rebondissements. Dehors, il pleut à torrents, on n’entend pas les gouttes, pas plus qu’on ne les sent, dans notre abri de plastique, de fer et de son.

On notera également une très belle reprise du « Halo of Flies » d’Alice Cooper (1973). Concert en demi-teintes toutefois, auquel il aura quand même malgré tout manqué la magie de la nuit et un deuxième batteur, tant on s’était habitué depuis plusieurs années à ce surcroît délirant de percussions.

S’il y avait une raison d’être là dès le premier jour, elle apparaît maintenant avec le concert de Magma. L’on pourrait trouver la présence de ce groupe quelque peu saugrenue en ces lieux, il n’en sera rien tant leur prestation sera indispensable.

Dès l’allumage, nous voilà partis pour un voyage intergalactique. Le concert se révèle totalement électrisant, enthousiasmant, le plus court chemin entre la musique et une forme de folie (il est d’ailleurs toujours fascinant d’être entouré de gens qui, oui, parlent et chantent le kobaïen, cette langue inventée, liturgique et ésotérique, et de lire ainsi sur leurs lèvres les paroles de « Theusz Hamtaahk » ou « Mekanik Destruktiv Kommando »).

Les musiciens virtuoses ne relâchent jamais la tension, tout en rythmes soutenus desquels jaillissent des mélodies étranges et belles. A l’issue du concert, le triomphe est total, et le groupe, qui a fait tente comble, obtient sans doute la plus belle et plus longue acclamation du jour.

L’enchaînement avec Rammstein sur la Mainstage est un peu étrange, ces allemands au son si épais semblent jouer une aimable pop music en regard du jazz furieux de Magma. La sensation est d’autant plus prégnante que le son est faiblard et que nous sommes loin. L’exécution à la note près et sans failles finit par lasser tant grande est l’impression d’assister plus à un show qu’à un concert.

On finit par écouter cela d’encore plus loin en rejoignant le luxueux amphithéâtre de la Warzone.

Faisant mentir ses propres pronostics de résistance à l’effort, on se moque du temps et de l’âge pour se refuser à manquer en ces lieux les norvégiens de Kvelertak.

Pas moins de trois guitaristes sur scène, c’est bien finalement pour qu’on soit certain de ne rater aucune note des riffs killers du groupe (« Evig Vandrar »), empruntant aussi bien aussi au hard rock bon teint qu’au black métal le plus vicelard (le batteur peut ainsi simultanément sonner comme Horgh d’Immortal puis comme Phil Rudd d’ACDC). Ils sont jeunes et fougueux et on n’en a oublié la nuit, pourtant venue depuis un bon moment. On négociera tout cela avec nos abatis demain matin au réveil.

Deuxième jour, 18 juin :

Et toujours la queue interminable à la cathédrale… Pour s’occuper, les festivaliers coincés dans ce goulot jettent en l’air des boulettes de papier journal, pour une fois, on dirait qu’il pleut des bonnes nouvelles.

L’attente infernale nous ayant déjà fait manquer deux concerts (Sixx AM et Torche), on opte pour l’habituel combo boissons crêpes (merci Tiffany) en attendant la cérémonie funèbre avec With The Dead sous la Valley.

Sur ce premier set de la journée (hormis des bribes de trucs punks saisis au vol sur la Warzone), la basse (Leo Smee, ex Cathedral) se révèle tellement omniprésente que l’on en vient à se demander à quoi sert la guitare (un comble). Le phénomène est tellement prégnant que cela vire quasiment au concert de basse continue. Ce n’est pas déplaisant, mais il n’est pas interdit de se sentir un peu nauséeux à la fin tant cela secoue l’organisme.

Maigres, livides et tout de noir vêtus, nos sympathiques britanniques optent pour un écrasement complet de l’auditoire tentant, avec une certaine réussite, de restaurer l’atmosphère des films de la Hammer. Cela donne un concert plaisant, même si un peu monolithique (il y en a qui aiment). Spectacle qui confirme en tout cas à quel point Lee Dorrian (chant, ex Cathedral) enfonce scéniquement ses frères ennemis d’Electric Wizard.

Le Hellfest ce n’est pas que de la musique, c’est aussi des gens que l’on se réjouit de voir ou de rencontrer. On s’accorde donc une pause essentiellement faite d’une conversation à bâtons rompus avec la fine fleur de la presse indépendante française. Cet échange se poursuit même jusqu’à la Warzone pour n’y assister qu’à... l’envoi des cotillons et confettis clôturant le concert des Toys Dolls. A ce stade, nous ignorions à quel point ce micro événement était annonciateur des fêtes à venir et ne pourrait donc être vu que comme un « highlight » du festival.

