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Doxologie et autres vierges inépousées

Lundi 3 mai 2010, salle Pleyel - Accentus - Laurence Equilbey - Choeur de chambre Eric Ericson

samedi 8 mai 2010, par Sébastien Bourdon

Après les filles à la guitare - acoustique, électrique - voici le tour de la femme -Laurence Equilbey - qui dirige un chœur. Chœur qui, en l’occurrence, ne manque pas d’âme.

Pour ceux qui ne connaissent pas les lieux, nous étions assis en haut, sur la rangée, qui tel un wagon, avance vers la scène. Si haut perchés dans la structure de cette salle, nous étions comme aux avant-postes d’un vaisseau qui entrerait de plein fouet dans la musique.

Accentus, je connaissais déjà, j’ai même déjà vu et entendu, et possède quelques disques de la discographie de ce chœur extraordinaire. L’ensemble est en effet composé de choristes qui pourraient tout aussi bien être solistes (c’est ma Môman qui dit ça et elle s’y connaît, je vous le garantis). Je recommande notamment leur interprétation du requiem de Brahms. S’agissant d’une des plus belles pièces de la musique (un peu comme le requiem de Fauré, mais aussi comme « Master of Puppets » de Metallica ou « Supper’s Ready » de Genesis et encore la « Foreigner’s suite » de Cat Stevens...), l’objet est grandiose et réjouira vos oreilles.

En ce lundi soir d’un printemps soudainement rafraîchi, c’est Sergueï Rachmaninov qui est à l’honneur et plus particulièrement les « Vêpres op. 37 » et la « liturgie de Saint Jean Chrysostome ». De la musique religieuse orthodoxe dans une Russie qui sera bientôt soviétique (création le 10 mars 1915).

Je ne connaissais nullement les œuvres et n’avait pris des places que parce qu’il s’agissait d’Accentus, n’ayant aucune inquiétude quant à la qualité de ce qui nous serait donné à entendre (et à écouter, ou l’inverse). Je ne fus pas déçu, sinon à quoi bon vous en parler, je vous le demande. Dès les premières notes, la puissance, la délicatesse et la précision du chœur m’ont enveloppé, m’emmenant encore plus dans les hauteurs que je n’y étais physiquement déjà.

En même temps, c’est de la musique religieuse, c’est cohérent, il faut que ce soit un peu élevé et convaincant me direz-vous. Il semble toutefois que le croyant soit moins exigeant de nos jours quant à la qualité de la liturgie. Mes derniers passages dans des églises (en principe, mon séjour en ces lieux n’est pas recommandé, une croix à l’envers venant alors s’imprimer sur mon front, mais bon) m’ont donné à entendre des choses atroces, dignes de l’accompagnement sonore d’une pub pour de la chicorée.

Là, on était dans le domaine du miracle. Ainsi, lorsque le chœur se joignait à l’incroyable voix de basse de Vladimir Miller (« tessiture de basse profonde » dixit le programme), une envie de génuflexions me prenait soudain, empêchée seulement par ma conscience de la tenue irréprochable exigée durant les concerts « classique ». Je ne me suis toutefois pas privé d’applaudir bruyamment, avec force « bravo ! », Laurence et les siens à l’issue du spectacle.

Accentus donnera le requiem de Fauré à Saint-Denis en juin, des amateurs ?

Sébastien

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