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Walking on Eggs

Knee Deep "Casus Circus" Espace 1789, le 27 novembre 2016

dimanche 27 novembre 2016, par Sébastien Bourdon

Knee Deep "Casus Circus" Espace 1789, le 27 novembre 2016

Les lecteurs de cette page le savent forcément, on n’y parle rarement de danse. Mais une personne bien informée me chuchote qu’il s’agirait peut-être plutôt de cirque, art forain sur lequel on s’étend également assez peu ici (d’ailleurs, on ne s’étend pas, le temps manque pour le faire).

Le quatuor d’artistes (une femme, trois hommes) qui nous a enchanté en cet après-midi de novembre vient des antipodes, et plus précisément d’Australie et des îles Samoa. Décrire la nature exacte de leur spectacle est malaisé, on peut simplement affirmer sans crainte qu’il est extrêmement physique, sans que cela ne freine une poésie continue. Au sol, comme dans les airs, la grâce semblait permanente, presque irréelle.

On ne va pas raconter sa vie, ou du moins essaiera t’on de le faire discrètement, mais aller voir un tel spectacle en étant tenaillé par un lumbago persistant est une chose cruelle. Comment peut-on humainement ainsi se défaire avec une telle force et un tel naturel des barrières du corps et de l’attraction terrestre ? Par quel miracle arrive t’on à domestiquer si élégamment cette infernale enveloppe corporelle contre laquelle la vie est un long combat (que l’on perd d’ailleurs, désolé de tuer le suspense) ? Et finalement par quelle pirouette intrépide commence t’on lorsque l’on décide ainsi de faire fi de l’évidente cruauté du sol vers qui tout nous ramène ?

A les voir évoluer au sol ou suspendus dans les airs, séparément ou ensemble, on se prend donc à rêver à une possibilité de se défaire des lois de la physique qui serait à même d’élever l’âme. Le spectacle d’une telle prouesse en est parfois bouleversant, leurs gestes qui nécessitent tant d’efforts semblent toujours effacés derrière la grâce et la fluidité.

Cette aisance sans affèterie aucune permet finalement aux spectateurs de ne jamais craindre la chute mais de se demander toujours jusqu’où ira l’émerveillement.

Le corps et sa potentielle légèreté prend toute sa place sur la scène. Si l’on excepte quelques maigres accessoires, un peu de vidéo et un jeu de lumière épuré, les saynètes héroïques et éthérées sont simplement ponctuées par des choix musicaux de très bon ton, entre musique électronique minimaliste et bruitages rythmiques (et une très jolie reprise lo-fi du "Dream a Little Dream" de Mama Cass par Eddie Vedder).

Etonnamment, ou plus exactement avec des raisons de se réjouir, en ce dimanche après-midi, la salle était pleine comme un oeuf et a fait un triomphe mérité à ces artistes. Cela a semblé émouvoir les acrobates, alors que ce n’était finalement qu’un juste retour des choses.

Sébastien

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