Retour au royaume de la basse avec Goatsnake. Ce groupe produit une musique que l’on qualifiera de plus enlevée, voire plus dansante que celle produite par ses prédécesseurs sur la même scène. Il y a d’ailleurs même de l’harmonica (et du vin rouge). Comme toujours ou presque, si la journée peine à te convaincre, sous la Valley la satisfaction tu trouveras.

On poursuit cette montée en puissance dans les mêmes lieux avec Hermano, combo mené par ce chouchou de nos services qu’est John Garcia. Ces garçons venus des quatre coins de la lointaine Amérique pour ce seul et trop rare concert ne se restreignent nullement dans l’explosion de joie rock n’ roll. Tape dans tes mains, gueule à en perdre haleine, Hermano est en ville (enfin, à la campagne).

Dans la vie, il faut toujours souffrir un peu, vérité première qui se vérifie lors de l’attente pour Twisted Sister qui se fait au son des abominables Bring Me The Horizon, mauvaise pop pour ados boutonneux attablés au Starbucks. Le caractère strictement tarte de leur musique n’arrive pas à être dissimulé par les grosses guitares. La caméra capture quelques regards de jeunes filles avides, ce dont le jeune chanteur multi tatoué semble se jouer tout en l’attisant avec force poses et attitudes de rebelle en toc. On les a donc détestés, mais promis juré, ce n’est pas parce que notre adolescence lointaine a été douloureuse.

L’arrivée de Twisted Sister sur la Mainstage pour cet ultime concert français dans le cadre de leur tournée d’adieu (judicieusement baptisée « Forty and Fuck It ») nous réconforte tout de suite tant la sincérité festive de ce groupe semble résister à tout (même à la mort des batteurs).

L’énergie est donc toujours là, mais mon Dieu qu’ils sont laids (mention spéciale à Mark « the Animal » Mendoza). A leurs débuts, c’était le concept même du groupe, mais il n’est pas certain qu’ils aient imaginé réussir aussi bien dans cette étrange tâche. On se demande même si leur batteur de remplacement, Mike Portnoy, n’aurait pas été recruté pour son physique.

Dee Snider est le deuxième chanteur orange du week-end, mais il semble que cet étrange bronzage conserve tant il reste le plus fort (et le plus frais) pour galvaniser une foule à soixante ans passés. Il n’y a pas de hasard ce job était fait pour lui.

A l’issue du concert, monte sur scène un invité surprise, Phil Campbell, ci-devant guitariste de feu Motörhead, venu au Hellfest pour notamment inaugurer la statue gigantesque de Lemmy, garçon qu’il a musicalement accompagné pendant près de trente-cinq ans. Après les avoir épaulés sur leur titre « Shoot ’em Down », il les transcende avec une reprise du « Born to Raise Hell » de Motörhead.

S’ensuit un petit documentaire sur le héros disparu du rock n’ roll, avec feux d’artifice maousse à la clé et discours émouvant dudit Phil Campbell. Est ensuite diffusé sur les écrans un extrait du concert de Motörhead l’an passé au Hellfest, dernier concert donné en France par le groupe. On avait fui l’année dernière, tant c’était triste et pathétique, on réitère un comportement similaire en rentrant se coucher.

Troisième jour, 19 juin

Le dimanche de clôture est certainement le plus difficile, physiquement évidemment, mais aussi émotionnellement, car soudain ce soir, les portes vont se refermer.

Toujours une queue d’enfer, mais sous le cagnard cette fois. Mince, j’aurais dû mettre un bermuda.

On a raté à peu près tout ce qu’on aurait voulu voir à cette heure, du coup, retrouvons plutôt des amis qu’on ne voit pas si souvent, cette fois à tendance bordelaise. La pelouse est envahie, mais il reste de la place pour s’y asseoir et deviser de l’état de la musique et du monde.

On reste dans le Sud-Ouest pour rejoindre les landais de Gojira, actuellement affairés sur la Mainstage. Las, le succès du groupe comme du festival oblige à regarder cela d’assez loin, avec un son tourbillonnant comme une dépression sur l’Atlantique. Et puis le Death métal qui veut sauver les baleines, c’est un peu nébuleux comme concept comme le dit fort à propos un de mes amis.

Direction la Warzone pour les Ratos de Porao, vieux punks Brésiliens encore verts (et jaunes). Ça déboite gentiment, même en restant allongés dans l’herbe synthétique. A les écouter, je me suis soudainement souvenu d’une K7 dudit groupe que j’écoutais dans ma Fiat Uno, au siècle dernier.

Une Valley blindée jusque dans ses moindres interstices accueille les allemands de Kadavar. Leur prestation n’est pas déshonorante, mais le genre dans lequel ils évoluent – stoner rock - commence quand même à devenir un peu éculé.

