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God hates us all

vendredi 3 mai 2013, par Sébastien Bourdon

Je me souviens de la compilation Def American, le label du producteur Rick Rubin, qu’avait dégottée un bon camarade. Nous y avions découvert de belles choses comme Danzig ou les Black Crowes par exemple (de mémoire). Mais surtout, alors que je plongeais à l’époque tête baissée dans le heavy metal, on y trouvait une des chansons qui m’y a ensuite complètement noyé, « Skeletons of Society » de Slayer, extraite de l’album "Seasons in the Abyss" (1990). Un rythme martial à la double grosse caisse, une atmosphère sombre et pesante, le chant comme un cri, des guitares stridentes, j’étais à la fête.

En découvrant ensuite le reste de leur discographie, j’ai été parfois un peu surpris par la rapidité des titres, par la brutalité permanente, mais j’ai toujours été gagné par une joie incroyable à l’écoute de leurs disques. Dans un documentaire à eux consacré, un fan disait que beaucoup s’étonnaient de ce que ce groupe ne parle que de la mort, alors que lui n’y entendait que de la vie. On touche à cela avec cette musique, loin d’être morbide, elle vous remplit d’une conscience aigüe du bonheur d’être vivant (pour peu qu’on soit sensible au genre, j’en conviens).

Cette sensation est évidemment plus forte encore en concert, je me souviendrai toujours du visage sidéré de mon frère et de mon cousin, lorsque tous jeunes qu’ils étaient, je les ai emmenés voir Slayer à Bercy. Leur mâchoire touchait littéralement le sol. Je les ai vus plusieurs fois depuis, notamment lors d’un Zénith récent, particulièrement enthousiasmant, avec cette fois fils aîné et beau-frère.

Des nuages noirs s’accumulaient toutefois sur le groupe ces temps derniers, voilà ainsi de nombreux mois que Jeff Hanneman ne comptait plus parmi ses membres sur scène, se faisant porter pâle du fait de sérieux problèmes de santé (contractés à la suite d’une piqûre d’araignée, difficile de faire plus métal n’est-ce pas).

Et puis ce matin, la nouvelle est tombée, Jeff Hanneman est finalement mort d’une insuffisance hépatique dans une clinique californienne, vraisemblablement trop affaibli par la maladie contre laquelle il luttait (« fasciite nécrosante », vraiment métal vous dis-je). J’ai essuyé quelques larmes devant mon petit-déjeuner. Jeff n’était pas beau, on ne peut pas dire qu’il engendrait la sympathie, mais il a écrit certaines des pages les plus vivantes de la musique contemporaine et a, avec son groupe, créé une immense famille, aujourd’hui en deuil, espérant qu’il ait à tout le moins rejoint le « South of Heaven ».

“Shades of death are all I see

Fragments of what used to be”.

Sébastien

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