Eût un temps, légèrement reculé, où je lisais tous les livres de Joann Sfar, de « Grand Vampire » à « Donjon », en passant par le « Chat du Rabbin » ou « Klezmer ». Sa production était pléthorique, je tentais de ne rien manquer, et ce n’était pas aisé. Mais surtout, je dévorais son journal dessiné (les « Carnets »), trouvant un plaisir particulier à feuilleter cette intimité croquée au fuseau et au crayon. Abordant tout ce qui une fait une vie de tous les jours, Sfar étalait en des dizaines (…)
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Joann Sfar (et moi)
29 avril 2016, par Sébastien Bourdon -
« Alien » de Ridley Scott (1979)
8 avril 2016, par Sébastien BourdonChacun Cherche son Chat
Après la science fiction contemporaine, un peu brutale mais rêveuse de Jeff Nichols (http://www.soundsmag.org/The-Child-is-the-Father-of-The-Man), remontons un peu le temps et les sources de l’angoisse pour s’asseoir confortablement à côté du « huitième passager ». Et puisqu’il faut former la jeunesse dans un monde chaotique, c’est donc accompagné du plus âgé de mes enfants que l’on s’est offert le luxe (à peu de frais) de cette séance sur un vrai grand écran. (…) -
"Midnight Special" de Jeff Nichols
29 mars 2016, par Sébastien BourdonThe Child is the Father of The Man
Jeff Nichols s’interrogeait l’autre jour dans Le Monde en ces termes : « si un père ne contrôle rien, quel est son rôle ? ». Cette question, pour le moins essentielle, il se l’est posée à l’hôpital, au chevet de son fils malade, et de cette dernière, il a fait un film. C’est l’avantage des gens talentueux sur les autres, ils ont un moyen de sublimer l’existence, ses petits tracas, comme ses gouffres béants.
Dans une autre interview, le même, à propos (…) -
« Règlement de Comptes » (« The Big Heat ») de Fritz Lang (1953)
16 mars 2016, par Sébastien BourdonDes Femmes qui Tombent
Le film s’ouvre par un suicide à la suite duquel s’enchaînent immédiatement de multiples évènements, presque tous aussi déconcertants les uns que les autres. La veuve n’est pas écrasée par la douleur, loin s’en faut, le suicidé était un policier véreux, l’ordure mafieuse copine avec l’élite locale, bref, il y a quelque chose de pourri au royaume d’Amérique. Lang expose tout cela à une vitesse record et avec une fluidité extraordinaire, tant et si bien que nous (…) -
La Vie du Rail
6 mars 2016, par Sébastien BourdonQu’est-ce qui pousse un être humain défini comme civilisé à arborer en pleine Gare de Lyon une laine polaire - moche par essence - et des "Moon Boots" - disgracieuses par nature ?
Est-on obligé, à plusieurs centaines de kilomètres de toute station de sports d’hiver connue de s’habiller comme si on y était déjà, au mépris de l’élégance urbaine la plus essentielle, et même du plus évident confort.En effet, ainsi accoutré, il est certain que l’on aura trop chaud dans les wagons, surtout si, (…) -
Usine à Rêves
24 février 2016, par Sébastien Bourdon« Ave César » de Joel et Ethan Coen
Au bout d’un moment, des jeunes ont sorti leurs téléphones portables et se sont livrés à divers jeux de football virtuel, y trouvant sans doute plus d’intérêt qu’à la projection du film. Un tel comportement a fini par agacer des spectateurs placés derrière eux car, même petit, un écran qui fait face à un écran, cela perturbe forcément la vision.
Les frères Coen ont décidé d’évoquer avec ce nouvel opus une époque bénie du cinéma américain, celui qui se (…) -
Paris s’éveille
21 février 2016, par Sébastien BourdonOn ne va pas se mentir, les drames récents n’ont pas pour autant fait de votre serviteur un fanatique des Eagles of Death Metal. On persiste à trouver leur production discographique, trop vaguement hard-rock, linéaire et un peu barbante à la longue.
Hasards des violences de l’histoire, ce combo californien est pourtant devenu l’emblème d’une forme de résistance à la brutalité terroriste. Il est vrai que rejouer, à Paris, trois mois après le massacre du Bataclan, cela ne manque pas (…) -
Phil Collins "Face Value" (1981)
11 février 2016, par Sébastien BourdonMisunderstanding (there must be some)
Phil Collins le dit lui-même dans un titre de cet album, le tonnerre et la foudre ne frappent jamais deux fois (« ‘cos they said thunder and and they said lightning, it would never strike twice »). Et pourtant, dans un état proche de la béatitude, les sens en éveil, on doit confesser un enthousiasme similaire à la toute première fois, après beaucoup d’autres, à l’écoute de la version remasterisée du premier album solo de Phil Collins, « Face Value » (…) -
Steven Wilson – Le Palais des Congrès, le 1er février 2016
3 février 2016, par Sébastien BourdonKeep It Dark
Bienvenue au Palais des Congrès, où tout est blanc, où tout semble si propre. Même refait, cet endroit peine à toujours trouver son identité, à même justifier son existence, immeuble boursouflé planté porte Maillot par on ne sait quel urbaniste dément. Le fait que cela se joue dans cette salle, un lundi soir d’hiver, nous a fait longtemps hésité à prendre une place, chère qui plus est.
Mais voilà, Steven Wilson porte à lui tout seul ou presque le mouvement « prog rock » (…) -
Hallo Spaceboy !
22 janvier 2016, par Sébastien BourdonDavid Bowie à peine redevenu poussière, voilà qu’apparaît dans notre système solaire une neuvième planète jusqu’alors inconnue. Comment ne pas voir un ultime clin d’œil de la star défunte en cette incarnation inattendue de la Blackstar qu’il nous a chanté être devenu, avant de soudainement disparaître. Jusqu’au bout ce divin anglais aura su être élégant et un peu magique.
Dans l’album « The Next Day » (2013), qui a précédé le dernier en date, et sur le morceau du même nom, David Bowie (…)