Accueil > Francais > Cinéma > « Qui a tué Lady Winsley ? » de Hiner Saleem

« Qui a tué Lady Winsley ? » de Hiner Saleem

lundi 21 janvier 2019, par Sébastien Bourdon

Five o’clock raki

Quelque part sur une île au large d’Istanbul, une américaine, écrivain de son état, est retrouvée assassinée. Un inspecteur stambouliote, Feran (Mehmet Kurtulus), est envoyé sur place pour mener l’enquête, la confiance des autorités dans les pandores locaux étant toute relative. L’affaire est sérieuse, ce meurtre ayant créé quelques remous diplomatiques.

Feran a tout du flic à l’ancienne, hiératique jusqu’à l’imperméable. Sérieux et professionnel, il débarque dans un microcosme insulaire et conservateur particulièrement moustachu.

Tout le monde se connaît et l’hilarant prélèvement d’ADN des habitants de l’île permet de constater que tout le monde est en réalité plus ou moins de la même famille.

L’enquête ne sera donc pas aisée, la défiance des locaux allant grandissante, et notre ténébreux inspecteur ne sera guère aidé par la figure calamiteuse du commissaire local, personnage comme sorti directement d’un western de Sergio Leone.

Le film est souvent présenté comme le pendant turque d’un bon Agatha Christie (en existe-t-il de mauvais d’ailleurs ?) mais force est de constater que l’on nous donne à l’écran beaucoup plus que cela.

Dès l’ouverture du film, un plan splendide, vue plongeante de la proue du bateau vers sa destination, on comprend qu’à l’image, on ne se moquera pas de nous. Des décors aux vues de l’île en passant par une manière de scruter légèrement en dessous les visages, la photographie est aussi belle qu’imaginative.

Adoptant un style narratif proche de la bande dessinée, tendance « ligne claire », le réalisateur ne s’oublie toutefois pas dans les gags visuels et tient fermement sa narration, arrivant même au passage à flirter intelligemment avec la romance (Ezgi Mola) et les questionnements historiques et politiques turques.

Le film nous laisse au sortir de la salle avec cette conviction qu’on ne se sortira de rien sans le rire et l’amour, ce qui vaut bien cette promenade finalement optimiste au large du Bosphore.

Sebastien Bourdon

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.