Cela créée une envie de solide qui justifie amplement de rejoindre Slayer sur la Mainstage. On n’est pas déçu, si ce n’est par un son brouillon avec des basses qui écrasent tout (et le jeu du batteur Bostaph est toujours aussi pénible, tant il est peu dynamique au regard de son prédécesseur Lombardo).

On pourra noter que Gary Holt (guitare) porte un teeshirt sur lequel l’on peut lire « Kill the Kardashians », rejoignant exactement le propos du Père Monnier cité en exergue de cette chronique.

Commence ensuite une errance un peu pénible entre échoppes et scènes, à la recherche de ceux qu’on aime et de ce qu’on aimerait bien écouter, dans un festival blindé et où les portables passent plus ou moins bien selon le sens du vent peut-être.

On finit par trouver le réconfort avec le hard-rock sans risques mais solide de Rival Sons. Ils n’ont ni le génie de Led Zeppelin, ni la folie des Black Crowes, ni la trouble mélancolie de Jeff Buckley, mais du coffre et de la sincérité.

Les musiciens sont aussi extatiques que leur public, les filles dansent, on n’en oublierait presque que la fête est bientôt finie. On se quittera tous joyeux sur ce propos un poil démago mais sympathique : « There’s nothing more metal than being real  ».

Megadeth ne semble pas parti pour décevoir (quoique le décalage entre les écrans et le son rendait la chose un peu pénible à regarder), mais on préfère se placer au mieux sous la Valley pour nos retrouvailles de fan de base avec Jane’s Addiction.

Avec ce concert, entrent en jeu la beauté, l’intelligence et l’érotisme. Toujours irréprochables dans l’exécution, le groupe sait ajouter à ses prestations une forme aboutie de romantisme troublant. Alors que Perry Farrell (chant) s’exclame que « Sex is violence », volent au-dessus de nos têtes des danseuses tatouées, soulevées du sol par des crochets fixés dans la peau même de leur dos.

C’est tellement bien que l’on sait déjà que ce sera trop court.

Après un concert aussi intense, et alors que décidément tout se bouscule en cette fin de journée, nous optons pour Enslaved, dont la complexité sauvage et mélodique nous emmènera bien loin de Venice Beach, cette fois vers les fjords glacé battu par les vents.

Mais, irrésistiblement attirés par le Malin, nous écourtons cette prestation pourtant prometteuse pour ne pas manquer les dernières notes du concert de Ghost, ce qui nous donne l’occasion d’admirer une interprétation pour le moins grandiose de « Monstrance Clock  » avec feu d’artifices et chœur d’enfants (de l’école de musique locale).

On continue la messe avec les papes de Black Sabbath dans les mêmes lieux. Ozzy est à peu près en forme vocale, on se dit qu’on peut rester. Et ce d’autant qu’au fond du ciel, apparaît la lune rousse.

Las, rien n’y fait, du passé il ne reste qu’un parfum certes persistant, entêtant, mais cruellement éventé. Et surtout le batteur Tommy Clufetos, en lieu et place de Bill Ward, n’a toujours rien compris au swing de cette musique (souvenons-nous que Rick Rubin n’en avait pas voulu dans son studio pour enregistrer ce qui sera l’ultime album du Sabbath noir « 13  », lui préférant le plus subtil Brad Wilk).

Et puis soudain un message illumine l’écran de mon téléphone : « Put***, Puscifer joue les prolongations métal de Jane’s Addiction avec une voix fantastique, des mélodies qui filent des frissons, des danseurs-catcheurs façon lucha libre et Paul Barker de Ministry à la basse ».

Il va de soi que l’on file alors vers la Valley ventre à terre écouter le projet parallèle de James Maynard Keenan (ci-devant chanteur de Tool). Et tout dans le message reçu se révèle vrai. On n’en doutait pas, mais quel choc, ce qui joue sur la scène a une classe folle, mélange subtil et extrêmement travaillé d’étrange beauté, d’humour bizarre, de sensualité, avec des voix et une instrumentation sublimes.

Ce concert impressionnant achevé, encore extatiques, mais déjà mélancoliques, on se dit que le spectacle est terminé, qu’on peinera à trouver plus solide que ce que l’on vient de voir et entendre. Quand on aime, il faut partir.

Dans le train du retour, comme toujours le calme règne. Paris est sous une pluie torrentielle, on croise encore quelques sombres héros du metal dans le métro, puis tous enfin se dispersent et disparaissent, comme noyés dans l’anonymat de la cité.

Sébastien

« We saw shadows of the morning light,
The shadows of the evening sun,
Till the shadows and the light were one
 »

Jane’s Addiction « Three Days »

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