Tonight the Stars will burn out
Voir les Walking Papers au Gibus, c’est comme revenir dans un vingt et unième siècle bien entamé aux fondamentaux du rock n’ roll. Les premiers chrétiens se retrouvaient dans des grottes, les irréductibles aficionados de la guitare et de la batterie résistent dans des caves où résonnent toujours le son de ces instruments, avant extinction des feux.
Il aurait sans doute été de bon ton ce soir d’être un peu plus nombreux pour faire tenir le truc plus (…)
Articles les plus récents
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Walking Papers, le Gibus, 15 juin 2019
17 juin 2019, par Sébastien Bourdon -
« Sibyl » de Justine Triet
12 juin 2019, par Sébastien BourdonFemmes au Bord de la Crise de Nerfs
Après une comédie de mœurs fine et particulièrement réussie - « Victoria » (2015) - la réalisatrice Justine Triet a semble t’il décidé de ne surtout pas manquer d’ambition avec ce nouvel opus.
S’écartant d’une veine qui lui a plutôt souri la fois précédente, elle réalise là une œuvre pour le moins dense et où la volonté d’aborder des thèmes nombreux et multiples pouvait faire craindre l’accident industriel (et ce d’autant que le film a dû coûter bien (…) -
Alice in Chains, l’Olympia le 28 mai 2019
30 mai 2019, par Sébastien BourdonInto The Flood Again
Première partie intéressante ne serait-ce que par ce qu’elle se distingue par une certaine exigence esthétique, Black Rebel Motorcycle Club interpelle. De surcroît, la mise en son est parfaite, Alice In Chains traite bien ses invités.
Ce blues exigeant et sombre souffre toutefois d’un relatif manque d’entrain, à l’image de sa batteuse un peu endormie (ou alcoolisée à l’image d’un des deux frontmen). Mais bien assis, bien placé, cela fait un excellent antipasti. Le (…) -
« Chanson Douce » de Leïla Slimani, adaptation de Pauline Bayle – Espace 1789 le 14 mai 2019
17 mai 2019, par Sébastien BourdonNursery Cryme
Sur le papier comme sur la scène, la pièce ne pouvait qu’éveiller la curiosité. Succès critique (Goncourt 2016) et public, le livre de Leïla Slimani ici adapté a clairement rencontré son public, mais ne l’ayant point lu, c’est vierge de tout préjugé que je suis entré dans la salle.
Les lieux étaient pleins et réservés de longue date, l’attente était perceptible et on imagine que de nombreux lecteurs du roman attendaient avec gourmandise l’épreuve des planches.
Comment (…) -
« Raoul Taburin » de Pierre Godeau
9 mai 2019, par Sébastien BourdonOù Va la Vie, Vélo Va
Détenteur d’enfants en plus ou moins bas âges, on s’est laissé tenter un jour d’armistice pluvieux par la projection dans son cinéma de quartier de « Raoul Taburin » (adapté de l’ouvrage de Sempé du même nom).
L’adaptation filmée (et étirée) de cette courte oeuvre dessinée s’est révélée comme une heureuse et délicate surprise.
Raoul Taburin (exceptionnel Benoit Poelvoorde) a construit sa vie sur un mensonge. Pour dissimuler son incapacité terrifiée à simplement (…) -
« El Reino » de Rodrigo Sorogoyen
5 mai 2019, par Sébastien BourdonFraus Omnia Corrumpit
Au bord d’une mer qu’on devine méditerranéenne, un homme prend un appel téléphonique. Il est comme figé sur la plage, son portable à la main, dans une tension que seule la musique rend éventuellement palpable. Et puis, il marche à grands pas vers le restaurant, la caméra ne manque aucun de ses mouvements alors qu’il rejoint une tablée de gens qui semblent surtout marqués par l’opulence.
Dès le départ, deux éléments essentiels sont posés, nous ne quitterons jamais (…) -
« Ray & Liz » de Richard Billingham
1er mai 2019, par Sébastien BourdonYours is no Disgrace
Dans le Birmingham des années 80, Ray et Liz vivent d’assistanat, y consacrant l’essentiel du peu d’énergie dont ils disposent. Ces adultes calamiteux livrent de ce fait leurs trois fils à une autonomie forcée, faite d’ennui et d’imagination mélancolique.
Film indéniablement intense et perturbant, il l’est encore plus lorsque l’on découvre les travaux antérieurs de son réalisateur, d’abord photographe de son état. En effet, avant de filmer cette représentation de ce (…) -
« C’est ça l’Amour » de Claire Burger
18 avril 2019, par Sébastien BourdonLa Gloire de Mon Père
On aurait pu avoir des doutes, le titre du film est peu engageant, laissant penser à une énième comédie française familiale potentiellement tarte, mais l’absence de ponctuation finale laisse le champ ouvert à la réflexion. L’inquiétude du spectateur pouvait être d’autant plus grande que la bande-annonce donne une idée assez fausse, trahissant même l’esprit de certaines scènes.
Évidemment, il n’en est rien et on n’a vu portrait de famille aussi réussi de longue (…) -
Shawn Smith
8 avril 2019, par Sébastien BourdonThis Funeral Song’s For You
Au lycée, j’ai cru longtemps avoir manqué un âge d’or, celui des glorieuses sixties et seventies.
Et puis a débuté l’université en même temps que les années 90, et ce qui n’était que lointain et frémissant dans les années 80, a soudainement envahi tout le spectre sonore. Et bruyamment en plus.
A ainsi surgi chez les disquaires ce que l’on a appelé « le grunge », sauvant - paraît-il, rien de moins que le rock n’ roll. Des plus obscurs aux plus mainstream, (…) -
« Santiago, Italia » de Nanni Moretti
24 mars 2019, par Sébastien BourdonIo non sono imparziale
Dans son dernier film Nanni Moretti s’intéresse au réel et à l’histoire, s’agissant d’un documentaire. S’il a pu se livrer dans le passé à un tel exercice (« Aprile » 1998), il se fait cette fois inhabituellement discret face à la caméra. On ne compte ainsi que deux apparitions de l’auteur à l’image. Cette quasi absence physique ne l’efface pas, loin de là, et on retrouve bien, mais derrière la caméra, le ton du cinéaste italien contemporain le plus célèbre.
Cette (…)